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Un fameux tennisman

Du Tennis à la Loi

Un grand Procureur Général

dimanche 29 août 2010, par Picospin

Un courrier du 11 août de l’ancienne ministre de l’Environnement et avocate Corinne Lepage (Cap21) est « à l’origine de ce nouveau front judiciaire ». « J’estime, au regard de la Constitution, que le procureur Nadal a le droit d’actionner la Cour de justice. Je lui ai demandé de le faire, quitte à ce qu’à l’arrivée, elle lave M. Woerth de tout soupçon », explique la députée européenne. Créée en 1993, la CJR est une juridiction d’exception qui juge les crimes et délits commis par les membres du gouvernement « dans l’exercice de leurs fonctions ».

Un curieux homonyme

Nadal, réputé indépendant, a réclamé « la communication de tous les éléments du dossier pénal susceptibles de concerner une éventuelle prise illégale d’intérêt ou un délit de favoritisme » au procureur général de Versailles, supérieur hiérarchique du procureur Philippe Courroye à Nanterre, où est traité le tentaculaire dossier Bettencourt. Il aurait également réclamé « une copie du rapport de l’inspection générale des Finances » à l’actuel ministre du Budget. Selon ce rapport, Éric Woerth ne serait pas intervenu dans le dossier Bettencourt lorsqu’il était ministre du Budget. L’entourage de cet homonyme du Numéro un Mondial de tennis indique attendre d’avoir évalué « la pertinence des documents » avant de voir « s’il y a lieu de saisir la commissions des requêtes ». Interrogée sur la base qui permettrait au procureur général de saisir la Cour de justice, Corinne Lepage a expliqué avoir « visé les deux infractions supposées reprochées à M. Woerth » lorsqu’il était ministre du Budget : « son intervention éventuelle en matière fiscale pour un contribuable employeur de son épouse et aussi la vente des terrains de l’Oise ».

Un juriste de poids

Quand on parle de Nadal, peu nombreux sont ceux qui font référence à un juriste de haut niveau et aussi rares sont ceux qui ont des relations et des connaissances suffisamment approfondies pour confondre un puissant manieur de raquette avec un escrimeur de la loi et des règlements qui n’attend que le moment choisi pour dégainer, crier « en garde » et faire sauter l’épée du poignet de son adversaire. Désormais, il y aura deux Nadal à craindre lorsque, pour une raison ou une autre, on se trouvera face à l’escrimeur réputé, expert dans l’art de l’acrobatie avec la législation et celui qui depuis des années, décoche du fond du court, des coups à assommer un bœuf sinon plusieurs avant que lui-même ne devienne la victime d’accidents musculaires ou articulaires en conséquence de la force déployée pour mettre l’adversaire à terre. Peu y ont résisté et peut-être encore moins les puristes au style le plus classique qui ont l’habitude de décocher les balles les plus tourmentées pour surprendre au dernier instant la vigilance des joueurs les plus concentrés. Un phénomène aussi calme, placide souple et vigoureux comme le Suisse Federer n’y a pas résisté malgré la durée déjà longue de sa carrière et l’exceptionnelle qualité de son palmarès.

Conclusion provisoire

Que peuvent faire les deux Nadal réunis, l’Helvète bondissant et le perspicace et rusé Procureur général, tous deux à l’affut d’une infraction, d’une balle trop liftée ou une de celles qui s’accrochent à peine au rebord du filet pour tomber toujours du mauvais côté. Woody Allen avait bien observé cette trajectoire vicieuse, imprévisible, souvent injuste et inattendue. C’était en effet le « Match point » qui conclue une partie sans nécessairement en désigner le vainqueur moral qui n’a pas besoin de cet honneur pour monter au classement de l’ATP. Faut-il alors appeler au secours ou à la rescousse le juriste malin capable de mettre en exergue à tout moment le psychisme défaillant, l’insomnie de la nuit, le début d’un « tennis elbow » qui fait jouer déjà « petit bras » avant que l’autre ait mis un genou à terre, de préférence sur gazon gris et vert à l’automne, plus doux de couleur ou terre battue qui encrasse de rouge brique les vêtements virginaux des héros, tout fraichement sortis des mythes et légendes à l’exemple du géant Hercule auquel on ne trouva personne à opposer que Thésée.

Où est passé le Minotaure ?

Souvenez-vous que ce dernier était en train de poursuivre un malheureux taureau qui ne demandait rien à personne quand, soudain, il se mit à sauter la barrière qui séparait gradins et centre de l’arène. Au lieu du Minotaure, il partit à la poursuite des malheureux témoins de la scène, désarçonnés par cette incursion inhabituelle dans un espace habituellement réservé aux spectateurs et aficionados. Cette diversion rendit service à la population en détournant l’attention des combattants qui tenaient toujours à en découdre.