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Dans le plaisir et la joie

Education en Finlande

Liberté et absence de contraintes dans un décor plein de couleurs et de musique

mardi 10 février 2009, par Picospin

La raison de cet intérêt réside dans le succès que rencontre ce type d’apprentissage et de transmission de la culture dans une ambiance joyeuse, enthousiaste, cossue, confortable, qui écarte du décor tout sentiment de contrainte, d’enfermement, d’obligation, pour au contraire libérer les élèves et tout faire pour leur épanouissement.

Une nouvelle passion

Les raisons de cette nouvelle passion pour les méthodes éducatives d’un pays grand par ses dimensions, mais petit par sa démographie, son nombre d’habitants et la faible densité de la répartition de ses habitants tient au succès de plus en plus connu et reconnu de son système d’apprentissage dont l’objectif principal est de ne laisser personne au bord de la route et de corriger instantanément les échecs répertoriés pour ne jamais permettre à un enfant de se considérer en situation de défaite, de ratage, sinon de naufrage. Pour parvenir à ce résultat, les pédagogues finlandais insistent sur la nécessité de mobiliser deux enseignants ou éducateurs par classe pour que le second puisse immédiatement venir au secours du premier afin de réparer les éventuels dégâts qui auraient pu être commis par insuffisance de résultats, enseignement incomplet, défaut de compréhension de l’élève ce qui aboutirait rapidement pour lui à une situation d’échec, éventualité à éviter à tout prix pour ne pas laisser la place à la moindre tentation de dérive. A partir de ce raisonnement princeps, le bilan est à la hauteur des investissements placés par les mécanismes d’enseignement au bénéfice des élèves. Si l’on devait établir un bilan général et dégager une impression globale des grandes lignes de cette formation, il serait facile de sélectionner les particularités qui s’opposent point par point aux méthodes pédagogiques utilisées depuis fort longtemps en France. Les établissements scolaires sont tous ouverts, jamais verrouillés, largement accessibles à tous, dépourvus de toute barrière comme si tout était fait pour éviter le cloisonnement, la fermeture, l’enfermement. Il n’y a quasiment pas d’immigration et même s’il y a de la sélection de la part de certaines écoles, le regard porté sur l’école est égal dans toutes les couches de la population : elle est faite pour réussir. Faire la classe est donc plus aisé. La vision du document présenté par Arte ne donne pas cette impression, tout simplement parce que les classes présentées comportaient une certaine mixité ethnique dans laquelle, les élèves les moins favorisés, les plus en difficulté avaient besoin du secours des éducateurs et professeurs mobilisés pour remettre à niveau ces éléments qui présentaient des difficultés d’adaptation.

On voit l’enfant non le candidat aux concours

En Finlande, on voit l’enfant. Cela est particulièrement sensible à l’âge préscolaire qui s’éternise jusqu’à sept ans ; il ne faut pas le forcer, il faut attendre qu’il soir prêt. En France, le regard est pratiquement tourné tout entier vers l’élève, et ce le plus rapidement possible puisque désormais on scolarise à deux ans et demi, au cycle des « apprentissages premiers ». Il est vrai qu’il n’y a pas d’école maternelle dans ce pays ce qui rapproche son organisation scolaire de celle des Etats-Unis et de quelques pays européens, en particulier l’Allemagne où la scolarité commence tard ce qui laisse à l’enfant une longue période de liberté dont il peut profiter pour jouer librement et s’épanouir sans contrainte ni directives ni punitions pour des fautes commises pendant les heures de classe. Alors que les Finlandais prennent le temps de materner, nous travaillons en France dans l’urgence du rendement scolaire. Le maître en Finlande se tient en retrait derrière le savoir et le matériel qui lui permet de le transmettre, et du coup prend le temps d’observer l’enfant. Le maître en France se met plutôt en avant, donne souvent l’impression d’avoir à faire une prestation, il est toujours en train de passer un examen, attitude qui traduit sa formation. Pour toutes ces raisons, les élèves en Finlande sont portés par leur entourage, parents, professeurs, politiques, tandis qu’en France ils font partie d’une masse un peu anonyme. Comme chaque élève en Finlande a une place dans le système, tout est fait pour qu’il la trouve. Ce qui ne veut pas dire que les places sont interchangeables. L’école en Finlande comme en France est la reproduction des classes sociales, même si ces classes ne sont pas aussi contrastées que chez nous, de par l’Histoire.

Rôle des langues

Le rôle des langues est mis en exergue en raison sans doute de la faible utilisation de la langue finnoise qui n’est comprise que par une minime fraction de la Scandinavie et de l’Europe du Nord au profit de l’Anglais qui prend une place de plus en plus prédominante dans le système scolaire. C’est pour cette raison qu’au moins trois langues étrangères sont enseignées ce qui contribue à donner une grande souplesse à la pensée, une plasticité que la rigidité du système français ne saurait accorder. Les enfants accèdent très vite à l’autonomie si l’on tient compte du fait qu’ils ont à leur disposition un enseignement à la carte qui leur permet de composer leurs plats comme ils l’entendent. Cette modalité leur assure l’accomplissement d’une responsabilité qui, une fois acquise, les accompagnera, les guidera et ordonnera leur vie d’adulte. Cette vie d’étudiant est accomplie non dans la tristesse d’un décor suranné, mélancolique, séquelle de la punition du pêcheur au lendemain de l’accomplissement du péché originel mais dans la joie et la gaieté d’un décor lumineux, coloré, plein de dessins et de tableaux au mur qui réjouissent le coeur et l’esprit et animent les âmes les plus affligées. Pour chasser les démons du nord, de l’obscurité des longues nuits d’hiver, on s’adonne à la musique en commun à chaque occasion ce qui permet le délassement, la décontraction et le plaisir pris ensemble dans des activités aux frontières du ludique.