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Désirs d’enfants

jeudi 20 septembre 2012, par Picospin

Le rendre visible dans la sphère publique c’est surtout attirer l’attention de la société sur un comportement affectif, sensuel qu’il n’appartient pas à d’autres de juger ni surtout de ressentir.

Un double regard

Comme d’autres, je pense qu’un double regard mérite d’être porté sur cette relation particulière entre deux personnes du même genre pour ne pas dire du même sexe. C’est celui de cette union considérée par certains depuis longtemps comme étrange, sinon bizarre ce qui ressortit encore à une impression, une sensation sinon une sensibilité qui ne saurait appartenir qu’à ceux qui en éprouvent le besoin sinon le bienfait ou encore la nécessité. L’autre regard est dirigé sur le désir ou le besoin de procréation directe ou indirecte pour assurer à cette affection un prolongement dans des enfants qui vont nécessairement devoir résoudre quelques problèmes supplémentaires à ceux déjà si chargés de tout un chacun. C’est celui d’un déséquilibre affectif sinon physique ou mental avec la présence ou l’absence d’une des deux personnes manquant à l’appel de l’enfant dont la structure risque fort d’être perturbée par une particularité que ne connaissant pas les enfants dits « normaux » ou qui ont grandi dans un environnement « classique » ou répondant mieux à la construction de la majorité des êtres humains.

Anomalie ?

Cette remarque ne signifie nullement que la différence soit nécessairement ressentie comme anomalie, bizarrerie, exception voire, écart par rapport à la norme. On sait ce que Canguilhem en son temps avait pensé de cette fameuse norme qui fait plus partie d’un calcul statistique que d’un véritable équilibre biologique, sociologique ou psychologique. Un dernier point de vue est celui revendiqué par tous ceux qui raisonnent en termes de risques pour la société, la solidité de la famille ou danger de débordements de tous ordres inaccessibles à toute tentative de rééquilibrage pour l’enfant par les instances sociales, éducationnelles ou familiales, sinon religieuses. Cette restriction me semble devoir être relue et considérée à la lumière du taux formidable pour des sociétés « équilibrées » de divorces au sein même et surtout des familles considérée comme « normales » et qui se détruisent ou s’autodétruisent soit officiellement par le divorce, soit plus officieusement, dans la sphère privée par la séparation, même entre personnes dites « âgées » ce qui constitue un phénomène nouveau dans notre société.

Indépendance

Il est sans doute à mettre sur le compte de l’épanouissement et de la prise d’indépendance de plus en plus radicale et visible de la femme, remise en selle par les instances sociétales sous les auspices de la justice, de l’égalité, de l’autonomie et d’une certaine prise de pouvoir ou du partage de ce dernier avec le dominant statutaire, archaïque, physique sinon moral ou mental de la personnalité masculine. Ces bouleversement dans le fonctionnement de la société justifient moins l’adhésion ou la neutralité envers le mariage des homosexuels qu’elles n’en expliquent l’attitude actuelle d’une majorité de plus en plus dense d’une société devenue plus libérale à mesure qu’elle ne peut que constater le laxisme ambiant, les combats pour la liberté et la prise de responsabilité des individus pour eux-mêmes et ceux dont ils ont accepté de prendre la charge.

Quels indicateurs ?

L’indicateur de cette évolution de la société pour davantage d’autonomie, de liberté, de disponibilité et de responsabilité sera le bienvenu quand des informations consistantes seront disponibles sur la comparaison entre le taux des divorces chez les couples hétéro et homosexuels. Encore faudra-t-il se méfier à ce moment-là des biais introduits par les mœurs et la tradition moins encline à considérer ou accepter la séparation des couples homo que celle de leurs contre-parts hétérosexuels. Une alléchante perspective pour les sociologues des prochains siècles.