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Dislocation, vérité ou mensonge ?

samedi 13 juin 2009, par Picospin

Il est en effet très rare qu’un avion tombe du ciel comme une comète ou un météorite écrasant quelque dinosaure récalcitrant puisque si l’on se réfère à l’histoire, la plupart des accidents surviennent plutôt au décollage et à l’atterrissage, au moment où l’appareil est fragilisé par une poussée insuffisante des réacteurs ou au contraire par une décélération qui le rend vulnérable à tout coup de vent, variation de pression, intempérie inattendue ou objet trainant sur la piste de l’aéroport.

Médiation

Cette fois, nous avons affaire à une autre situation d’ordre médiatique puisqu’elle concerne les relations entre le journalisme, la distribution des médias et le réception des informations par les candidats voyageurs. Plus étrange encore, c’est un site d’information inusité qui s’est chargé de diffuser une nouvelle qui a apparemment provoqué une forte réaction de la compagnie aérienne impliquée dans l’accident. Il s’agit de la radio polonaise dont on se demande bien ce qu’elle fait dans cette affaire. Elle aurait révélé que le Centre de contrôle des opérations Air France envoyé le jeudi 11 juin à 04h33, une demande de « ne pas mettre l’édition du Figaro de ce jour :
• - à bord de nos vols AF
• - en salle d’embarquement
• - dans les salons »
Le 11 juin, Le Figaro évoquait la piste d’une dislocation en vol de l’AF447, accidenté il y a dix jours au-dessus de l’Atlantique. Un article qui a provoqué le courroux d’Air France. La compagnie a même menacé d’attaquer en justice les « articles irresponsables de ce genre ». Cette colère a-t-elle pu conduire Air France à « censurer » le Figaro ? La compagnie aérienne s’en défend. Selon une porte-parole, « Air France n’a pas retiré Le Figaro de ses avions, ni des salles d’embarquement ».

Discussions et polémiques

D’après elle, « ce n’est pas dans les prérogatives du CCOAF d’envoyer de tels messages. C’est le rôle du commercial ». Néanmoins, Air France ne dément pas l’existence de ce télex, qui pourrait résulter d’une « erreur » du CCOAF. Selon nos informations, ce message a bien été envoyé par le CCOAF. Cela serait même une procédure standard post-accident, quand les titres et articles des journaux « peuvent nuire au confort des passagers » et « apporter du stress à bord ». Plusieurs titres auraient ainsi été indisponibles depuis le crash de l’A330. Reste qu’après dix jours d’intense couverture médiatique de l’accident de l’AF447, on peut s’interroger sur l’impact si particulier de l’article du Figaro. Des informations plus détaillées provenant d’autres sources ont révélé que plusieurs éléments confirmeraient la thèse de la dislocation de l’avion en plein vol, en particulier que la plupart des cadavres repêchés étaient partiellement dénudés, constatation qui plaiderait en faveur de l’hypothèse ci-dessus. Face à cette situation, on peut en effet s’interroger sur le choix de la moins anxiogène des situations : garder le silence pour ne pas ajouter de l’angoisse à ceux qui en ont déjà, conserver une certaine confiance dans une entreprise qui emploie un nombre considérable de salariés et ne pas ternir l’image d’une compagnie qui représente dans une certaine mesure la qualité professionnelle d’une communauté comme la France dont le renom risque d’être terni par la suite dans d’autres domaines.

Toute la vérité ?

Ou bien dire toute la vérité dans la mesure où on la connaît, où elle est garantie et où sa révélation peut servir à assurer une plus grande sécurité dans l’avenir, une activité plus rigoureuse et un investissement psychologique, interventionnel, prévisionnel à la fois plus large et plus contrôlé. Tel est le dilemme de tout questionnement éthique et en particulier de ce cas précis.