Ethique Info

Accueil > Sport > Devoirs et probité des Footballeurs ?

Que doivent-ils faire ?

Devoirs et probité des Footballeurs ?

Comment doivent-ils manifester leur solidarité avec la nation ?

dimanche 30 mai 2010, par Picospin

Ces dames en particulier étaient très excitées par cette extraordinaire nouvelle, cette victoire sur le destin remportée par une équipe soudée, intelligente, travailleuse qui avait toutes les chances de son côté pour remporter un succès tellement attendu qu’on feignait presque la surprise de le voir arriver. Ce qui est encore la preuve d’un succès mérité auquel tout un peuple avec ses dirigeants à sa tête avait participé.

La Cour des Comptes

On pouvait même y associer une figure mythique, celle de l’ancien Président de la Cour des Comptes, grand amateur de football qui, parait-il avait œuvré sans relâche pour insuffler une âme d’airain dans celle des apprentis organisateurs d’abord, du peuple de France ensuite. On murmure dans certains couloirs et coins de table et de salons que si le résultat du vote n’était pas acquis, il n’avait pas été loin de l’être puisqu’une voix suffisait pour emporter la décision. C’était tellement évident que déjà la veille un pauvre joueur de l’équipe de France avait été mis au courant de cette « décision historique » qui allait propulser la France au zénith à condition, bien sûr que le soleil continue de se lever à l’est, du côté de la Turquie et de se coucher à l’ouest par exemple de celui de l’Italie, candidats malheureux de cette enchère. Ce n’était ni Drouot ni Sotheby mais ça pouvait rapporter plus, on ne sait pas encore à qui. Au moins aux footballeurs internationaux qui s’apprêtent à toucher des émoluments non négligeables à côté des petits avantages sur lesquels nul ne saurait cracher tant il est agréable de coucher dans des lits confortables et douillets, d’habiter dans le meilleur hôtel, au moins le plus cher de toutes les autres équipes engagées dans la compétition.

Cajoler

On veut garder ces chers petits à l’abri des intempéries, de la malbouffe, des vicissitudes de la vie dure menée dans une Afrique du Sud qui ne cesse de faire référence au héros Nelson Mandela mais aussi aux aspects moins brillants de la vie après l’apartheid qui fait de ce pays le champion de l’insécurité. Au point que pour s’entraider entre compagnons d’infortune, c’est la police française qui a été choisie pour entrainer celle du pays d’accueil du football aux manouvres de sécurisation des quartiers « difficiles ». On lui souhaite plein succès et meilleurs résultats dans des conditions fort difficiles qu’il conviendra de maitriser pendant près d’un mois. Le chef de l’état (français) a juste eu le temps de se déplacer à Genève (on ne sait pas encore par quel moyen de transport) pour récolter les lauriers et expliquer à toute son équipe et au peuple de France quelle merveilleuse victoire il venait de remporter avec eux et quels bénéfices moraux, financiers, sportifs une telle action allait rapporter au pays bénéficiaire des largesses de l’UEFA dirigée naturellement par un ancien footballeur de génie, reconverti en homme d’affaires et qui avait œuvré en intelligence, relations et diplomatie pour occuper une position de choix d’où il pouvait aider son pays.

Résurrection

On allait voir la France ressusciter de la crise, bâtir stades et lieux de convivialité, rassembler un peuple miné par la crise mais réconforté par le sport, cette discipline autrefois négligée à l’école mais remise à flot dans les écoles de la République, à l’instar de l’Allemagne nettement moins bien lotie même si elle roule en Mercédès mais qui ne sait pas pour autant fabriquer des enfants. Peut-être est-il temps de lui envoyer au-delà du Rhin des reproducteurs pour qu’elle puisse restaurer son capital « hommes » et compenser les dures pertes subies au cours de deux féroces guerres mondiales pendant lesquelles on pensait plus à tuer des bébés qu’à en construire de nouveaux. Pendant que toutes ces manœuvres se déroulent sur les terrains du sport comme ceux de la diplomatie, devant un Berlusconi médusé et un président turc morfondu continuant incessamment de frapper à la porte de l’Europe, Marianne sortait des flots pour narguer les concurrents et leur montrer l’esquisse de la coupe à mettre dans sa poche dans 6 ans. Le temps pour certains d’entre nous de rencontrer la finitude comme disent les philosophes. Si l’horizon est lointain, il est plein d’espérance et de beaux projets d’avenir dans un climat gris mais toujours capable de se lever pour laisser passer un soleil éclatant.

Comment payer et combien ?

En sachant que ce n’est pas avec l’argent du contribuable que l’on pourra payer les footballeurs internationaux. La hausse des salaires exigera bien qu’on aille creuser dans le sous-sol des Afrikanders pour en extraire les pierres précieuses à offrir en compensation de chaque dribble, contrôle orienté, amortie et frappe (comme on dit maintenant). Pendant ce temps, comme l’écrit Jürgen Habermas, l’image de la conférence de presse, au cours de laquelle a été annoncée la décision des chefs de gouvernement de l’UE de créer un fonds commun pour sauver l’euro fragilisé, trahit la mentalité crispée de l’Allemagne – non de l’Allemagne nouvelle, mais de l’Allemagne actuelle. Cette photo grinçante fixe les visages de pierre de Merkel et de Sarkozy – des chefs de gouvernement éreintés, qui n’ont plus rien à se dire. Cette image deviendra-t-elle le document iconographique symbolisant l’échec d’une vision qui, pendant un demi-siècle, a marqué l’histoire de l’Europe de l’après-guerre ? Tandis que, à Moscou, Angela Merkel se tenait entièrement à l’ombre de l’ancienne République fédérale, à Bruxelles, elle avait derrière elle des semaines de lutte avec des lobbyistes impitoyables défendant les intérêts nationaux de la plus puissante économie européenne.

Questionnement éthique :

1. Notre conscience morale permet d’évaluer et d’orienter notre conduite en nous représentant l’accomplissement de nos actions comme un devoir. Comment concevoir cet impératif catégorique de Kant ?

2. Est-ce que c’est la pureté de l’intention qui fait la valeur morale de l’action ?

3. La loi morale peut-elle être fondée sur l’expérience ?

4. Est-ce que le devoir exige toujours que l’homme lutte contre ses inclinaisons ?