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Du gaz naturel à la pollution

Economies (de bouts de chandelles) ?

Orgueil et préjudice ?

jeudi 2 avril 2009, par Picospin

Que contenaient-ils ? Pas vraiment un scoop comme ceux que l’on a l’habitude de découvrir dans son journal du matin après une nuit de beaux rêves ou plus simplement de réflexion sur les malheurs du monde et la façon d’y remédier.

Banalités ?

Surtout une information banale mais agréable à entendre car elle autorisait quelque espoir au sujet des économies qu’on allait pouvoir réaliser bientôt, d’ici quelques mois en économisant une proportion non négligeable du budget qui devait atterrir sur les comptes des compagnies de gaz puisqu’enfin, après des jours et de nuits de tergiversations, il avait été décidé d’un front commun de réduire la facture de ce moyen de chauffage pour les uns, de fabrication culinaire de l’autre. Les plus malins, ceux qui prévoient les évènements avant de les subir, avaient bien vu que cette diminution significative sans être spectaculaire intervenait un peu tard dans cette saison, après la fin de l’hiver et le début du printemps puis de l’été, au moment où les températures devaient s’élever ce qui permettait en toute logique de diminuer l’intensité du chauffage et par là même d’éteindre les chaudières. Au moment où ces économies sont en voie d’être réalisées, libérant de ce fait d’un seul coup une partie du budget global des familles pour un autre usage, on apprenait aussi non sans une certaine satisfaction sinon une joie peu dissimulée que la vente des automobiles neuves de petite cylindrée et de fabrication française avait augment de près de 10% par rapport à l’année dernière ce qui rendit hilares consommateurs et fabricants d’autant plus que la rivalité et la concurrence avaient plongé l’industrie automobile américaine, fleuron de la réussite commerciale et technologique de ce pays « ami » dans un marasme qui côtoyait le faillite et le dépôt de bilan.

Problèmes d’éthique

Ces deux évènements mis en parallèle par les hasards de l’actualité posent ensemble de véritables problèmes d’éthique dont la formulation peut tenir en deux ou trois questions.

1.Pourquoi les autorités ont-elles révélé aussi tardivement les baisses concernant la distribution du gaz, à un moment où sa consommation allait baisser à moins d’admettre que les perturbations climatiques allaient bouleverser l’ordre et la chronologie des saisons et nous faire prendre des vessies pour des lanternes et inversement ?

2. Est-ce que l’annonce d’une baisse spectaculaire des carburants et produits assimilés doit rester secrète aussi longtemps et empêcher les habitants de planifier leurs économies pour mieux équilibrer leur budget à un moment où la situation économique est particulièrement défavorable ?

3.Est-ce que cette stratégie de l’information est honnête, claire, transparente vis à vis d’une population aux abois, enfermée dans l’angoisse, dans l’attente du lendemain et de celle de jours meilleurs à venir ?

4.Cacher ce retard d’application peut-il être assimilé à une tromperie, une vérité à moitié révélée et un manque de confiance dans le peuple qu’on est censé gouverner, aider et protéger plus que presser d’impôts, de prélèvements, de redevances et taxations qui tous contribuent à réduire son niveau de vie ?

5.Allumer le chauffage en été devient dans ces conditions un geste aberrant, ridicule, absurde et contreproductif. Est-ce une façon de flatter la dignité des citoyens qui ont besoin pendant les temps difficiles de retrouver leur honneur perdu, leur estime de soi, leur rôle dans la cité et leurs responsabilités ?

Voitures

La situation est plus complexe pour le redémarrage de la vente d’automobiles dont l’activité peut flatter l’orgueil national mais en revanche s’inscrit en totale oppositions avec les recommandations adressées au peuple par tous les protecteurs de la nature et de l’homme qui ne cessent de dissuader les citoyens de polluer, et de les encourager à se priver de voiture, à utiliser des moyens de transport collectifs et non polluants. Dans cette interrogation, que doit faire le citoyen patriote, pris dans l’engrenage délicat entre respect de la nature et de la planète, obéissance aux savants et aux politiques de l’écologie et conservation d’un certain degré de confort au plus juste prix à payer pour une pollution minimale et la restauration du génie national ? Est-on si certain que les fonds économisés ici seront convertis en investissements de recherche en vue d’obtenir l’innovation, la voiture électrique, la transformation de la société et la marche pour un monde plus propre, plus sain, moralement et physiquement où on ne verra plus arriver au-dessus de nos têtes les parachutistes bariolés d’or, de bleu, blanc et rouge, sinon de rubans de la Légion d’honneur ?

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