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Qu’en pense Montaigne ?

Dire mensonge ou mentir ?

Tromperies ?

mercredi 31 juillet 2013, par Picospin

Celle-ci varie entre l’administration, le commerce, les activités diverses mises à leur disposition et prétendues plus adaptées que contraires à leur intérêt et besoin de vivre dans un monde où l’éthique se devrait de l’emporter sur l’avidité des prestataires de services. Dans la relation qui lie les premiers aux seconds, le langage est la forme de médiation la plus usitée, même si elle est trop souvent parcourue de parasites qui en brouillent l’émission et la réception des messages.

Lignes virtuelles

Une de ces bêtes qui se promènent le long des lignes virtuelles menant d’un point à un autre s’appelle le mensonge, terme trop dur à entendre et qu’on préfère remplacer par l’euphémisme de contre-vérité ou dérive, voire fiction, hypocrisie, parade ou ruse. Les milieux politiques s’en abreuvent, ceux des affaires tout autant sinon plus. Progressivement, une dérive, un changement de tonalité s’installe, qui envahit les territoires du droit, du contrat, du serment, de l’accord et qui remplit de fausses notes l’audition des morceaux que l’ensemble instrumental s’était engagé à exécuter. Dire mensonge et mentir ne sont pas du même ordre car dans le premier cas il s’agit de dire, d’affirmer, de prétendre à connaître et répercuter une chose fausse en la croyant vraie alors que dans l’autre hypothèse le locuteur dit une chose fausse qu’il connaît comme telle et qu’il a l’outrecuidance de prétendre vraie alors qu’il sait pertinemment qu’elle est inexacte. Langage et parole qui lui sert de support assurent la transmission intégrale de la pensée au receveur dans le premier cas alors que le mensonge altère les conditions et les règles du commerce entre les hommes ce qui relâche la tension des liens entre hommes et institutions que les premiers sont censés représenter et rend impossible la compréhension des propos échangés, des signifiants exprimés, des signifiés contenus.

Primeur

Le problème central dans ces définitions est d’accorder la primeur à l’intention de l’émetteur qui accepte la définition selon laquelle un mensonge est une affirmation qu’il croit fausse, qui est émise avec l’intention de tromper le receveur et qui contient une assertion que l’émetteur croit et connaît comme fausse. Mentir, c’est produire une déclaration crue comme fausse avec l’intention de faire accepter par l’autre qu’elle est vraie. Pour ordonner ce qui précède dans une suite logique plus claire et plus convaincante, il est possible d’en extraire les conditions nécessaires et suffisantes pour la rendre acceptable :
1. La première condition est de se soumettre à l’obligation de faire une déclaration
2. La seconde implique que le déclarant croie qu’elle est fausse, qu’elle n’est pa vraie
3. La troisième implique de même que la déclaration qui n’est pas vraie soit faite à une autre personne ou à plusieurs personnes si l’on veut, un groupe d’auditeurs, d’écoutants auxquels on souhaite transmettre un faux message ce qui est le cas le plus fréquent quand il s’agit de relations d’ordre politique, commercial ou tout rapport entre plusieurs groupes d’individu liés par un intérêt commun ou opposé et sur lesquels on souhaite exercer une pression morale, juridique ou déclarative capable de faire modifier les réactions aux fausses données du mensonge prononcé.
4. L‘authenticité du mentir exige que le receveur soit persuadé que la déclaration fut vraie qu’elle s’adresse à une personne et non à personne et que la déclaration contienne une affirmation qui ne soit ni vraie ni fausse.

Des armes de destruction massive ?

Elle peut aussi contenir une affirmation selon laquelle « l’ennemi possède des armes de destruction massive » avec l’intention de faire croire à l’autre que ceci est vrai alors que ce n’est pas le cas, cette hypothèse n’implique nullement qu’il s’agisse d’un mensonge si l’auteur de la déclaration ne croit pas que ce fait constitue un mensonge, même si la sentence est prononcée en vue de faire croire à l’existence d’un fait inexact. Ces tromperies peuvent être réalisées par d’autres moyens que le langage comme le port ou l’exhibition de signes extérieurs tels que le port de perruques, de signes conventionnels, de bagues, d’uniformes, sinon de l’emploi d’exclamations, d‘exhortations ou encore de faire appel à des éléments négatifs comme le silence, l’absence volontaire de commentaires, toute une panoplie de discours, attitudes, jeux de rôles susceptibles de fausser l’opinion que l’on peut se faire de telle personne ou de tel groupe.