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Médecine

Euthanasie : quels réglements ?
Du nouveau à l’ouest de l’euthanasie
Beaucoup de propoistions, peu de solutions

Article rédigé par Picospin le mercredi 3 décembre 2008

Cette série de commentaires et d’articles dans la presse, de rapports sur les dits et les non dits d’un tel ou d’un autre, se comporte comme des brindilles incandescentes toujours réactivées à l’occasion de tout vent nouveau. On sait ce que ce phénomène entraine dans les forêts de l’Estérel, en Provence, en Corse ou sur la Côte d’Azur.



Un coup de mistral

Au moindre coup de mistral, tout s’embrase au point de devoir allumer en urgence des contre feux qui permettent de pratiquer la stratégie de la terre brûlée comme l’avaient réalisé les Russes à l’arrivée des allemands lors de leur avance rapide dans les plaines d’Ukraine. On reparle sans cesse de cet observatoire de la mort comme si son existence même devait résoudre tous les problèmes et apporter à un pays appauvri et exsangue les moyens d’endormir dans la féérie les patients en fin de vie auxquels incombera la tâche tragique de traverser les paysages des ténèbres dont la perspective effraie la plupart. Chacun apporte son grain de sel à ce moulin dont on ne sait ce qu’il doit moudre, des restes de celui qui aura vécu ou de ceux ou celles dont on ne trouvera plus que les cendres. Certains veulent encore proposer des lois comme si celles qui sont en vigueur ne suffisaient pas à satisfaire les vivants, d’autres estiment que l’euthanasie doit rester une transgression de la loi pour la prémunir de la tentation d’en tirer une réglementation applicable toujours et à tous, d’autres enfin estiment que légiférer est une maladie française qui n’apporte que rarement des solutions aux véritables problèmes de société. Cette opinion s’exprime au travers d’un commentaire pertinent publié dans les commentaires de « Libération » : « Cette manie des pouvoirs politiques de légiférer sur tout m’horripile. Si je me retrouve en phase finale d’un cancer j’exige d’avoir le choix entre une agonie douloureuse et une fin sans souffrance. C’est mon choix et je ne reconnais à personne le droit de m’imposer sa morale ou ses convictions… ». Certains évoquent aussi la perspective des directives anticipées qui rassurent plus l’entourage que l’éventuel mourant que pourrait être le patient arrivé au terme de son parcours.

Directives anticipées

Tout le monde sait que des directives ainsi couchées sur le papier sont modifiables à merci non par des témoins mais par le sujet lui-même dont l’avis sur sa condition psychique, affective, morale et physique est susceptible de changer d’une minute à l’autre selon les conditions de l’environnement structurel ou humain, des échanges avec le milieu extérieur et de ce qu’on appelle tout simplement l’humeur qui dépend largement des sécrétions hormonales, d’une main qui se tend, d’une réussite qu’on attend ou d’une déception que l’on subit. De même est-on en droit de se demander ce qu’on entend par « médecin référent en soins palliatifs » comme si l’on devait faire escorter le mourant par un garde du corps qui dans la perspective du législateur propose et prévoit que « dans le même ordre d’idées, la mission propose dans chaque département la création d’un « médecin réfèrent en soins palliatifs ». Il pourrait être saisi et donner des avis à des équipes devant des situations cliniques trop lourdes. » En réalité cette fonction a déjà été créée dans ce que l’on appelle les équipes mobiles de soins palliatifs dont la fonction est de répondre aux appels des services hospitaliers qui auraient besoin de conseils spécifiques dans des cas difficiles de soins palliatifs, de contrôle de la douleur, de débordements de la souffrance. En ce cas, ces équipes interviennent sur un terrain difficile, parfois compétitif sinon conflictuel avec les services d’accueil du malade grave. Toute l’efficacité de cette conjonction thérapeutique dépend alors du mode de relations entre l’équipe invitante et l’équipe invitée pour éviter tout heurt possiblement du à la prise en compte ou au ressenti de conflits engendrés par une compétition imaginaire ou une atteinte à la dignité professionnelle. On ne saurait masquer les difficultés de ces tâches relationnelles. Du moins ce système mis à l’épreuve a-t-il l’avantage de fonctionner, d’être le moins couteux et d’éviter des hospitalisations intempestives sinon inutiles ou contreproductives.

Questionnement éthique :

1. Est-il crucial de légiférer dans une situation aussi délicate que celle des conditions du mourir ?

2. Est-ce que légiférer n’est pas une réponse à l’angoisse des soignants, des "éthiciens", même s’ils n’ont qu’une existence virtuelle ? autrement dit :

3. Est-ce que s’abriter derrière la loi n’est pas une protection contre ses propres problèmes, l’anticipation de sa propre disparition ?

4. Est-il plausible d’admettre que moins il y a de lois, plus les individus qui participent aux soins des malades graves peuvent jouir de leur autonomie, de l’autonomie de leur propre jugement, de leurs décisions sans référence à une règlementation sur laquelle ils seraient enclins se décharger de leurs responsabilités ?




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