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Dieu, le Pape et le latex

vendredi 20 mars 2009, par Picospin

D’un commun accord, le Chef spirituel de l’église et son ouaille ont déconsidéré et déconseillé son emploi sans nécessairement tenir compte de l’importance qu’il représentait dans les pays africains où les moeurs, les traditions, le rôle dévolu à l’activité sexuelle n’occupent pas la place médiocre qu’elles assument dans « « l’hpercivilisation » européenne.

Un acte d’union

On se demande bien pour quelle raison cet acte d’union, de don réciproque doit en permanence être rabaissé au rang d’une certaine animalité au point que les ferrailleurs et pourfendeurs de l’acte d’amour ne cessent d’insister sur cet aspect pour mettre en exergue celui indispensable à la signification de son plein accomplissement ? En quoi, ce dernier doit-il être pollué par le seul fait qu’une instrumentation existe qui réduit de façon considérable les risques de contamination par une maladie terrifiante qui s’accroche non seulement sur les protagonistes, ces acteurs d’infamie, mais sur leur descendance. Les paroles de ces représentants de la loi civile et religieuse ne sont pas tombées dans les oreilles de sourds puisque la réaction ne s’est pas fait attendre sous la forme des déclarations venant de France et d’ailleurs. Benoît XVI a provoqué un concert planétaire d’indignations, qui atteint le sommet de l’État dans plusieurs pays. En France, le ministère des Affaires étrangères a exprimé une « très vive inquiétude » devant des propos qui mettent en danger « les politiques de santé publique et les impératifs de protection de la vie humaine ». Il a rappelé au pape "anticapote" « qu’avec l’information, l’éducation et le dépistage, le préservatif est un élément fondamental des actions de prévention de la transmission du virus du sida ». Un avis partagé par l’Allemagne, pays natal du pape, qui a redit que « les préservatifs jouaient un rôle décisif » dans la lutte contre le sida. En Belgique, la ministre de la Santé a affirmé que les propos de Benoît XVI étaient « le reflet d’une vision doctrinaire dangereuse ». A peine posé le pied sur le continent africain ravagé par la pandémie du sida, le pape se retrouve au centre d’une controverse qui dépasse les précédentes polémiques sur le sujet.

Plus loin ou trop loin

Benoît XVI est allé plus loin que son prédécesseur, Jean Paul II, en attaquant directement le préservatif. D’autres ont fait de même : le fonds international contre le SIDA a demandé au pape de retirer ses propos, les jugeant « inacceptables ». Le message papal est d’autant plus dangereux qu’il est exposé sur un continent « où vivent 70 % des personnes infectées par le sida ». En France, la condamnation des propos du pape est quasi unanime depuis le maire socialiste de Paris, en passant par Laurent Fabius, qui a beaucoup d’amis chrétiens extrêmement choqués, Daniel Cohn-Bendit, qui a affirmé que les propos du pape constituaient « presque un meurtre prémédité » jusqu’à Alain Juppé, attaché aux valeurs chrétiennes : « Ce pape commence à poser un vrai problème », car il vit « dans une situation d’autisme total ». Tout en affirmant que le pape n’avait fait qu’exprimer « l’idéal » catholique de fidélité et d’abstinence et qu’il n’entrait pas « dans les situations concrètes », l’évêque de Gap a admis que si l’on ne parvient pas à vivre « l’idéal » de la fidélité, « on ne doit être ni criminel ni suicidaire et on doit utiliser le préservatif ». Margaret Songa (Cameroun) : le pape fusille notre combat contre la première cause de pauvreté : le sida. Les paroles de ces représentants de la loi civile et religieuse ne sont pas tombées dans les oreilles de sourds puisque la réaction ne s’est pas fait attendre sous la forme des déclarations venant de France et d’ailleurs. Benoît XVI a provoqué un concert planétaire d’indignations, qui atteint le sommet de l’Etat dans plusieurs pays. « Ce pape commence à poser un vrai problème », a indiqué Alain Juppé qui se dit catholique et « attaché aux valeurs chrétiennes ». Pour l’ancien Premier ministre, ces propos, intervenant après l’excommunication d’une mère ayant fait avorter sa fillette violée et la levée de celle d’un évêque négationniste, donnent l’impression que le pape vit « dans une situation d’autisme total ».

