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Avec quels risques ?

Echec au terrorisme ?

Dans quelles conditions ?

jeudi 22 mars 2012, par Picospin

Quelle est la vérité concernant l’assassin des soldats de Montauban et des enfants de l’école de Toulouse ? Les versions du passé du suspect numéro Un sont contradictoires même si elles se recoupent sur certains points définis par son attirance par uns islamisme de combat qui exige qu’on se dévoue pour lui, qu’on s’instruise pour lui, éventuellement qu’on meure pour lui jusqu’à aller au martyre.

Le tableau s’embrouille dans la mesure où la responsabilité de la chasse à l’homme inaugurée après les meurtres condamnés per toutes les forces vives de la nation, rassemblées autour du Président de la République et de son Ministre de l’Intérieur qui a pris seul la charge de l’enquête comptent un effectif réduit pour accomplir les tâches ardues de fouiller dans le passé du présumé coupable, d’organiser les procédures d’arrestation, de négociation avec le reclus et de sa capture à l’état vivant plus que mort. Est-ce qu’une responsabilité et une action aussi délicate et riche en besoin de connaissances en criminologie peut être confiée à une cellule si restreinte même si elle est libre de prendre conseils et instructions techniques auprès de spécialistes divers, experts en psychologie, en psychiatrie et en négociations avec des criminels potentiels retranchés dans des camps d’accès difficile. Ces qualités sont mises à rude épreuve pour déceler la vérité, décrypter des messages et comprendre le sens des comportements. Pour entrer dans les différents domaines de la vérité, il convient de posséder les clefs capables d’ouvrir les critères de l’adéquation de nos énoncés au réel et de la cohérence du discours au réel. Ce dernier n’est pas toujours lisible au prime abord. Le premier écueil dans la recherche de la vérité réside dans le dogmatisme qui consiste à estimer que ce que l’on croit est vrai au point de ne pas envisager d’en douter. Cette incapacité à douter conduit à ne pas pouvoir remettre en cause les certitudes acquises et paralyse la recherche de nouvelles vérités après avoir tenté d’ébranler les certitudes trop peu inquiètes d’elles-mêmes pour les rendre problématiques. L’autre difficulté réside dans une mise en avant équilibrée de la tendance au scepticisme qui séduit par sa tolérance. Faut-il dès lors résorber la question de la vérité dans celle de l’utilité quitte à basculer dans le pragmatisme ? Faut-il se résoudre à accepter l’immatérialisme aussi bien désigné par le terme d’idéalisme matériel, position pour laquelle la matière serait plus une idée qu’une réalité dans laquelle l’objet devient une dimension, voire une production ou une projection de la subjectivité se posant sous forme illusoire d’une extériorité. Dans cette hypothèse le risque est grand de voir le sujet se débarrasser du monde pour rester seul avec lui-même pour jouir de la représentation de ce dernier. Tous ces risques et ces dangers jouent les premiers rôles dans le débat sur les jugements concernant le terrorisme, les terroristes et leurs motivations. Pour les plus convaincus de la justification, s’il en est une, du terrorisme se trouve non dans la rupture de la communication et de la discussion à la suite de la distorsion du modèle communicatif produite par les ratées de la mondialisation. Devant le développement des terrorismes, l’occident reste bouche bée, comme sidéré par l’ambiguïté qui se forme devant lui et affaibli par une maladie auto-immune qui sème la panique dans son propre camp, transgresse les principes démocratiques qui forgèrent son identité et outrepasse les principes d’ingérence et porte atteinte aux libertés individuelles par une législation qui les restreint. En même temps, la nation impliquée dans une défense impossible contre les méthodes de combat et les exactions commises par les forces terroristes réplique par l’emploi des mêmes méthodes, corrompant du même coup les mœurs de son propre camps et affaiblissant sa puissance par le délabrement interne subi à son insu. C’est un cancer d’une extrême malignité qui ronge les pays atteints de ce mal ou devant s’armer pour réagir contre lui ce qui à terme risque de conduire à un échec cinglant du droit face à la terreur.