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Editorial : les riches moissons

Editorial

Article rédigé par Picospin le mardi 25 mai 2010

Dès lors, puisque les conditions de travail sont si pénibles dans ce pays, pourquoi ne pas envisager de négocier une véritable libération de toutes les contraintes et inconvénients subis pendant toute la durée de l’activité professionnelle ?



Qu’il suffise de renverser la vapeur pour reprendre le souffle de la vie, retrouver le sourire des nourrissons et dire un bonjour au renouveau, à l’arrivée d’un printemps remplissant d’espoir et de joie les coeurs les plus meurtris. Regardez avec quel plaisir, quel bonheur, quelle joie, des vieux encore pleins de vie se reconvertissent à des tâches qui aident les autres, les humains comme les animaux parfois si malheureux du traitement douloureux des humains et qu’il faut protéger, choyer, alimenter et embrasser pour leur faire sentir l’attachement de leurs protecteurs et la réciprocité de l’affection. Regardez avec quelle attendrissement les retraités si malheureux parfois, créent, fabriquent des objets, peignent ce qu’ile écrivent et écrivent ce qu’ils peignent. C’est cela la véritable vie, débarrassée des contingences matérielles et morales qui encombrent les esprits, figent les corps, interdisent l’épanouissement et freinent les transmission du savoir. Pourquoi ne peuvent-ils réserver les précieuses heures de la vie à enrichir de savoir, d’expérience, d’astuces patiemment apprises les cerveaux à organiser puis à remplir des plus jeunes qui acceptent avec tant de plaisir qu’on veuille bien s’occuper d’eux. Pourquoi faut-il qu’il y ait des frontières aussi infranchissables entre les uns et les autres, des catégories aussi fermées pendant que la porosité des esprits demeure le garant le plus fidèle du contenu de l’aventure de la vie chez l’autre ? Une expérience à tenter, des aventures à vivre, des revendications à déposer pour que la vie s’épanouisse sans attendre que vienne l’échéance de la fin du travail ou du début de la paresse, dérive obligatoire mais combien facile à éviter pour peu qu’on ait esquissé un plan, proposé un projet et vécu librement en donnant priorité à l’intérêt pour les autres, à l’attention pour les démunis et les vulnérables. Quelqu’un en politique a osé appeler cette préoccupation d’un mot anglais déjà détesté parce qu’anglais, le "care" ce souci du prochain. Ce n’est peut-être pas une politique, du moins est-ce une pensée, un geste, un rapprochement capables de rendre les équilibres plus justes et la souffrance plus douce.




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