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Tromperie, tricherie, rumeur

Editorial : des OGM à Hiroshima

Les victoires de l’obscurantisme

mercredi 14 mai 2008, par Picospin

Cette restriction relative n’empêche pas de les analyser ni de les commenter. Nouvelle pour les uns peut signifier catastrophe ou désastre pour les autres. L’augmentation des produits pétroliers n’est un inconvénient que dans la mesure où l’acheminement des marchandises ou des produits alimentaires est ralentie ou interrompue, cas auquel on peut se trouver renvoyé à un problème de famine à la résolution duquel il faudra bien recourir aux services des grands organismes d’aide mondiale, sinon à titre personnel à M. Kouchner, gardien jaloux des aides en tous genres, autrefois symbolisés par le portage de sacs de riz aux populations affamées.

Conséquences d’un vote

Le vote négatif, hier soir en France, sur les OGM n’est sans doute qu’un épiphénomène de courte durée. Il n’en est pas moins significatif d’une atmosphère générale mais plus particulière dans ce pays au sujet des réactions des habitants de ce pays à l’alimentation par des produits provenant des OGM. Quand un chien se met à aboyer à une ombre, dix mille chiens en font une réalité. La réaction de la population en France vis-à-vis des OGM tient plus de la rumeur que de la science ou de la rigueur. C’est une déclaration destinée à être crue et qui se rapporte à l’actualité et se répand sans vérification officielle. Cet acte n’est pas neutre : il a un rapport avec l’autorité et peut traduire un certain degré d’instabilité sociale. Il répond à un cycle « rumoral » comme on peut en déceler le timing lors du montage d’une OPA ou des comportements psychologiques des investisseurs qui s’appuient souvent sur les cycles lunaires ou l’effet du soleil pour prendre leurs décisions. Les grandes familles de rumeurs s’adressent surtout aux alertes sanitaires, aux techno peurs, aux peurs de la nature, à la rumeur politique comme la théorie du complot, les rôles de l’argent, de la santé, de l’immigration ou de l’invasion du territoire. Leur origine est double : l’une prend naissance dans l’actualité, l’autre dans les thématiques récurrentes dérivées des peurs et angoisses les plus primitives contribuant ainsi à l’élaboration et à la représentation d’une mémoire collective.

Conditions d’une rumeur

Pour qu’une rumeur fonctionne, elle doit éveiller un écho dans l’imaginaire du groupe. En l’occurrence, ce que Maman donne à manger est bon parce que c’est elle qui le donne à son fils ou à sa fille chérie. Elle l’a choisi parmi mille denrées et ne s’est pas laissée imposer un produit qui a été modifié, fabriqué industriellement à l’aide d’une manipulation provenant d’un établissement étranger, fut-il américain. Au fait, pour quelle raison ne profite-t-on pas du vote de la loi sur les OMG pour expliquer, en guise d’éducation civique ce que signifie commission paritaire mixte, expression dont personne n’a parlé. Peut-être y avait-il un certain défaut de connaissance dans ce domaine de la part de ceux qui devaient l’enseigner ? Pendant ce temps, le gouvernement birman continue d’enfermer le pays dans ses frontières, prônant l’hermétisme plutôt que l’ouverture et laissant à la Chine l’initiative d’une propagande libérale au sein d’un régime dictatorial pour permettre à ses produits d’être mieux exportés et à sa flamme olympique d’être accueillie, sinon vénérée comme la lumière du monde. D’autant plus qu’il s’agit d’éclairer le sport, carrefour de tous les enthousiasmes et de tous les appétits.

Obscurité et transparence

La transparence devient obscurité quand elle revendique son statut au travers de mécanismes multiples, difficiles à démonter et traversant le temps et l’espace plus lentement que ne l’a fait le champignon de la bombe d’Hiroshima. Le souvenir de cette tragédie ne méritait pas le traitement que lui a infligé la documentation erronée sur les cadavres entassés dans cette ville martyre, parvenue jusqu’à nous par le truchement d’obscures agences photographiques, d’historiens incertains, d’indescriptibles manipulations, de journalistes sans scrupules. On a ainsi monté de toutes pièces une tricherie sur la validité de documents photographiques concernant la description des effets d’une bombe atomique inaugurale. Quel résultat peut-on attendre de cette atteinte à la confiance de l’homme en ses informateurs ? Rien d’autre que la défiance envers tout ce qui est décrit ou montré et qui conduit tout droit au soupçon d’inauthenticité, et de là naturellement, à toute vitesse vers le négationnisme dont on ne connaît que trop l’usage déviant qui en a été fait dans le passé à propos des évènements les mieux documentés, les témoignages les plus tragiques, les réflexions les plus objectives et les plus scientifiques même si elles se sont déroulées dans un contexte fortement émotionnel.