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Education, initiation ou dressage

samedi 26 janvier 2013, par Picospin

Ailleurs, le son de cloche n’est pas forcément le même qui sépare sous la dénomination éducation, des définitions et significations aussi diverses que amélioration du sujet, acquisition de connaissances, dispositions intellectuelles, développement de la compréhension, souci, intérêt, voire prise de soins pour et dans les domaines du savoir, dans lesquels la personne en cours d’éducation a été initiée puis s’est engagée.

Réforme de l’entendement

Cette approche n’est guère éloignée de celle d’une réforme, processus voisin de celui d’un changement de comportement, d’attitude, de mode de vie meilleur que ceux qui existaient auparavant et dans lesquels s’engage une personne qui, en même temps évolue vers un engagement à adopter un nouveau mode de vie ce qui fait de l’éducation une sorte d’initiation. Un tel glissement sémantique incite à définir la ligne de démarcation entre ces deux termes. Les seuls éléments capables de les discriminer pourraient résider dans les contenus qui ont été enseignés, les intentions de l’éducateur, les méthodes utilisées pour faire passer les messages, les résultats obtenus par ces moyens sinon par la combinaison des éléments de cet ensemble. Ce qui apparaît comme digne d’être pris en compte dans ce travail de différentiation est en première ligne l’apprentissage de faits ou évènements erronés de façon évidente.

Acheminement des connaissances

Ce qui compte autant que la nature et la véracité des faits enseignés ou communiqués est la manière dont la connaissance est parvenue dans la conscience de l’étudiant. Si on respecte une certaine logique dans la voie d’acheminement des connaissances on peut facilement en déduire que l’endoctrinement ne saurait être accepté comme qualificatif dès lors que leur pourvoyeur favorise le questionnement, la discussion, encourage toute recherche bibliographique, autorise la collaboration dans la travail. En revanche, toute tentative amorcée dans le sens contraire, comme l’interdiction de toute enquête personnelle ou questionnement, la suppression de toute question gênante, la valorisation de récompenses et punitions, les répétitions abusives constituent des arguments en faveur de l’endoctrinement ou du moins des tentatives pour obtenir ce résultat.

Exemples

Un exemple d’une autre forme d’argumentation peut être tirée de la mise en balance raisonnable des arguments des uns opposés à ceux des autres comme ce fut le cas d’une décision de justice prononcée aux États-Unis en faveur d’un groupe ethnique dont les enfants ont été autorisés à quitter l’école avant d’avoir atteint l’âge fatidique de 16 ans sous l’allégation selon laquelle il est nécessaire de fournir une réponse équilibrée entre les intérêts de la société civile, consistant en bénéfices tirés d’une participation bien informée, correctement éduquée, l’intérêt propre à chaque groupe de préserver sa culture propre et l’intérêt des enfants qui ont le droit de faire évoluer leur émancipation individuelle à la mesure de leurs décisions réfléchies pour eux mêmes au sujet du genre de vie qu’ils souhaitent mener. Qu’en est-il en France de la situation symétrique des Roms et autres communautés qui font statutairement partie de la République, doivent s’y intégrer mais ne sont pas identiques à la totalité des pensées, sentiments, opinions, spiritualités de l’ensemble de la communauté nationale ?

Endoctrinement et éducation

Les questions posées par le problème général de l’endoctrinement et de sa différence avec l’éducation et l’apprentissage doit être analysé à la lumière des différences existant entre instruction et éducation, enseignement toutes activités qui ne sont pas restreintes aux activités tenues à l’école mais aussi ailleurs comme dans les milieux associatifs, le développement de réseaux sociaux ou bien encore à l’intérieur des foyers familiaux, des bibliothèques, ou musées, les églises et les clubs sinon par l’intermédiaire des médias. Des questions précises méritent d’être posées au sujet de la composition des programmes d’enseignement depuis l’enseignement ou la durée et le contenu des sujets enseignés à propos de thèmes « chauds » reste suspendus à la décision des responsables ministériels, des groupes de pression ou leaders d’opinions. C’est le moment de poser les questions qui intriguent le plus, celles qui perturbent les éducateurs et philosophes, responsables de l’avenir des générations futures.

Une "bonne" éducation ?

Quelles sont les visées et les fonctions de l’éducation ou d’une « bonne » éducation et dans quelle mesure peut-on la relier à l’obtention d’une « vie bonne » ? Quels sont les moyens dont se dote la société pour parvenir à former des individus autonomes et épanouis ? Est-il justifié de traiter le contenu des matières enseignées par les institutions désignées à cet effet en vue de favoriser et faire progresser les intérêts politiques et sociétaux d’une partie de la société de telle sorte que ces programmes d’enseignement servent de moyen de promotion ou de domination à une classe privilégiée ?

Quel programme ?

Est-il justifié d’offrir une large panoplie de programmes au choix des individus de manière à ce qu’ils choisissent dans la table des matières celles qui leur permettront de promouvoir leurs propres intérêts ? Ou bien est-il justifié d’admettre que chaque étudiant soit affilié au même programme jusqu’à son terme aussi loin que le lui permettent ses capacités ou celles qui lui permettraient d’accéder au rôle d’élite dans la société dans laquelle il se déploie ? N’est-ce pas le cas en France avec le rôle de formateurs à l’accession à l’élite ou à l’élitisme que sont les droits d’entrée (intellectuels, éducatifs, sociétaux) des « Grandes Écoles » ?

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