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Quelle question ?

Education, histoire et écriture : une identité française ?

Comment y répondre ?

mercredi 16 décembre 2009, par Picospin

Une précision, une vérité, un message, un éclaircissement provenant d’une société pluri-culturelle en pleine formation et qui est loin de s’être stabilisée en raison de l’afflux permanent de migrations supplémentaires, de l’organisation en cours et en pleine mutation de l’accueil et du temps nécessaire à l’indispensable assimilation à la communauté nationale.

Questions sortant du chapeau du magicien

Une précision, une vérité, un message, un éclaircissement provenant d’une société pluri-culturelle en pleine formation et qui est loin de s’être stabilisée en raison de l’afflux permanent de migrations supplémentaires, de l’organisation en cours et en pleine mutation, de l’accueil et du temps nécessaire à l’indispensable assimilation à la communauté nationale, tant elle pose des difficultés à ceux et celles qui ont une impérieuse envie de répondre. Quelles conclusions compte-t-on tirer de ce questionnement qui sort du chapeau de l’éducation et de la culture, sinon de celui de l’histoire comme le lapin sort du chapeau du magicien installé sur scène pour faire rire les enfants et étonner les grands-parents ?

Des réponses ?

Quelles que soient les réponses, il est à craindre que les autorités qui ont posé les questions risquent de ne pas être satisfaites car elles risquent de tomber sur un enthousiasme modéré, une joie de vivre étouffée, des critiques acerbes sur des dysfonctionnements et une insatisfaction globale tant les chemins qui mènent actuellement à l’épanouissement, à la joie de vivre, au bonheur en quelque sorte sont semés d’embûches à un moment où le combat pour la reconnaissance, la montée progressive des marches ou de l’ascenseur social devient ardu, trop compétitif et privilégie le résultat net par rapport aux moyens d’y parvenir. Ceci est sans doute une autre affaire, celle de l’école qui a cessé de rendre joyeux et rieur, ironique et critique, mais qui exige des malheureux assis sur des bancs un peu plus confortables qu’avant, une soumission aux règles, à la loi, à la discipline de la pensée extraite depuis trop longtemps des grands noms et auteurs qui auraient fait le lit douillet ou héroïque d’une nation qui a combattu sur tous les continents et plus particulièrement sur les champs de bataille européens et africains pour la défense des frontières et la conquête de territoires, de sous-sols et de peuplements.

Écouter ou écrire

Il est remarquable que dans certains systèmes d’éducation, le recours à la prise de notes si prisée dans l’enseignement supérieur soit parfois aussi réduit, ne serait-ce que pour mieux mobiliser une mémoire qui ne joue plus aucun rôle dans l’acquisition des connaissances. On a du s’apercevoir enfin que de coucher sur un support électronique ou cartonné les informations qui viennent d’être données par un maitre omni présent et grand savant n’a guère d’intérêt puisque le cerveau récepteur se débarrasse immédiatement sans aucune retenue ni filtration avec résidus des notions et informations qui viennent d’être assénées sans qu’aucune réflexion, ni remise en cause n’intervienne dans un circuit aussi vide que peut l’être un colon dans lequel passeraient les matières alimentaires n’ayant métabolisé aucun combustible, pour nourrir une matière grise à l’affut de toute curiosité, de toute nouveauté et de toute surprise.

Ne parler que sa propre langue ?

Il est remarquable à cet égard que, mis à part les rares exemples de classes internationales où sont manipulées des langues dites étrangères, aucun enseignant parlant une autre langue que le français ne soit recruté et que peu d’entre eux aient eu le privilège de s’adresser à des résidents européens ou venus d’ailleurs pour se frotter à la culture française en échange de quoi on s’attend aussi avec impatience que quelqu’un puisse venir parler aux ressortissants eux aussi venus d’ici ou d’ailleurs de Newton, Shakespeare, Goethe, Tolstoï, Dostoïevski sinon d’Hésiode ou d’Héraclite. C’est cela la véritable culture que pourrait promouvoir le Ministre de la dite discipline. Est-il figé dans un savoir immuable, toujours recommencé, à l’instar de ce que Valéry disait de sa mer au large de son cimetière si accueillant pour son éternel repos ?

La véritable culture

Point n’est besoin d’apprendre par cœur éternellement les strophes récitées sous Louis XIV car d’aussi belles avaient été écrites bien avant ce grand siècle et bien d’autres l’on été longtemps après. Les médias donnent actuellement un accès confortable et peu couteux aux voyageurs en puissance tout en restant dans leur fauteuil ce qui est une façon comme une autre de regarder, assimiler, analyser, déconstruire les palettes du Tintoret, du Caravage, de Vinci ou de Rembrandt. Gouter à cet échantillonnage de choix et d’élégance, de couleur et de forme, l’apprécier en fonction de son acquis artistique par lequel on accède à la beauté, c’est aussi cela, être Français et bien plus encore.

Le Monde de l’Education 16/12/09