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Dopage des mémoires et suppression du cannabis

Dopages et concours

Est-ce bien convenable ?

vendredi 17 juin 2011, par Picospin

On reste très à cheval sur les principes de la morale et du bien pensant en particulier dans le domaine de la tricherie toujours considérée comme intolérable pour les uns, plus acceptable pour les autres, tous ceux qui n’obéissent qu’à moitié aux lois et règlements d’un état qui se veut de plus en plus moralisateur quand il s’agit de faire respecter la justice, l’honnêteté et pour cela de plus en plus prompt à condamner sans les entendre les coupables de toute nature.

Ils sont devenus la cible préférée des redresseurs de tort, de tous ceux qui voudraient nettoyer les écuries d’Augias afin que leur odeur n’incommode pas les âmes pures et délicates et que leur vue soit conforme aux canons de la beauté, de l’élégance et des lignes épurées par les plus grands et célèbres artistes, pourvu qu’ils soient reconnus comme tels par le peuple et les créateurs de modes si pointilleux en matière d’esthétique. Comme nous nous occupons plutôt ici d’éthique, il est certain que les critiques n’hésiteront pas à fustiger les opinions quelque peu libérales et paradoxales que nous cherchons à défendre pour conserver l’essentiel. Ce dernier, en matière de compétition insensée consiste à acquérir un savoir et une culture suffisante pour défendre l’autonomie de chacun à la sortie du système d’éducation mis à la disposition des élèves et étudiants pour en construire des adultes capables de juger sans se déjuger, de réfléchir aux questions les plus importantes après les avoir discernées par la raison plus que par des états d’âme flous, des faiblesses et concessions trop facilement accordées à la science, sa rigueur et au progrès. Il est bon et généreux de fabriquer une jeunesse qui respecte les règles de la bienséance. Il est plus grave d’en faire des naïfs et des ignorants qui soient à l’affut de la moindre rumeur pour accorder leur crédibilité aux aberrations venues de tous les horizons pour placer leur foi dans des ondes électromagnétiques discutables, dont se protègent ou croient se protéger sous des tentes des « malades » atteints sélectivement par le « mal des ondes comme ils pourraient l’être par celui des montagnes. La foi peut renverser les montagnes quand elle construit et établit sa force sur les racines de l’énergie de chacun pour faire aboutir un projet de vie. Elle devient nocive si elle encourage tous les fantasmes, les rêves et cauchemars sans parvenir à en maitriser tous les aspects et à y dénicher les encoignures les plus obscures. Il suffit qu’un illuminé annonce comme tous les 10 ans la fin du monde pour que des meutes d’humains considérés comme intelligents et ayant reçu la grâce de l’éducation nationale ou privée se précipitent auprès de n’importe quel gourou en quête de secours, de réconfort et d’aide pour surmonter l’angoisse créée par cette information. Dans cette controverse entre liberté de penser et son éventuel écrasement par l’égalité, on retrouve à coup sur des bribes de la question soumise aux candidats de philosophie d’hier. La réponse dépendra naturellement du niveau d’éducation reçu, de sa maturité dans la réflexion et des priorités accordées à télé ou tel déni ou priorité de justice et de vertu. J’ai entendu quelque part que Lance Armstrong considéré comme piteux coureur drogué en France parce que tricheur suspect d’avoir absorbé quelque mystérieuse chimie était aux Etats-Unis traité en véritable héros qui avait par sa force, sa vertu, son courage et son caractère contribué à vaincre son cancer et à encourager des compagnons de malheur à en faire autant. Apparemment, les esprits ne sont pas bâtis de la même manière d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Cet exemple incite à ne jamais juger les faits d’une manière unilatérale mais à activer la balance capable de faire pencher les plateaux d’un côté ou de l’autre en fonction de la liberté de juger et de choisir plus que du copier et coller si facilement et gracieusement offert par des ordinateurs prompts à offrir leur aide au plus faible sinon au plus ambitieux surtout si son cout est réduit et qu’il offre la voie du « low cost » pour parvenir à ses fins qui ne sont pas constamment les plus nobles. On ne cesse chaque année à l’occasion du tour de France cycliste de fustiger les coureurs qui ont l’imprudence et le dérapage non contrôlé de recourir aux ampoules passées en fraude dans des voitures belges, lituaniennes ou ukrainiennes pour permettre à des organismes exténués de se hisser aux sommets des cols les plus redoutables. On ne les empêche pas de s’entrainer en altitude pour utiliser dans les plaines l’excédent d’hémoglobine si bien fabriquée en basse pression d’oxygène. Non plus qu’on regarde si les concurrents à Polytechnique avalent des doses excessives de stimulants pour gagner le quart de point qui leur permettra de dépasser leur concurrent, camarade et ami à l’issue de la déplorable institution du concours, devenu en France le nec plus ultra de la justice sociale.