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Et les footballeurs mercenaires ?

Diffusion de langues : exemple du bilinguisme dans les petites monarchies du nord de l’Europe

Que parlent-ils ?

mercredi 30 juin 2010, par Picospin

Des communautés linguistiques ont depuis longtemps compris cette nécessité car elles étaient trop réduites pour qu’une langue commune à forte participation soit capable de résoudre leurs problèmes de compréhension et de manipulation des concepts. C’est en particulier le cas des petites monarchies du nord de l’Europe qui sont obligées pour des raisons pratiques évidentes de recourir à une langue commune choisie en dehors de leur sphère d’influence pour communiquer entre elles.

Cette simple logique les incite à apprendre deux langues pour se mettre au niveau des communautés linguistiques dans lesquelles la langue maternelle fortement implantée suffit à couvrir les besoins les plus élémentaires de la vie courante. Cette caractéristique ne relève pas d’un quelconque privilège donné en offrande à des citoyens chanceux par un dieu bon, généreux et compatissant mais est lié au nombre de personnes qui pratiquent ce type d’expression. Les causes de la diffusion élargie des formes d’expression linguistique sont simplement liées au nombre total d’individus familiers de la langue en question. Les langues du bonheur étaient autrefois le latin ou le grec ; elles sont devenues pour des raisons économiques, géostratégiques, sinon politiques l’anglais en raison de sa diffusion dans le « Commonwealth britannique » et le nombre total des communautés touchées par la relative facilité de communication que constitue le recours à une la forme prise actuellement par l’anglais qui s’est répandu à grande vitesse, à partir des petites iles britanniques et irlandaises aux Etats-Unis d’Amérique. Qu’elle se soit développée à partir de relations commerciales étendues et facilement coopératives est un de ces accidents de l’histoire liées à l’esprit d’entreprise, à la curiosité, au souci d’exploration des habitants qui ont contribué à la répandre dans l’univers en général et dans les secteurs les plus perméables à l’introduction de nouvelles cultures et de nouveaux moyens d’échange écrits et parlés. Il en fut de même de l’espagnol et du portugais dont l’usage explosa dans les régions envahies puis occupées par les conquistadors espagnols qui ont pu s’emparer de l’empire aztèque alors qu’ils n’étaient qu’une centaine d’hommes. Lorsque Hernan Cortés prend la mer pour la côte mexicaine le 18 février 1519, partant de Cuba, il a onze navires, ,cinq cents soldats, cent marins, seize chevaux, quatorze canons et treize arquebuses. C’est déjà une petite armée ! Cependant face à l’immensité de l’Empire aztèque, à ses innombrables guerriers-aigles et guerriers-jaguars , ignorant la peur et surentraînés comme des maîtres d’arts martiaux, cette troupe peut sembler bien faible. Comment expliquer alors qu’en deux ans et demi elle ait pu disloquer cette puissance formidable et la détruire totalement ? Par l’habileté politique d’Hernan Cortès qui sut intégrer à son armée les Tlaxcaltèques, ennemis traditionnels des Aztèques dans la "guerre fleurie". Cette même habileté lui permettra d’intégrer à son armée les troupes de ses rivaux attirés par l’aubaine mexicaine faite de vingt navires, cent cavaliers, huit cents fantassins, vingt canons .... Par la ruse ensuite en faisant prisonnier l’empereur Montezuma dans son propre palais et en faisant courir le bruit qu’ils étaient des dieux , des "teules". Cela explique l’étrange sidération des Aztèques devant la violence des conquérants , nourrie par la prophétie du retour de Quetzalcoatl. Lorsque les Mexicas se révoltèrent sous la conduite de Cuauhtemoc, l’habileté militaire de Cortés lui permit de se retirer de Tenochtitlàn (pendant la "Noche Triste" ) avec de lourdes pertes ( 600 Espagnols tués ou sacrifiés sur les teocallis ) . La victoire difficile d’Otumba, le 7 juillet 1520 lui donna le temps de reconstituer ses forces et d’attendre des renforts. Il reçut même le ralliement du prince Ixtlilxochitl de Texcoco. Les Aztèques affaiblis réveillaient les vieilles haines des cités rivales et soumises. Lorsque le siège fut mis autour de la capitale impériale le 30 mai 1521, l’épidémie de variole apportée par un soldat de Narvaez fait déjà rage, chez les assiégés. Cortés a amené en pièces détachées depuis la mer des brigantins armés de canons qui contrôlent le lac, empêchent le ravitaillement et affament la ville qui comptait 500 000 habitants avant 1519 ! De très durs combats durant trois mois furent encore nécessaires aux conquistadors avant d’entrer dans une ville jonchée de cadavres en putréfaction. Les Aztèques succombèrent avec héroïsme. Etant donné la pression des Espagnols sur les côtes du Mexique, le pouvoir fragile de Mexico sur les cités soumises et surtout le choc microbien, l’Empire de Montezuma se serait effondré de toute façon en moins d’une génération. Mais l’intelligence, la dureté, l’ambition d’un homme d’exception, Hernan Cortés, transforma cette fin en épopée tragique. A la lumière de cette historiographie, on s’aperçoit que ce sont bien les faits politicostratégiques qui constituent les éléments les plus déterminants dans les conquêtes et avec elles les diffusions des langues, à condition qu’elles offrent des moyens de communiquer simplement au bénéfice du plus grand nombre. Ce rappel des évènements historiques explique assez bien la popularité actuelle des langues les plus pratiquées dans le monde. Elles s’ouvrent un vaste champ de pratique dans la mesure où la démographie des régions où s’implantent la langue devient galopante. C’est le cas actuellement du sous continent indien et de la Chine qui tous deux allient l’explosion industrielle à celle de la démographie. Nul besoin de construire la moindre jalousie envers les cultures et civilisations à forte potentialité de développement et d’épanouissement. La simple analyse de l’histoire, des échanges commerciaux, de la productivité suffit à expliquer les phénomènes.

Des apprentis footballeurs

Qu’en pensent nos footballeurs expatriés vers de lointaines contrées même si pour la plupart, ils se limitent à la petite Europe pour exercer leurs talents et leur art(?) A première vue l’exode n’est pas inutile si l’on en juge par leur relative maitrise de l’anglais, de l’italien ou de l’espagnol au hasard de leur passage éphémère ou plus stable dans le pays d’accueil professionnel.