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Désastre en Californie

lundi 29 octobre 2007, par Picospin

Les vents viennent de punir la Calfornie. Qu’a-t-elle fait pour mériter un tel traitement ? Le Maître des vents, dans sa générosité avait bien voulu accueillir Ulysse pour lui confier une outre contenant tous les vents. Trahi par ses compagnons et ne pouvant résister au sommeil qui l’envahit sur une belle plage de sable où s’égayaient des ions de mer, il découvrit à son réveil le sac lacéré de coups.

Retour à Hollywood

Quoi ? un crime un beau matin tout près d’Hollywood ? Ce ne pouvait qu’être une illusion jusqu’au moment où le féerie fit place aux souffles puissants des vents qui s’échappaient en tourbillons de l’outre crevée et soufflaient sur la braise accumulée autour des villas de milliardaires mal isolées des flammes qui pouvaient maintenant tout brûler sur leur passage et faire fuir les habitants de cette région si riche dans toutes les directions. Par bonheur le feu épargna aussi les studios de Hollywood, véritable réservoir des pellicules abandonnées là depuis de longues années et dont plus personne ne s’occupait car elles n’intéressaient plus personne puisque depuis longtemps le support électronique de la Télévision avait remplacé la couche argentique délicatement déposée sur le matière ignifugée de la pellicule.

De la pellicule au support électronique

Les habitants de ces lieux craignaient que le souffle ne poussât l’incendie jusqu’aux portes de San Francisco ou de Los Angeles. Heureusement ce fut vers une région où la population était moins dense que l’incendie se dirigea laissant sur son chemin des maisons isolées, des constructions toutes neuves et des piscines qui pendant un rare instant parvinrent à s’opposer au feu comme le fait une armée en retraite devant un envahisseur 10 fois mieux armé. Les flammes naissaient de partout, non comme d’un buisson ardent semblable à celui que Mo¨se avait contemplé depuis le Sinaï. Devant, ce fut la débandade devant les dégâts constatés les constructions en bois consumées, les ranchs détruits laissant échapper les chevaux encore retenus, hennissant pour avertir leurs congénères terrifiés du malheur qui allait s’abattre sur eux. C’est à ce moment que le souvenir de Katrina, l’ouragan de la terreur, revint à la mémoire de tous. A celle des habitants si proches, à celle du Gouverneur de l’Etat, un certain Schwarzenegger, beau blond à la musculature impressionnante arrivé dans ce pays de rêve ensoleillé depuis un petit pays d’Europe centrale appelé Autriche dont se souvenaient difficilement certains habitants car naguère on avait tourné dans les célèbres studios de la Fox, de Paramount, des United Artists, de la Columbia des séquences de sagas rappelant la monarchie austro-hongroise.

Des Alpes autrichiennes aux studios du passé

Y avaient évolué des stars, des divinités comme Greta Garbo, Romy Schneider, Marlène Dietrich qui s’étaient rassemblées pour conter au monde médusé et ravi les rêves, les drames, les tragédies qui avaient adopté comme décor les palais de la Hofburg, les hauteurs de Schönbrunn. Arnold prenait part à ce souvenir, lui qui musclait ses bras et son torse pour se présenter à l’Amérique qu’il voulait conquérir avec tous se attributs physiques. Il devait démontrer par la suite qu’il n’en avait pas négligé pour autant le cerveau, ni oublié de déplier ses circonvolutions cérébrales où se nichaient de fameux souvenirs. C’est dans cette optique, pour sauver son cher état, qu’il incita le Président Bush à déclarer l’état d’urgence assorti d’une certaine prise de conscience d’un état de catastrophe pour un pays habituellement béni des dieux. Sauf à envisager l’approfondissement d’une faille quelque par dans une fosse ce qui aurait pour effet de précipiter dans l’eau une bonne partie des habitants aux minces corps musclés et tannés qui s’exhibent en surfant dans les vagues du Pacifique.

Des chocs successifs

Choqué par ce qui était arrivé en Louisiane, George Bush s’empressa de chercher de l’aide auprès des pompiers avoisinants les lieux du désastre. Cette arrivée fit du bien à la région même si des foyers persistaient dans la région de San Diégo et que le vent se mit à tourner pour chasser les flammes vers l’ouest. Même si la mortalité toucha surtout des personnes très âgées, ce recensement grossier des pertes ne fit que souligner les difficultés à recenser les pertes. Elles se chiffraient surtout en matière de destructions, dislocations, décès, pertes de propriétés, paysages effacés et vies interrompues. Les vents violents empêchèrent l’aviation d’intervenir. On eût dit d’un rappel de la 2è guerre mondiale lorsque l’aviation alliée ne pouvait intervenir pour stopper l’avance allemande lors du débarquement. La rapidité et la férocité du feu étaient alimentées par une combinaison mortelle de chaleur extrâme, de sécheresse et d’ouragans de Santa Anna qui se déplaçaient du désert du Mojave vers les montagnes côtières. Des lacs se mirent à ressembler à des cités fantômes où les maisons et les magasins étaient abandonnés. Les brindilles se mirent à craquer sous l’effet des incendies et la fumée se mit à obscurcir le ciel. Beaucoup d’habitants refusèrent de quitter leurs maisons, leurs animaux, leur cheptel, après des dizaines d’années de vie commune avec eux. Même des Mexicains venus de leur pays traversèrent la frontière pour aider à éteindre les feux. Une enquête menée par le Bureau Fédéral conclut que des plantations d’avocats, des citronniers, de vignobles, furent endommagées ou détruites et que des centaines de chavaux durent être évacués.

Questionnement éthique :

1. Peut-on attribuer ce nouveau désastre écologique aux variations climatiques ?

2. Est-ce que la vitesse de déceloppement des incendies peut être liée au mauvais entretien et à l’absence de débroussaillage des alentours des maisons californiennes ?

3. Quelle est la responsabilité des habitants, de l’administration dans la survenue de cette catastrophe suivant de peu celle de la Louisiane ?

4. Comment commenter et interpréter le fait que deux désastres climatiques se soient produit à faible intervalle dans deux régions différentes mais dans un milieu sociologique différent ? Autrement dit chea les pauvres d’abord, chez les riches ensuite.

5. Est-ce que ces évènements successifs sont significatifs d’une situation que les habitants de notre globe commencent à prendre en compte, à l’instar de ce qui vient de se dérouler à Paris dans le cadre du Grenelle de l’environnement ?


New York Times : 26 octobre 2007.