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Une voie royale mais risquée

Education et inconduite

Détection précoce de la délinquance

jeudi 4 novembre 2010, par Picospin

Est-ce qu’après les avoir lus, les esprits préoccupés par cette question en savent plus que les autres ?

Difficile question

Cette question ne reçoit pas nécessairement une réponse circonstanciée quand on a fini d’avaler cette littérature rédigée en trop peu de temps pour faire croire décemment qu’elle est sérieuse et propre à donner des conseils, des explications, un panorama de la question aux éducateurs, à tous les enseignants qui se demandent que faire pour sortir du dilemme dans lequel les enferment les responsables à la tête de l’état dont on se demande comment ils ont sélectionné leurs conseillers, leurs experts, tous ceux qui sont censés savoir mais dont on n’est pas sur qu’ils savent vraiment. Le feu vient d’être allumé par un secrétaire d’État à la Justice qui croit sans doute bien faire en proposant des mesures susceptibles d’améliorer la situation de la délinquance. On dit, et on veut bien le croire, que cette dernière ne cesse de s’accentuer à un rythme effréné ce qui fait dire aux plus anxieux que la situation de la vie civique en France se dégrade à une vitesse telles qu’on ne sait quand elle inversera sa tendance.

Quelle concept ?

L’idée est donc de prendre les enfants si près de leur naissance qu’ils viendront à peine d’avoir dépassé le statut du bébé ; vous conviendrez que cette mesure n’est pas exempte de dangers quand on songe que des vies pourraient par l’application d’une loi peut-être proche être menacées de pointage, de désignation, de repérage à l’instar d’un casier judiciaire pour la seule raison qu’à une moment donné de la courte existence d’un enfant à peine sorti du stade du nouveau né risque de se trouver dans la filière de la suspicion, de l’opprobre, de la fustigation sinon de l’exclusion pour dénonciation de conduites inopportunes, dangereuses, risquées pour la population et soi-même. Il parait que cette idée a pris naissance au Canada il y a déjà plusieurs années. Tant mieux. Le recul dont nous pouvons disposer d’ores et déjà permettra assurément de se faire une idée de l’efficacité de ses premières applications si des bilans sérieux, objectifs, réalisés par des équipes compétentes sont déjà à la disposition des pouvoirs publics pour en tirer les premiers enseignements.

Impatience

Nous sommes impatients d’en connaître les prémisses pour faire rejaillir rapidement les résultats des enquêtes sur notre descendance à tous les stades de son évolution et toutes les variables projetables dans le futur. La difficulté dans ce projet est de remonter la filière des propositions reçues, des compétences impliquées et des études réalisées avant de livrer les résultats à l’état brut au peuple désemparé par une l’évolution d’une enfance et d’une jeunesse qu’ils appréhendent mal, faute d’avoir bénéficié dans ce domaine des dernières avancées de la science qu’elle fut cognitive, qu’elle ressortisse au domaine de plus en plus étendu et approfondi des neurosciences, de celles du comportement avec ses annexes dérivées de l’étude du milieu, de l’environnement, de la génétique, du milieu éducatif et scolaire. N’est-il pas risqué de livrer cette connaissance si vite acquise et si rapidement répercutée aux fauves susceptibles de se précipiter sur cette panacée servie aux sciences sociales et humaines sans retenue et sans diététique quand on connaît la volonté d‘agitation et d’application instantanée des gouvernants pour résoudre à la vitesse de cow-boys sur chevaux sauvages et indociles à attraper au lasso toutes les proies à portée de bras.

Vitesse et précipitation ?

Dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile remis hier à Nicolas Sarkozy, on revient sur l’idée controversée d’un « repérage précoce » des troubles du comportement de l’enfant dès l’âge de 2-3 ans. Ce projet avait suscité un tollé quand il avait été proposé par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale en 2005, puis repris par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. La « vulnérabilité pourrait être repérée chez les petits entre deux et trois ans », estime le secrétaire d’État à la Justice. Il cite un projet d’avis du Conseil économique et social favorable à « un dépistage plus précoce des troubles mentaux des enfants et adolescents », datant de février 2010. Selon Jean-Marie Bockel, le nombre de mineurs mis en cause dans des faits de délinquance a plus que doublé en une vingtaine d’années. Le phénomène des bandes s’est « modifié et amplifié », avec notamment le développement des bandes de filles qui semblent « mimer des conduites jusqu’à présent masculines ».

Plus de filles que de garçons

La mise en cause de jeunes filles dans les infractions de violences volontaires a augmenté de près de 100% en 5 ans, entre 2004 et 2009. S’il est vrai et prouvé qu’une expérience de ce type a été conduite au Canada depuis de longues années, et si les rencontres entre représentants de la France et de ce pays reçoivent un avis favorable de la part des autorités compétentes, la voie pourrait s’avérer libre pour investiguer cette option et mettre en commun toutes les ressources disponibles, les compétences nécessaires pour approfondir cette avenue de recherche, à condition aussi que les plus hautes instances de la recherche scientifique et médicale apportent leur collaboration pour ouvrir ce champ d’investigation. En raison de l’enjeu à notre portée, le sujet en vaut largement la peine et surtout les moyens humains et matériels indispensables à sa réalisation.