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Déstructurations et restructurations

A propos des avis du Conseil d’Etat sur la révision des Lois de Bioéthique

mardi 16 juin 2009, par Picospin

Nous n’avons guère été économes de nos efforts à l’instar de ces quelques derniers jours passés en explorations de l’Andalousie à la recherche du temps perdu de l’Age d’Or au cours duquel les langues s’échangeaient, se traduisaient, se parlaient à livres ouverts pour rechercher la vérité, celle d’une divinité cachée, souvent introuvable mais toujours susceptible d’être piégée dans on ne sait quel recoin où la lumière ne pénètre que par éclipses pour révéler la sagesse.

C’est ainsi que nous parviennent, à partir des plus hautes autorités juridiques les résultats de l’examen par le Conseil d’Etat des Lois de Bioéthique qui devraient être prêtes pour les prochaines années sans que quiconque soit en état actuellement d’en connaître les délais de parution. Dans un article d’une pondération exemplaire, trop sage pour être vraie, « le Monde » publie de larges extraits des textes concernant les Cellules souches dont les protocoles de recherche se doivent d’être « "enserrés dans des conditions strictes", en lieu et place de l’actuel régime d’interdiction assorti de dérogations. Si le gouvernement suit l’avis du Conseil d’Etat sur ce point - et il y a tout lieu de penser qu’il le fera -, il s’agira d’une vraie révolution dans la législation française, deux mois après que Barack Obama a autorisé le financement par des fonds fédéraux de ces recherches. "Les questionnements éthiques doivent être tranchés par l’affirmation de convictions démocratiquement partagées". Face à un champ du "possible biomédical" qui bouge en permanence et requiert une souplesse d’adaptation de la législation, il y a des principes qui sont intangibles - comme le respect de la vie et de la dignité humaine - et qui "ne peuvent changer au gré de l’évolution des sciences et des techniques". En matière de bioéthique, il s’agit d’interdire des bricolages conduisant à une réification, voire à une marchandisation, des embryons. "Aucun embryon humain ne devra jamais être conçu à d’autres fins que la procréation". Ces principes et cette prudence se retrouvent sur les autres sujets abordés. Ainsi, c’est au nom de "l’intérêt de l’enfant" qu’il rejette l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux femmes célibataires et aux homosexuelles, car "il s’agirait de créer délibérément un enfant sans père". De même, le Conseil écarte la légalisation de la gestation pour autrui (GPA), jugeant qu’elle n’est pas sans danger pour la mère porteuse et que l’enfant ne saurait être assimilé à "un objet de transaction". En revanche, il recommande la possibilité de lever l’anonymat pour les dons de sperme et d’ovocytes, si les donneurs y consentent. Certains trouveront le Conseil trop timoré. A ce stade du débat qui s’engage, il nous paraît sage. Si ce texte est suffisamment large pour recevoir l’adhésion de la plupart, des précisions seront sans doute attendues sur l’utilisation de termes comme « à d’autres fins que le procréation » ce qui est tout à l’honneur d’Emmanuel kant qui déjà en son temps avait insisté sur la nécessité absolue de faire de l’homme sa seule et propre finalité. Est-ce le cas aussi pour les innombrables enfants de l’amour d’une nuit, abandonnés au matin à leur destin d’abandon, de solitude, de nudité de toute protection pour la seule raison de s’adonner à la « décomposition des couples » terme malheureusement moins usité que celui de recomposition qui a reçu l’aval sinon la bénédiction de toutes les autorités, administratives, légales et sans doute religieuses lorsque ces dernières sont poussées par le souffle de la libéralisation des moeurs.