Ethique Info

Accueil > Société > Des voitures, des chevaux ou des piétons ?

Est-ce que Hegel a construit des voitures ?

Des voitures, des chevaux ou des piétons ?

Contradictions et décalages

mercredi 24 décembre 2008, par Picospin

Grâce à l’artifice du rapprochement entre un sens et sons contraire, l’écrivain peut se laisser aller à toutes les combinaisons, certains diront avec audace compromissions. Il y a eu des rugissements mélodieux, des tortures qui rient, des anges de flamme et de glace, des désert de plantes, sinon la houle sinueuse.

Si de telles audaces sont permises aux poètes, comment pourrait-on interdire à des autorités responsables et conscientes d’encourager ou de pousser les citoyens à acquérir de plus en plus de voitures alors que de l’autre côté on leur demande de ne pas polluer une atmosphère déjà saturée en CO² et autres toxiques provenant des pots d’échappement des voitures les plus encombrantes et les plus gourmandes en carburant ? Les contradictions de ce type ne sont pas des erreurs de jugement ou des décisions provenant d’une bande de fous assis à la table du roi pour lui servir de bouffon. Elles sont seulement la conséquence d’une désynchronisation comme celle qui se produit quand les lèvres remuent sans qu’aucune parole ne sorte de la bouche des locuteurs. Si l’on reprend l’exemple de la production industrielle de ce que l’on appelait avant des véhicules ou des automobiles, on s’apercevra que l’industrie de certains pays comme celle de la France reposait sur une fabrication très suivie de nouveaux modèles à un rythme accéléré pour défier la concurrence, résorber le chômage et attirer des devises. C’était à l’époque joyeuse des carburants à gogo que les puits de pétrole offraient à des prix raisonnables aux pays riches de la planète. Cette situation avait engrangé unechaine de fabrication de plus en plus sophistiquée, automatisée à l’instar de celle du Japon ou de la Corée. Lorsque survient un chocpétrolier mot délicieux, cette tranquille chaine de fabrication cesse de tourner ou se ralentit faute de trouver un nombre suffisant de clients pour acquérir les monstres oules nains qui croupissent sur les chaines de montage. Ce qui avant le choc était la norme comme la sortie de monstres lourds et disgracieux pour transporter en surcharge un pauvre toutou égaré devient, par la force des économies impératives pour survivre une ridicule naine alimentée par l’électricité, subitement sortie comme par enchantement des cartons dessinés depuis des dizaines d’années par des ingénieurs astucieux qui les tenaient prêts à être utilisés par des dirigeants plus ou moins borgnes, aveugles, sinon sourds aux prévisions, aux plans ou à l’évolution inéluctable de l’économie ou des réserves en pétrole. Ce qui se passe en ce moment est exemplaire. On donne de l’argent aux géants de l’automobile en détresse pour continuer à construire les mêmes engins que auparavant au lieu de les inciter à adapter de nouveaux modèles à l’air non pollué ! du temps. Ces derniers deviendraient légers comme des plumes, petits comme des boites de sardines et sobres comme des moines tibétains. Dans cette nouvelle perspective capable de réjouir les plus déprimés, le pollueur ne serait pas le payeur... Belle prophétie pour la fin des temps ? Que deviennent les ingénieurs les plus géniaux dans cette aventure ? Un destin pessimiste si l’on en croit Henri Poincaré : « possibilité même de la science mathématique semble une contradiction insoluble » Hegel écrit que toute réalité considérée manifeste l’articulation interne requise pour établir la contradiction de sorte qu’elle permet de distinguer ce que la chose concernée aspire à être avec ce qu’elle est effectivement.