Autiste ?

Le sida, ça a sapé nos solidarités, ça a sacrifié une génération entière, ça a plongé notre continent dans la misère. Cette croyance aveugle en un dogme de l’abstinence est juste destructrice. On ne dit pas que le préservatif est la solution contre la pandémie. Mais sans préservatif, on n’y arrivera pas. » « C’est délirant, rageant et écœurant. Dire que les préservatifs aggravent le problème, c’est dire que la religion est plus importante que la vie : la définition même de l’obscurantisme. C’est négationniste aussi, car les enquêtes scientifiques montrent que la seule prévention basée sur l’abstinence et la fidélité marche moins bien que la prévention par les capotes. Des femmes violées, forcées, trompées, ou qui tarifent leurs relations. Des femmes forcément dégoûtées par la nouvelle trahison de l’église. » « Le Vatican vit hors du temps, loin de la réalité, loin des hommes et des femmes que l’église prétend guider. Comment fait-on quand on est contaminé par le virus ? On sauve une vie en mettant un condom ou on est criminel, et on contamine l’autre ? Si on est chrétien, on met un préservatif, non ? La capote, c’est un don de Dieu. Ici, d’ailleurs, les religieux l’ont presque tous compris. Ils l’utilisent ou meurent du sida. Même ceux qui font vœux d’abstinence n’arrivent pas à le respecter. Ils sont encore plus déchirés que nous par la cécité du pape. »« Le Vatican vit hors du temps. Loin de la réalité. Loin des hommes et des femmes que l’église prétend guider. Comment fait-on quand on est contaminé par le virus ? On sauve une vie en mettant un condom ou on est criminel, et on contamine l’autre ? Si on est chrétien, on met un préservatif, non ? La capote, c’est un don de Dieu. Ici, d’ailleurs, les religieux l’ont presque tous compris. Ils l’utilisent ou meurent du sida. Même ceux qui font vœux d’abstinence n’arrivent pas à le respecter. Ils sont encore plus déchirés que nous par la cécité du pape. » Il pose les limites d’un système trop cléricalisé. Le Vatican, la Curie, les personnes en situation de responsabilité vivent en dehors du monde réel.

Un don de Dieu

Il faudrait que la place des laïcs soit plus grande dans l’Eglise. Il faudrait trouver aussi un nouveau système de gouvernement. Un homme seul ne peut pas gouverner 1,5 milliard de catholiques. Au mois de janvier, le nouveau patriarche de Russie, qui a une autorité morale sur 250 millions de fidèles, a été élu par un collège de 700 personnes composé de religieux et religieuses, et de laïcs, hommes et femmes. Le pape, lui, est élu par un collège d’une centaine de cardinaux, uniquement masculins.Toutes ses décisions vont dans le sens d’une restauration du passé, jamais elles ne regardent l’avenir. Son tropisme vers les intégristes que traduit la levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie-X est grave. Le Vatican n’a toujours pas fait officiellement, non plus, de déclaration sur l’excommunication de la mère de la petite fille de Recife ayant avorté de jumeaux à la suite d’un viol de son beau-père. "Ce qui me rend optimiste, c’est la réactivité de la base. On assiste à la naissance d’une opinion publique catholique". Mais comment parviendra-t-elle à se faire entendre en ne se limitant pas aux canaux officiels que lui laisse le magistère ? C’est toute la question. Ce remue-ménage a été suivi bon gré mal gré par l’épiscopat. On sent, dans les déclarations récentes d’André Vingt-Trois lorsqu’il dit que « l’Europe occidentale n’a pas à garder les yeux rivés sur la péninsule italienne »,une prise de distance vis-à-vis du Vatican. Le haut clergé a compris qu’il était dans une impasse et que cela ne pouvait pas durer.

Questionnement :

Est-ce que le Pape est vraiment seul pour réfléchir et décider alors qu’il a un gouvernement entier à sa disposition pour cela. Dans ces conditions, on ne voit pas le besoin impératif d’y ajouter une foule de conseillers.