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Comment s’est résolue la crise financière

Deux compères à Washington

Tempête à Washington

lundi 22 septembre 2008, par Picospin

L’année dernière, au moment où l’économie en Amérique tanguait d’une crise à l’autre le patron de la Réserve fédérale a averti le secrétaire au Trésor que la situation qui était en train de se détériorer pourrait en fin de compte conduire à une intervention fédérale pour balayer largement devant la porte.

Mécanismes ?

Comme il avait étudié pendant longtemps l’histoire et analysé les mécanismes de la grande dépression, M. Bernanke, le Président de la dite Réserve était mieux informé et plus que quiconque au courant de ce qui pourrait arriver sans une intervention décisive. En fin de compte, ce moment est arrivé la semaine dernière après la décision de la Fed d’accorder des subventions au groupe géant International américain des Assurances. Il devint clair à partir de ce moment que le désarroi ne faisait que croitre et embellir et que les solutions imaginées pour en sortir étaient vouées à l’échec. C’est ce moment que M. Bernanke mit à profit pour pour avertir M. Paulson, le secrétaire au Trésor, qu’il était largement temps d’adopter une stratégie complète que le Congrès devait approuver. Pour lui, il n’y avait qu’une seule manière possible pour rassurer les marchés et pour régler le problème du gel des crédits. Ce n’était pas un calcul politique mais seulement une solution évidente. C’est ainsi que ces deux personnalités de haut rang ont lancé une opération qui peut être considérée comme le sauvetage le plus impressionnant des temps modernes, un de ceux qui rivalisent avec la guerre d’Irak en termes de coût et en même temps qui sont susceptibles de redéfinir le rôle de Washington sur les marchés pour les prochaines années.

Sauvetage

Le projet d’acheter 700 milliards de $ sous forme d’actifs a finalement été mis au point par deux hommes qui ne se connaissaient que depuis deux ans, ne fréquentaient pas les mêmes cercles mais ne se sont finalement retrouvés que par le hasard de l’histoire. Si l’un constitue la force intellectuelle et l’autre représente l’action, dans ce tandem des plus improbables, ils se sont néanmoins arrangé pour créer un partenariat dans leur désir de mettre un terme à ces bouleversements financiers et maintenir à flot une économie en train de sombrer. La nature même de leur intervention basée sur l’improvisation a relégué le Président Bush et les démocrates au Congrès au rôle de spectateurs qui ne soupçonnaient même pas ce qui les attendait réellement après l’application de ces mesures. Chaque fois que les juristes cherchaient à comprendre ce qui était en train de se passer, et quel rôle cherchaient à jouer nos deux compères, ces deux là montèrent au sommet du Capitole pour monter une autre opération surprise. Cette nouvelle paire ont travaillé très dur tôt le matin et tard le soir pour essayer de suivre les marchés asiatiques et pour répondre aux appels de leurs collègues européens, après quoi ils revinrent en ligne plusieurs fois par jour. Comme ils étaient requis pour témoigner à plusieurs reprises devant le Sénat, ils déclarèrent forfaite et s’excusèrent de ne pouvoir venir. Au cours de ces moments difficiles et intenses, on dormait très peu et essentiellement sous perfusion de Coca.

Deux compères

Nos deux compères arrivèrent à Washington il y a deux ans, tous deux nommés par George Bush, l’un s’occupant de la gestion du département d’économie à Princeton et l’autre prit la tête de Goldman Sachs pour y supprimer les téléphones sinon les bons diners. La chose qui les sépare est beaucoup moins la finance que le base ball qui ne soutiennent pas les mêmes équipes, l’un étant un supporteur des Red Sox de Boston, l’autre un adepte de Chicago. En réalité, ni l’un ni l’autre ne sont des profondément engagés en politique. Comme ils sont tous deux en train de naviguer dans les méandres financiers et politiques de Washington, ils se sont entourés respectivement de conseillers de Godman ou de la Fed. M. Paulson avait refusé de rejoindre le cabinet ministériel. Il se fit une raison uniquement après avoir été persuadé de le faire après avoir reçu la promesse formelle du Président de pouvoir mener la politique économique comme il l’entendait et non comme cela avait été le cas pour ses prédécesseurs. M. Paulson appartient au scientisme chrétien et ne fume ni ne boit. C’est ainsi qu’un jour où il devait donner une conférence, il but accidentellement dans un verre qu’il croyait être rempli d’eau mais qui était en réalité plein de vodka. Cet incident ne le démonta pas puisqu’il continua de parler bien que son visage se fut mis à rougir et ses yeux à briller.

Le scientisme au secours de l’argent

Tous deux étaient intimement persuadés qu’un accident arriverait un jour ce sont il avait averti son entourage en disant que quand on jette un coup d’oeil à la bulle immobilière, et aux moyens mis en oeuvre pour la corriger, le fait de voir les prix diminuer est suffisamment significatif pour engendrer une intervention du gouvernement. Jusque là, les optimistes pensèrent qu’il suffirait de laisser aux successeurs au gouvernement le soin de résoudre les problèmes actuels. Toutefois ils avertirent le Président que toutes ces mesures pourraient être insuffisantes, cas auquel ils reviendraient à la disposition de ce dernier pour l’aider à nouveau. C’est ce qu’ils firent après s’être rendu compte que la stratégie du cas par cas n’était guère efficace, prise en compte qui conduisit à une décision à laquelle prirent part la FED, le secrétariat au Trésor et les offices des Changes. C’est ainsi que nos deux universitaires se rendirent chez Bush pour lui présenter leur plan ce qui fut instantanément approuvé. Déchirés par une situation conflictuelle et des devoirs contradictoires, entre les nécessités de prendre des décisions et de rentrer à la maison pour continuer leur campagne électorale, les Représentants en prirent leur parti, non sans avoir remercié plus que chaudement les deux héros et en ayant regretté que la situations n’ait pas été résolue plus tôt ce leur fit dire qu’il valait quand même mieux que ce fut fait tard que jamais.

Sources :

The New York Times

September 21, 2008
A Professor and a Banker Bury Old Dogma on Markets
By PETER BAKER
This article was reported by Peter Baker, Stephen Labaton and Eric Lipton and written by Mr. Baker.