Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Divergences sur la vie bonne

Divergences sur la vie bonne

samedi 17 juillet 2010, par Picospin

On ne se prive pas de s’attarder sur les résultats d’un bac toujours satisfaisants ce qui ne veut strictement rien dire car 1. Cet examen relève du terme dérivé « bachotage » et qu’il est censé faire entrer la jeunesse dans le stade adulte comme une initiation qui tient plus du rite que de l’inventaire des connaissances. 2. Comment peut-on tenir compte des conditions de digestion d’un programme ingurgité à la hâte la veille des épreuves et vomi dès le lendemain devant des examinateurs qui n’ont plus qu’à se baisser pour nettoyer les restes du repas de fête mis au point par les cuisiniers de l’Education Nationale pour être servi comme festin en l’honneur de l’excellence, de la régularité et de la justice de la compétition.

Divergences sur la vie bonne

Le franchissement de cette barrière représente un brevet de bonne conduite, d’adéquation aux lois de la République sans que ne soit envisagé en aucune façon l’au-delà de zone comme le faisait le pauvre héros de Dino Buzzati dans le désert des Tartares attendant indéfiniment que le monde s’ouvre, que la vie apparaisse et que l’ennemi se présente enfin pour qu’on puisse enfin le voire, le toucher, l’examiner, quitte à lui tirer dessus pour que sa virtualité de l’attente le transforme en être humain doté d’un corps et d’une âme. Comment ces rescapés de l’enfer du baccalauréat et autres examens et concours peuvent-ils se tirer d’affaire dans l’attente d’une décision pour eux-mêmes, d’un choix de carrière et d’activité quand aucune orientation sérieuse n’a su les prendre en charge ne serait-ce que pour débattre, s’informer, sonder l’âme, le cœur et l’esprit à la recherche du bonheur. Ethiciens et philosophes se sont entendu depuis longtemps pour affirmer contre toute défense, que le sens de la vie était la recherche du bonheur même s’il convient ensuite d’en définir la forme, la raison, le mode et les objectifs. Certains appellent cette classification la vie bonne et ajoutent que l’Etat se doit de rester neutre à l’égard de ses idéaux controversés. Plus loin, on préfère compléter la notion par celle de style de vie à orienter vers la carrière, l’art, le loisir, le confort, matériel, la vie de famille ou de communauté, la simple survie, la politique, la philosophie sinon l’oisiveté pour ceux qui ont les moyens de l’obtenir. On voit à l’aide de ces énumérations sans fin les divergences dans les sociétés nées des conditions sociologiques, physiques ou psychologiques. Qui veut mener la vie bonne, celle où les idéaux resteront divergents même dans les conditions d’un débat raisonnable alors que l’accord sur nos visions du juste peut être établi, non sans difficulté si l’on considère son intervention dans le domaine du sport par exemple. On y observe le doute généré par plusieurs années de victoires d’un champion cycliste qui avait emprunté à la chimie le moyen de survoler les cimes avant de foncer dans la vallée pour y récolter une gloire sans doute illégitime. Un footballeur, ce qui veut jouer avec les pieds ou à la rigueur avec la tête s’est servi de sa main pour envoyer son pays dans une qualification injuste avec ou sans l’assentiment de son entraineur avant d’aller se perdre dans les artères de Californie ou de New York pour y ramasser le reste d’argent dont il évidemment un besoin urgent après avoir fréquenté les luxueux appartements de Londres. Qu’as-tu fait de ta vie ? Est-il légitime de demander à ces nomades de la balle ronde, de s’attacher au club de leur enfance pour à leur tour éduquer moralement les jeunes qui n’attendent que l’occasion de suivre la voie pure de leurs ainés ? Ce n’est pas parce que le sport peut être un jeu qu’il faut en extraire toute son éthique et se laisser aller à traiter l’homme en esclave et joueurs et dirigeants en mafieux. Les politiques n’auront qu’à suivre cet exemple dérivé de la vocation morale à affirmer des principes élémentaires de coexistence des libertés individuelles et de coopération sociale équitable. On a invoqué pendant longtemps le privilège moral du « souci de soi ». Le temps serait-il venu de passer à celui du souci des autres, nouvelle et récente proposition des conduites morales à l’égard de tous confondus dans une collectivité où règnerait la joie à défaut de la dépression, du malheur et de l’aboulie ?