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Quelle réforme des universités ?

Education moins sentimentale que française

A quoi sert l’autonomie ?

vendredi 10 février 2012, par Picospin

Quelles sont les raisons de ce comportement que l’on retrouve à une moindre échelle dans d’autres pays de l’Europe de l’est et du nord.

Exception

Les véritables raisons de cette exception française résident peut-être dans la mélancolie de la jeunesse dont on peut chercher les causes dans la pression, les méthodes d’éducation, les effets pervers des concours et compétitions qui émaillent la vie des jeunes, en particulier des enfants scolarisés déjà aux prises avec les tracas, les soucis, les cauchemars des classements se succédant à un rythme d’enfer dès le plus jeune âge pour se terminer à la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte dans le souvenir des traumatismes psychiques et physiques imposés par un rythme de travail inhumain. A partir de cette limite, tout est définitivement fixé, la vie est programmée jusqu’à la fin des temps, aucune surprise, bonne ou mauvais, sauf la loterie nationale ou les paris sportifs ne viendra plus perturber ou enrichir les étapes d’une trajectoire mise sur rail par les classements, la position hiérarchique dans la société, obtenue moins par les compétences, le professionnalisme que le quart de point qui a décidé une fois pour toutes du destin d’un être humain qui s’est soumis de gré ou de force aux verdicts d’une société qui refuse obstinément d’inventer, d’imaginer, de rêver pour passer à un autre mode de vie, ne serait-ce par exemple que l’apprentissage réel d’un métier plus par son exercice que par son contenu, plus par son comment que pour son pourquoi.

Traverser le désert ou la steppe ?

Après cette traversée de la steppe, étonnez-vous que les mines soient défaites, les enthousiasmes jugulés et les nouveautés exceptionnelles. Qu’enseigne-t-on en médecine ? La façon d’entrer dans la chambre d’un malade angoissé par sa maladie, sa douleur, son pronostic ou les modalités de son traitement ou la physiopathologie de sa maladie encore incertaine ? Vous parieriez que c’est la première hypothèse qui prévaut et vous auriez tort. L’étudiant en médecine est jugé plus pour ses connaissances scientifiques que pour son comportement avec le patient qu’il doit soigner. Le reste, et il est indéniablement important est donné à profusion par les livres et l’Internet au point que les malades en consultation chez le soignant en savent plus sur leur maladie que l’homme de l’art. Regardez ce qu’il se passe chez les écrivains en herbe qui rêvent de pouvoir lire leur nom sur les comptoirs des grandes librairies, ou d’être primés par un prix quelconque dont l’attribution est moins importante que l’énergie, la force de continuer à écrire et de se perfectionner, l’espoir engendré et la sortie du chômage.

Écriture

Où et quand apprend-on à écrire en France ? Jamais. On s’occupe du contenu bien plus que de la manière de le présenter ou de l’enseigner. Or le contenu de la littérature française et étrangère se trouve maintenant à la portée de la plupart, sous forme de support papier ou électronique. Ce qui ne se trouve nulle part c’est la manière d’écrire clairement et d’enseigner librement avec invention, fantaisie, imagination et joie. Ensuite, on peut organiser toutes les réformes imaginables, cumuler des facultés avec les grandes écoles, mettre le Collège de France en forêt de Montmorency, et Polytechnique dans une piscine, ces changements n’auront aucun effet sur l’autonomisation des universités tant que ces questions essentielles ne seront ni débattues ni soumises à un questionnement impliquant de regarder moins son nombril que la tête qui en fait l’analyse et la critique, en dénombre les défauts en même temps que les séductions et la beauté.