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Complexités ?

Drôles de vues sur la France

Contradictions...

samedi 22 décembre 2012, par Picospin

En même temps, dès que quelques heures de liberté se présentent à la population, celle-ci n’hésite pas à se lancer sur les routes encombrées et verglacées, souvent enneigées au prix fort d’une de combustibles trop chers ou polluants. Ces contradictions ne font que confirmer celles, déjà bien connues et plus fondamentales et viscérales entre la dépression et la relative forte natalité que connaît le pays.

Quel enthousiasme pour le ski

Il en est de même de l’enthousiasme avec lequel les habitants de ce « malheureux » pays en « chômage » se lancent sur les pistes de ski dans les stations envahies par une clientèle qui dépenserait ses derniers € pour humer l’air des hautes altitudes et préférer le manque d’oxygène à celui fourni à satiété par les gites, hôtels, villages de vacances situés en plaine. C’est assurément le moment de ressortir les écrits, de relire les textes et de s’imprégner des idées de notre philosophe moderne Edgar Morin lorsqu’il parle avec expertise de la complexité, sujet qui lui tient à cœur et qui a assis sa réputation de grand penseur original de notre siècle. Le concept qu’il a élaboré et continue de défendre dont la première formulation date de 1982 dans le livre Science avec conscience (1982)4 exprime une forme de pensée acceptant les imbrications de chaque domaine de la pensée et la transdisciplinarité. Le terme de complexité est pris au sens de son étymologie « complexus » qui signifie « ce qui est tissé ensemble » dans un enchevêtrement d’entrelacements.

Complexités

Nous en sommes au préliminaire dans la constitution d’un paradigme de complexité lui-même nécessaire à la constitution d’une paradigmatologie qui est moins la tâche individuelle d’un penseur que l’œuvre historique d’une convergence de pensées. » La paradigmatologie est « le niveau qui contrôle tous les discours qui se font sous son emprise et qui oblige les discours à obéir »1. Les sciences humaines et sociales utilisent, de plus en plus couramment, la notion de « complexité » dont la signification est loin d’être claire et donne lieu, le plus souvent, à de faux problèmes. L’importance prise par cette notion est un symptôme intéressant des changements qui affectent la connaissance scientifique de la culture et de la nature. Il est devenu vital de sauver la diversité biologique, mais aussi la démocratie, dans le respect de la pluralité y compris des idées et opinions minoritaires, voire marginales. À notre époque centrée sur l’information, la communication et la réalité virtuelle, la pensée complexe doit enseigner aussi, sans aucun doute, la critique des images.

Mouvements systémiques

Sous l’appellation de « mouvement systémique », on regroupe, en fait, un ensemble d’activités de recherche scientifique concernant la dynamique des systèmes naturels et culturels. Il existe des lois générales communes, transdisciplinaires, régissant les systèmes complexes et fortement interactifs, qu’ils soient physico-chimiques, biologiques, écologiques, économiques, sociaux, cognitifs, naturels…Ces lois sont essentiellement de nature relationnelle (ou cybernétique : interactions internes ou externes). Certaines propriétés sont de caractère « holistique », au sens où elles concernent l’ensemble du système comme entité unitaire. Certaines propriétés émergentes n’ont d’existence et de sens qu’au niveau du système comme totalité indivisible ; le degré d’autonomie dépend de la structure dans l’espace et le temps et de l’organisation logique de l’ensemble du système impliqué. Seule une raison ouverte, capable de travailler avec l’irrationnel, saura relever « le défi de la complexité ». En effet, toutes les sciences, sans exception, sont confrontées à la complexité du réel.

Objet, sujet et environnement

La nécessité de relier l’objet au sujet et à son environnement, de traiter l’objet non plus comme objet inerte et privé de forme, mais comme un système doué d’organisation, de faire dialoguer la théorie avec l’incertitude et le contradictoire oblige aujourd’hui l’homme de science à respecter la « multidimensionnalité » des êtres et des choses. Seule une connaissance qui tentera de se connaître elle-même, seule une « science avec conscience » ne sera, à ce titre, ni mutilée, ni mutilante. Les contradictions dans les opinions des Français sur leur pays apparaissent avec une vigueur et opposition si marquées qu’on finit pas se demander quel est le véritable souhait de la majorité de la population. Une telle complexité rendrait difficile, voire impossible toute confrontation électorale portant sur les solutions économiques à apporter à la crise, l’étendue des sacrifices à réaliser ou la vie familiale à promouvoir. Les Français sont râleurs et pessimistes, assure-t-on volontiers. C’est, en réalité, loin d’être évident tant la très grande majorité d’entre eux aiment leur pays, comme le démontre un récent sondage réalisé dans le cadre d’une enquête annuelle sur les grandes tendances de l’opinion publique. 92 % des personnes interrogées se disent " contentes de vivre en France ". En dépit du " déclinisme " en vogue, les deux tiers (66 %) considèrent que la France continue à jouer " un rôle majeur dans le monde ". Moins du quart des personnes interrogées (24 %) déclarent avoir " déjà sérieusement envisagé de quitter la France ".

Peu d’expatriations

Les Français tentés par l’expatriation constituent 39 % chez les moins de 35 ans, 33 % chez les ouvriers, 38 % et 39 % chez les sympathisants du Front national et de l’extrême gauche et des Verts, et jusqu’à 51 % chez les musulmans. Les motivations de ceux qui ont envisagé de quitter la France sont psychologiques (57 % " en raison de l’état d’esprit des Français "), mais surtout économiques : 51 % pour des raisons professionnelles, 36 % pour des raisons de pouvoir d’achat, 27 % à cause du chômage. Mais 3 % seulement pour des " raisons fiscales ", ce qui, il est vrai, correspond aux tranches de revenus les plus élevées. Les pays d’accueil auxquels ont songé ces expatriés putatifs, se situent en Europe (41 %, dont 8 % pour la Grande-Bretagne et la Suisse, 6 % pour l’Allemagne et 4 % pour la Belgique) et en Amérique du Nord (39 %, dont 24 % au Canada et 17 % aux États-Unis). Toutefois, si la plupart des Français aiment leur pays, il ne s’en trouve qu’une courte majorité (53 %) qui recommanderaient à des amis étrangers de venir y vivre. Cette réticence à vanter les mérites de la France est à mettre en lien avec le jugement porté sur l’état de la société française puisque 58 % se déclarent " à l’aise dans la société telle qu’elle est " contre 42 % qui sont d’avis contraire.

Situation sociale

Là encore, la situation sociale est déterminante si l’on en croit la répartition entre employés et ouvriers, 56 % des non-diplômés et 66 % des sympathisants du Front national qui ne se sentent pas à l’aise dans cette société. Ces contradictions se retrouvent au niveau des opinions affirmées par des observateurs étrangers et les institutions d’experts qui ne sont pas toutes d‘accord sur l’état actuel du pays, la puissance réelle de son armée ses capacités à redresser une situation économique critique ou à réformer les modalités pédagogiques de manière à les rendre plus compétitives avec les nations en tête des classements mondiaux établis à Shanghai et ailleurs.

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