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BHL bouc émissaire ?

Destins

Sous les bombes

jeudi 7 avril 2011, par Picospin

Avait-on besoin du philosophe pour expliquer au peuple les tenants et aboutissants de la politique française qui se fait à Paris au Quai d’Orsay sous les yeux jaloux du nouveau Ministre des affaires étrangères qui revendique pour lui-même l’initiative des décisions à prendre dans une affaire qui est en effet étrangère à la politique, à la moralité et à la thématique de la stratégie française vis à vis du monde extérieur en général et de celui des pays méditerranéens en particulier.

Interventions

Du fait de l’intervention « étrangère » en Libye les relations diplomatiques entre la France et ce qui reste de l’orthodoxie du gouvernement libyen se compliquent singulièrement. Notre nouveau Ministre des Affaires Etrangères revendique toute la responsabilité de ses décisions qu’on espère prises en accord et au moins avec l’approbation du Président de la République. Se trouver en concurrence avec un philosophe de choc et un romancier à succès ne l’encourage pas tellement à revendiquer l’exclusivité des tactiques à utiliser avec « le gangster » de Tripoli qui n’a pas toujours été affublé de ce nom même quand il est venu à Paris en grande pompe pour acheter des Rafales dont personne ne voulait à la France. Il est vrai qu’elle s’était lancé un peu légèrement dans la conception et la fabrication de cet engin de guerre dont on ne connaît que superficiellement les performances, la valeur au combat et les qualités face à une rude concurrence entrée de plain pied dans moins dans la guerre pour la justice et l’éthique mais dans celle des armements dont finissent par pâtir les peuples innocents qui se positionnent devant eux.

Commandes fermes ou options ?

C’est ainsi qu’on se lèche les babines dans l’attente des commandes fermes qui souvent ont du mal à suivre les intentions affichées par les plénipotentiaires lors des rencontres au sommet, des défilés somptueux et des réceptions aux tables d’hôte de l’Élysée ou d’ailleurs. Kadhafi est devenu un client d’un côté, un « horrible » gangster de l’autre. Cette double dénomination permet au gouvernement de jongler avec les qualificatifs et de choisir entre dieu et le diable le rôle qui sied le mieux au visiteur client, honoré d’être si bien reçu avec les honneurs du à son rang plus qu’à sa moralité. Tout n’est pas bien clair dans une affaire qui implique trop d’âmes généreuses et qui incite à un questionnement auquel peu sont en mesure de répondre. Comment se fait-il que le « sanguinaire » colonel se soit subitement trouvé en possession de nombreuses armes qui lui permettent de juguler les premiers succès d’une armée de va nu pieds qui tirent plus volontiers en l’air que contre leurs ennemis du moment ? D’où et par quel miracle cet armement miraculeux est-il parvenu au palais du satrape qui semblait bien isolé à un moment donné et qui a rétabli une situation considérée au départ comme désespérée ?

Quel machin ?

L’ONU a-t-elle bien pris la bonne décision en demandant des bombardements plutôt qu’en exigeant des combats « propres » au cours desquels on ne casserait que peu d’œufs ? Tout le monde sait que les bombardements sont souvent aveugles et responsables de bavures dont on ne connaît malheureusement que trop d’exemples dans les guerres Picrocholines trop souvent devenues « macrocholines » au détriment des malheureuses populations dont on voulait faire des martyrs faciles à exhiber dans les foires de la morale, de l’éthique et des sacralisations religieuses, voire politiques ou sociétales. Combien de fois n’a-t-on pas accusé les bombardiers aveugles d’avoir décimé cités et populations à Dresde, au Japon en commençant par Londres et Coventry promises à la destruction puis à l’anéantissement ? Combien digne en revanche n’a-t-on pas affublé les corps à corps, de préférence à l’arme blanche qui avaient gagné leurs lettres de noblesse par la propreté des coupes, la couleur vermeil du sang giclant des poitrines offertes à la gloire de la nation ?

Courage et héroïsme

Voilà des actes courageux jusqu’à l’héroïsme qui permettent aux dignitaires de la nation de revendiquer pour eux-mêmes ce qu’ils n’ont pas hésité à faire accomplir par les plus humbles, les plus pauvres sans défense aucune, les moins nantis, incapables de faire jouer leurs relations et leurs réseaux pour échapper à l’holocauste qui leur était promis de toute éternité. C’étaient Verdun, Stalingrad, Moscou, la Somme, Bastogne et tant d’autres lieux sacralisés par le sang des blessés et les corps mutilés des tués au combat. Et pour finir, les lieux de mémoire dépouillés de tout signal parce que on ne sait trouver les traces des corps gazés, incinérés échappant par leur absence à tout souvenir sinon celui frappé dans la pierre des monuments et des stèles.