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Michael Jackson va-t-il survivre à son mythe ?

Disparition d’un mythe : quelle couleur ?

Le spectre des couleurs et des ethnies

lundi 29 juin 2009, par Picospin

La situation du fameux chanteur et danseur que fut Michael Jackson pose encore davantage de questions que le franchissement de la ligne qui sépare ou unit blancs et noirs dans la culture américaine. Cette super vedette savait peut-être ce qu’il devait chanter et danser et comment il devait se comporter sur scène pour séduire les foules, mais il savait moins de quel côté il pouvait se ranger, tant il a joué le caméléon à force de faire modifier son visage, « resculpter » sa figure, transformer son nez ou modifier la couleur de sa peau, on a envie d’écrire de ses peaux.

Blanc ou noir ?

A-t-il jamais décidé de savoir de quel côté il devait se placer entre sa famille noire, ses frères noirs, et lui-même qui voulait à toute force devenir blanc malgré des tentatives avortées, des essais infructueux qui l’avaient, dit-on, amené au bord du cancer de la peau. Il aurait pu être sauvé dans l’angoisse de son questionnement par l’arrivée au pouvoir de Barck Obama qui certes n’est pas le caméléon représenté par Jackson mais qui, par le niveau élevé de son éducation, la force de ses diplômes et de ses compétences, lui permet de jouer largement au milieu de la cour des grands. Cette métamorphose était-elle encore possible ou le nouveau Président est-il arrivé trop tard pour voir son « caméléon » errer entre les fréquences des ondes lumineuses captées par un œil souvent à la dérive du fait des drogues absorbées, des antalgiques reçues, des « tueurs de douleurs » trop souvent prescrits par des médecins malhonnêtes ou incompétents ne se déplaçant que dans l’accompagnement sécurisant de leur équipe d’avocats. Comme tout le monde, lui détectait mieux le jaune et le vert que le rouge ou le bleu et le violet ou le vert parce que ces couleurs sont froides et ont peut-être besoin de la musique pour les réchauffer. Notre Michael s’est-il employé toute sa courte vie à intervenir dans la température des couleurs pour en faire une gamme à sa mesure, lui qui savait si bien employer celle des sons pour les livrer dans leur nudité mélodique ou leurs harmoniques aux fans de toute génération qui se précipitaient au bas de la scène en claquant des mains les temps 2 et 4 sinon l’after beat sacré.

Comment s’habiller ?

Devait-il s’habiller de blanc pour manifester au monde de l’occident sa pureté, ou bien porter déjà le deuil de l’Asie qui pouvait le conduire au-delà d’un univers intelligible pour lui seul ? Toutes ces considérations sur la symbolique des couleurs n’ont fait qu’exalter les formes prises par le débat racial, même et surtout quand il entonne ses mélodies par des hymnes à la gloire du roi du Pop, du « Roi des rois » ou d’une allusion au cadeau de Dieu. Ce dieu ou ce demi dieu n’est pas encore ou déjà celui du monothéisme souverain mais il est en construction, quelque part entre Michael Jordan, dieu des sports, Obama, dieu de la politique. Lui-même se situerait quelque part entre ses fans même si on ne sait pas encore très bien s’il était aussi fier de son appartenance raciale ou ethnique que sa race l’était de lui-même. Son inconstance, sa navigation entre les couleurs du spectre en ont gêné d’autres qui n’en finissaient pas de se demander s’il voulait vraiment être noir. C’est par un autre chemin qu’il fut rangé dans une catégorie plutôt que dans une autre. Les Afro-Américains prétendirent qu’il ne voulait pas être noir, alors que ceux qui l’accusaient le plus durement d’avoir commis des fautes étaient les blancs. C’est au moment où des accusations furent portées contre lui, qu’il fut suspect d’attouchements que les rangs des noirs se resserrèrent autour de lui car ils voyaient dans ces allégations les signes précurseurs de la persécution comme celle infligée aux boxeurs Tyson ou Ali. Si les noirs n’avaient pas été constamment molestés et terrorisés par cette oppression, ils n’auraient pas eu besoin de constituer le Pouvoir Noir pour retrouver leur santé mentale.

Un autre Sammy Davis Jr

D’une certaine manière, Jackson ressemble à Sammy Davis Jr qui était un chanteur et un danseur qui cherchait à s’intégrer dans le milieu blanc de Hollywood, un terrain où il lui semblait pouvoir se retrouver. Il s’appelait lui-même le roi de la Pop ce qui était un acte d’autant plus courageux qu’auparavant les rois du jazz, du swing et du rock étaient respectivement Paul Whitman, Benny Goodman et Elvis Presley, tous blancs. Ces relations avec la musique permirent de donner une nouvelle définition à celle que Michael Jackson s’était donné en tantt qu’auteur. C’est dans cette mesure qu’il a pavé la route pour Obama dans la mesure où il se définissait comme un noir en tant qu’auteur et son propre créateur de mythe.