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Quel enseignement pour les filles ?

Education de princesse plus que de prince

Qui est contre ?

samedi 14 juillet 2012, par Picospin

Quels critères utiliser pour mesurer le nombre des accès à l’école. Même dans les économies émergentes, il y a des inégalités économiques, comme le montre l’exemple du Tchad où l’on voit plus particulièrement la corrélation entre analphabétisme et misère.

Un cadre adapté ?

Toutes ces mesures ont été élaborées dans le « Cadre d’action de Dakar », en vue de l’éducation et de l’autonomisation des femmes. L’enseignement primaire est important car c’est là que se fait l’apprentissage de base. Les taux les plus faibles sont enregistrés dans les pays pauvres, baisse de 37% en 10 ans. Des progrès substantiels ont été observés en Inde où le nombre d’analphabètes a été divisé par 5, grâce aux subsides du FMI. Dans les Etats arabes ce taux est tombé de 20 à 14%. En Afrique subsaharienne la division a été enregistrée par deux, grâce surtout aux suppressions des frais de scolarité. Ces nombres pourraient encore augmenter si le mouvement enclenché actuellement se poursuivait et si d’autres causes ne venaient s’ajouter à celles déjà citées de la misère, de la pauvreté, de l’obligation pour les enfants de participer ou de prendre en charge les travaux nécessaires au maintien de l’alimentation des parents et d’eux-mêmes, raison pour lesquelles les enfants sont détournés de l’école pour des raisons de nécessité de travail ce qui les empêche de terminer un cycle d’études complet.

Mauvais climat ?

A ces conditions défavorables s’ajoute la crise économique actuelle, depuis 2009, où on assiste à une réduction des budgets des dépenses de l’état, et des conflits, avec des pays touchés par la guerre, où s’installent l’insécurité, les violences, les enfants soldats enrôlés de force. Toutes ces circonstances imposent la reconstruction du système scolaire, la suppression de la discrimination entre garçons et filles, qui prennent en charge les tâches domestiques, sont impliquées dans les mariages précoces et forcés, alors que la parité est de plus en plus nécessaire entre filles et garçons. L’Asie du sud-est a fait des progrès de même que l’Afghanistan où des progrès ont été accomplis, malgré la persistance de disparités grandes. Les Etats arabes ont fait peu de progrès, en Afghanistan, augmentation. Partout on a montré que les femmes qui ont accès à l’éducation deviennent des leviers, dans un cercle vertueux, pour assurer une augmentation de la scolarisation ce qui est également le cas de la couverture vaccinale, pour freiner la transmission du VIH.

Pourquoi attaquer les filles ?

Les attaques contre les écoles de filles par les talibans, loin de cesser, se renforcent. La bibliographie comporte chez Payot, par Edgar Morin, l’ « Éducation du futur », par Marc Ferro, « l’éducation du futur », où l’on insiste sur la nécessité d’assurer une qualité suffisante pour l’alimentation, une éducation appropriée des enfants, dont le niveau dépend en grande partie, sinon entièrement, du degré d’instruction de la mère, raisons pour lesquelles les écoles sont des cibles pour tous ceux qui souhaitent détruire les modes et la qualité de l’instruction plus pour les filles que pour les garçons. Edgar Morin est penché sur la complexité depuis près de 40 ans. Ses recherches posent les bases d’une nouvelle connaissance du monde et aussi de notre façon d’agir. Quand notre voiture tombe en panne nous n’allons pas chez le maréchal-ferrand pour la réparation... Mais dans la vie de tous les jours nos solutions aux problèmes qui se posent sont proches de ce constat : nous pensons avec des méthodes du Moyen Age pour y voir plus clair et agir dans la complexité. Edgar Morin n’est pas forcément toujours accessible (Cf. La Méthode) mais cet ouvrage est éblouissant de clarté ce qui est la marque des grands.

Complexité ?

Il rend accessible les bases de la complexité. Cet ouvrage est une remarquable introduction et synthèse non réductrice de la « Méthode ». Chaque pédagogue devrait s’inspirer de ces réflexions. Hélas, si la pensée de Morin est étudiée, développée et utilisée dans le monde, elle ne l’est pas en France... Dommage car cet ouvrage permettrait d’y voir plus clair dans le flou ou l’inintelligible qui nous entoure trop souvent et nous asphyxie. Un texte remarquable et exceptionnel sur l’éducation des générations futures, en prenant en compte toute la dimension globale de notre environnement. Enfin apparaît une vision qui ne diabolise pas la globalisation ou la mondialisation mais qui en tire les meilleurs profits : élever l’homme dans sa condition avec pour corollaire naturel une vie sociétale plus équilibrée.

Un texte clair

Le texte est clair, se lit rapidement et reste bien rythmé dans l’organisation de ses chapitres et des idées qui y sont véhiculées. Il faut néanmoins avouer qu’appliquer ne serait-ce que 10% des préconisations prendrait des générations entières pour être achevé et surtout une coordination interculturelle entre tous les pays, sans doute utopique et impossible à mettre en oeuvre si l’on se fie au principe des différences naturelles de culture.

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