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Fauteurs de guerre ou protecteurs de paix ?

Dormir en paix

Les puissances de l’Axe

lundi 16 août 2010, par Picospin

La raison n’en est pas claire mais le prétexte peut être bien choisi puisque ces individus, militaires, civils ou politiques ont allumé un feu qu’ensuite ils s’avérèrent incapables d’éteindre.

Brasiers

Ce fut un peu comme les brasiers qui viennent de défiler dans les plaines de la grande Russie, les uns après les autres parce que la terre était chaude, les foyers nombreux et les pompiers trop rares pour venir à bout des destructions causées en cet été de grâce 2010. La réaction des autorités fut aussi violente que les incendies qui viennent de ravager d’énormes surfaces, autrefois destinées à nourrir hommes et troupeaux et qui se sont muées en matériaux propices à alimenter moins les êtres vivants que les incendies éclatant dans les forêts, les bois, la blancheur des bouleaux et se faufilant même jusqu’aux points stratégiques comme les centrales nucléaires qui en avaient vu d’autres depuis que protons, électrons, et jusqu’aux minuscules muons s’étaient mis à danser la gigue devant une usine qui devait produire la lumière au lieu d’éteindre celle destinée à éclairer la lecture des connaissances des hommes. Le malheur serait venu de Prométhée donnant le feu aux hommes avant d’être enchainé à son pic rocheux dans la région toute proche du Caucase quand il reçut une étrange visiteuse.

Une créature éperdue

C’était une créature éperdue qui venait vers lui, escaladant gauchement falaises et varappes. Elle s’arrêta net à la vue de Prométhée et s’écria « Que vois-je ? Une forme battue des vents enchainée au rocher. Réponds à l’infortunée vagabonde qui a tant souffert au cours de son errance si longue qu’elle n’a trouvé nulle part un endroit pour la laisser ». Intriguée par la rencontre qu’elle venait de faire, mais encore plus étonnée du discours en train de s’amorcer, elle l’implora d’émettre un son qui pût la rassurer et n’obtint qu’un seul murmure qui disait à peu près ceci « Tu vois Prométhée, celui qui donna le feu aux hommes ». Elle finit par ajouter que Zeus l’avait si mal traité qu’elle en fut changée de princesse jeune et heureuse en un animal, une bête affamée qui fuit, affolée par grands bonds maladroits. Zeus agit avec peu de sagesse lorsqu’il tenta de se cacher en enveloppant la terre d’un nuage si épais et si sombre que la nuit sembla chasser le jour. C’est à ce moment précis que le souvenir revint de cette couche dense et grise, bordée de noir s’étendant sur les cimes des arbres et les noyant dans une obscurité si pâteuse et gluante qu’aucune force humaine ni aucune machine ne put l’arracher aux feuilles et aux épines de la forêt.

Plaintes

Comme le font souvent les femmes, elle se mit à se plaindre de la conduite de Prométhée qui, n’écoutant que son cœur, se mit à la consoler mais il ne put rien lui promettre avant un lointain avenir ce qui l’engagea contre mauvaise fortune, à faire bon cœur et à continuer d’errer dans encore dans des contrées dangereuses. C’est au détour d’un chemin qu’elle rencontra un notable, régulièrement élu parmi les siens et qui de ce fait ne devait rien à personne. Il se mit à invectiver ses amis politiques qui ne pouvaient se débarrasser du souvenir des fauteurs de guerre autrefois si actifs que comme Prométhée, ils mirent le feu aux poudres des Mines ce qui faillit enflammer la planète entière avec d’autant plus de rapidité que de malins génies proposèrent aux puissants gouvernants d’ajouter des engins nucléaires aux obus, mitrailleuses, orgues non pour faire la musique mais pour arracher casques, acier, visages et tuméfier les joues, briser os et squelettes plus vite et plus fort.

Charniers en chantiers

Devant les charniers construits, l’étonnement le cédait à la surprise et à l’émotion lorsque l’individu en question fit une pause pour déclarer « laissez les en paix, ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, qu’ils reposent là où ils ont été touchés et que la terre entière oublie leur destin, leurs actions et leurs discours enflammés ». Sur cette déclaration que l’on crut définitive, certains plénipotentiaires s’envolèrent pour Tokyo au Japon, pour se rendre à une réunions capitale qui devait décider de la sanction ou des hommages à décerner aux dirigeants de ce pays qui brusquement avait fait la plus élogieuse des amandes honorables, alors que le soleil se levait déjà à l’orient.