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La loi, la raison, le sentiment...ou

Du consentement

...le désir ?

lundi 23 mai 2011, par Picospin

Avant le déroulement du procès, il est impossible de savoir ce qui s’est réellement passé. Dans le droit américain, le début de l’affaire juridique se manifeste essentiellement par une véritable ruée sur le présumé coupable qui doit attendre un certains temps et disposer d’impressionnantes sommes d’argent avant de pouvoir se défendre.

Violence

Dans une affaire de violence faite à une femme pour exiger d’elle une relation sexuelle, la marge est étroite entre le consentement, l’acquiescement et la contrainte. Toutes ces conduites ne reposent que sur la parole des deux partenaires et éventuellement des signes qui corroborent l’une ou l’autre position des deux protagonistes. L’origine du débat sur le consentement repose sur les observations recueillies dans les camps de concentration nazis où les médecins et expérimentateurs allemands ont profité de leur domination totale sur les déportés pour les soumettre à des expérimentations médicales dont le but officiel serait l’obtention de renseignement permettant de mieux soigner les malades au bout de manoeuvres thérapeutiques ou supposées telles dont les conclusions pourraient servir de base à l’amélioration des moyens thérapeutiques destinées à des patients présentant les mêmes signes et symptômes que les sujets d’expérimentation.

Nuremberg

Le procès de Nuremberg a révélé au monde les détails de ces expériences conduites sur des déportés chez lesquels aucun consentement n’avait été recueilli avant les actes de violence perpétrés chez eux sous prétexte d’avancée scientifique. Depuis cette époque, une prise de conscience s’est installée chez les chercheurs, savants et scientifiques sur les limites des actes que l’on était autorisé à imposer chez les cobayes humains tels que ceux qui avaient servi à alimenter la recherche scientifique nazie dans les camps de concentration et de la mort. Cette nouvelle considération envers la pratique systématique du recueil du consentement, autrement de l’accord donné au sujet d’expérimentation à son « chercheur » a conduit à la mise en oeuvre de formules de consentement « libre et éclairé » de la part du patient ou du volontaire sain qui accepte en dehors de toute pression morale ou physique de subir les actes considérés comme indispensable à la recherche scientifique et à ses progrès.

Libre et éclairé

Libre signifie dans ces conditions qu’aucune pression n’est exercée sur le sujet de l’expérimentation avant le début des actes. Ceux-ci doivent être décrits avec toute la précision nécessaire et rédigés dans un style simple, clair et compréhensible par tous avant que le sujet d’expérience ne livre son accord aux termes de ou des expériences. Le consentement ne peut jamais réduit à une décision initiale de la liberté qui cèderait ensuite la pas à un déterminisme implacable mais il doit accompagner l’expérimentation jusqu’à son terme. Ce qui signifie en pratique que le volontaire peut retirer à tout moment son accord en cours d’expérimentation. Le consentement est le seul moyen de surmonter l’aliénation du corps en faisant intervenir une dimension supérieure. Il s’agit moins ici d’un consentement juridique requis par les lois et les codes en vigueur que du consentement éthique qui, d’un autre ordre, s’appuierait sur un impératif ontologique de l’humanité en tant qu’humanité.

Des limites

L’expérimentation sur corps humain est inscrite entre la limite de l’expérimentateur, du requérant pour lequel on doit se demander jusqu’où il a le droit moral de demander un consentement et du volontaire au sujet duquel on se doit de demander jusqu’à quel point il a le droit de consentir à la réduction de son corps à un matériau expérimental. Il est évident que le situation est différente pour le malade, atteint d’une maladie grave, sinon mortelle qui n’est plus en situation de choix lorsque la menace de l’approche de la mort, de la souffrance, devient si prégnante que toute liberté luis est confisquée devant la parole pressante de l’‘équipe soignante qui risque de le menacer de la survenue des fléaux les plus sévères s’il ne suit pas les choix qui lui sont plus imposés que proposés. Qu’en est-il de la situation du viol ou d’exigences d’ordre sexuel où la partie se joue entre un désir et un refus avec entre ces deux extrêmes tous les intermédiaires à imaginer entre ambigüité, indécision, ambivalence des sentiments et intervention d’incitations prélevées à tous les niveaux de la vie sociale, morale, rationnelle et affective.