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Le « care » de Mme Aubry

Du « Care » plutôt que de l’Egypte !!!!....

Le retour de l’acupuncure ou "primum non nocere"

mardi 28 septembre 2010, par Picospin

Si de petits gestes de préoccupation, de signifiants, d’inquiétude pour l’autre avaient complété l’annonce purement verbale et trop concise du souci, du tracas, de la sollicitude pour l’autre, le pari d’un succès dans le domaine de la relation à l’autre, - un frère, si on se contente de désigner son prochain par cette métaphore, - avaient complété l’armement nécessaire à transformer une devise abstraite en une médecine du corps moins que de l’âme, les chances de succès auraient pu emporter la conviction d’une possible amélioration dans la quête du bonheur, du bien être, du confort, de la crédibilité d’un appui solide sur les épaules des plus fragiles et vulnérables.

De la nouvelle société socialiste aux piqûres d’aiguilles

Cette chance n’a pas été accordée aux récipiendaires de ces propositions pour une nouvelle société. Celle-ci aurait pu descendre en droite ligne du modèle offert par la pratique des soins aux malades, aux souffrants, à tous ceux qui se sentent abandonnés par les soignants. Dans cette circonstance, la solitude, le désarroi, le désespoir envahissent tout le terrain déserté par des médecins effrayés par leur destinée réfléchie par l’autre, la proximité de la mort irrémédiable, de la souffrance non maitrisée, de l’ouverture vers l’inconnu. Dans la perspective de son écoute attentive, que faut-il penser d’un article récent paru hier dans le Figaro au sujet des bienfaits de l’acupuncture comme adjuvant de la lutte contre la douleur, sans que cette mode puisse être conçue comme une dérivation de l’influence des activités de la Chine dans des domaines aussi variés que les technologies, les transports, ou de nombreuses activités médicales et thérapeutiques. De plus en plus présente dans les revues scientifiques internationales, l’acupuncture suscite beaucoup d’intérêt parmi les médecins hospitaliers, obstétriciens, cancérologues, spécialistes de la douleur qui accordent un intérêt scientifique et thérapeutique de plus en plus grand à cette technique venue d’Asie depuis fort longtemps et qui a fait la preuve de son innocuité, de son faible cout, de certains résultats intéressants même si des preuves scientifiques restent encore insuffisantes pour son application plus large ou ses chances de réussite dans des domaines encore inexplorés de la science médicale, chirurgicale et plus généralement de ses modes d’intervention dans les circuits de la douleur.

Moins d’effets secondaires chez les cancéreux

Un exemple parmi d’autres d’applications potentielles : les nausées et vomissements postopératoires. « Pour ces symptômes fréquents, il a été démontré que l’acupuncture est aussi efficace que les médicaments en agissant en un seul point au niveau du poignet. C’est un traitement simple, rapide et économique, sans les effets secondaires des antinauséeux, mais avec une action antalgique et relaxante. L’acupuncture neutralise les effets secondaires de la chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie et permet d’optimiser l’efficacité de la première surtout en ce qui concerne les douleurs liées aux métastases osseuses. L’acupuncture est proposée notamment pour lutter contre les maux de dos et les troubles du sommeil de la grossesse ou pour retourner un fœtus qui se présente par le siège. Pour obtenir cette version, il suffit de stimuler un point unique au niveau du 5e orteil. Une étude contrôlée va démarrer dans dix maternités françaises pour évaluer si des séances d’acupuncture diminuent le taux de césariennes.

Un mécanisme bien connu ?

Des scientifiques américains ont montré qu’un mécanisme physiologique bien connu permettait d’expliquer les bienfaits de cette science orientale sur certaines douleurs locales. Dans un article publié en ligne dimanche dans Nature Neuroscience, on lève un voile sur le processus physiologique permettant d’expliquer par quel mécanisme l’acupuncture soulage les souris d’une douleur localisée. Ces résultats établissent un pont intéressant entre médecines orientale et occidentale. Dans le liquide prélevé dans une zone piquée d’une patte douloureuse d’un cobaye, la teneur en adénosine, antalgique sécrété par certaines cellules, était 24 fois plus élevée qu’avant l’initiation de l’acupuncture et correspondait à une nette régression de la sensation de douleur accusée par l’animal. Sur des souris génétiquement incapables d’utiliser l’adénosine car elles sont dépourvues du gène qui assure la synthèse des récepteurs indispensables à l’action antalgique de la molécule.

Effets des combinaisons entre Chine et occident

Les séances d’acupuncture n’ont alors eu aucun effet sur elles et après injection d’adénosine directement dans la patte de la souris, des résultats similaires à ceux observés après traitement par acupuncture ont été obtenus. Quand on ralentit la disparition de l’adénosine par un médicament utilisé pour le traitement de la leucémie, les effets positifs de l’acupuncture sont nettement prolongés. La collaboration entre médecine occidentale et asiatique potentialise les effets d’un traitement combiné et écarte du même coup la vieille croyance en un effet placebo pour expliquer les succès de l’acupuncture. Reste à se demander pourquoi on ne fait pas appel plus souvent et plus directement au produit actif dans ces combinaisons thérapeutiques, l’adénosine ?

Vey T. Un mystère de l’acupuncture expliqué par la science. Le Figaro, 01.06.2010
Cabut S. Douleur : le renouveau de l’acupuncture. Le Figaro, 27.09.2010

Questionnement éthique :

1. Est-ce que les améliorations "miraculeuses" obtenues par l’acupuncture sont dues seulement à un effet placebo ou est-ce que cette technique est dotée d’un mécanisme d’action propre encore insuffisamment éclairci ?

2. Pourquoi sommes-nous persuadés que le pain ne nous empoisonnera pas aujourd’hui et qu’un nombre quelconque de cas déjà survenus conformes à une loi, si grand soit-il, constitue une preuve que la loi s’appliquera à l’avenir ?

3. Quelle est la réalité, la véracité, la valeur de l’appel d’un individu qui se déclare malade par jugement comparatif porté sur son histoire propre... même si un animal exprime les mêmes maux ?

4. Que penser de la proposition de Wittgenstein lorsqu’il écrit que "le sens d’une proposition, c’est sa méthode de vérification et "un énoncé n’a de sens cognitif sur s’il est vérifiable" Est-ce le cas dans les expériences conduites dans cet article ?