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Egoïsme et altruisime : que sont-ils ?

lundi 17 février 2014, par Picospin

Est-ce que l’égoïsme n’est pas un personnage puisque l’Égoïste est quelqu’un qui ne pense pas à moi, celui qui considère que le monde s’arrête à lui même ?

Qu’est-ce qu’un égoïste ?

L’égoïste est bien un égocentrique qui fait de moi, de soi, le centre de tout. C’est un reproche égoïste et non pas l’égoïsme, une personne qui l’incarne. Sur la beauté, Platon discute avec Hippias, à propos de l’idée du beau et l’incarnation du beau. Y apparaît l’idée de l’égoïsme qui est d’emblée incarné en tant que personnage de l’égoïste intégral dont on peut se demander s’il est encore humain ? L’altruiste intégral est une figure régulatrice, un idéal, de ce à quoi nous devons tendre, comme le pense Oscar Wilde, alors que l’égoïste est quelqu’un qui ne pense pas à moi, qui parle de soi, fait de moi le centre de tout, par la construction de soi qui est une première construction de soi.

Et le narcissiste ?

Le narcissiste est capable du sacrifice de soi. Auto-affection de son être, le moi se détermine par confrontation avec l’autre. Cette notion ne doit pas être confondue avec la conservation de soi, par laquelle l’homme est déjà l’homme à l’état de société, comme le dirait Hobbes. La conservation de soi est issue de la conservation, du sentiment de crainte, tandis que chez Rousseau, il s’agit de l’amour de soi et de l’égoïsme, avec la pitié, promue à l’état de société. Quelle différence entre égoïsme et narcissisme, celui qui ramène tout à soi, fait de soi le centre de tout, on veille sur soi, on fait le calcul de sa perception, entre amour de soi et amour propre, auto-affection et expansion de son être (Rousseau).

Amour propre et amour de soi

Dans le passage de l’amour de soi à l’amour propre, il y a la distinction entre l’amour de soi qui ne se confond pas avec la conservation de soi, proche ou égal à l’instinct de conservation. Quand Rousseau parle du discours sur « l’origine de l’inégalité des hommes », l’homme à l’état de société, il renverse l’idée de ce que Hobbes appelle l’homme à l’état de nature dans lequel égoïsme et altruisme ne sont pas les deux pôles. Au sujet de la pitié, la meilleure image dit plus que ce que l’amour propre peut montrer. Dans l’auto-portrait, on passe à une remise en question de sa propre image montrée, publiée dans un magazine.

Un Roi en majesté

Le roi en majesté, à l’académie royale des sciences, à propos d’un corps de gloire, il faut lire les « Mémoires pour l’instruction du Dauphin », où l’on découvre les mécanismes de l’intérêt pour soi. Il ne faut pas être dupe des flatteries qui l’entourent ce qui signifie qu’il faut prendre les décisions soi-même, c’est l’égoïsme du souverain dont on doit se demander s’il est contradictoire, si l’on se réfère au « on » de majesté. Plus grande est la gloire de l’État plus l’état est puissant, plus il doit réjouir le Roi en majesté, plus l’égoïsme du roi est justifié par les plaisirs dont jouissent les autres, ses sujets.

Le bien de l’État

C’est le seul être qui ait en vue le bien de l’état qui fait la gloire de Louis XIV. Les bénéfices de l’égoïsme, ne sont pas attribués au nom du bien d’autrui que je ne pense qu’à moi. L’égoïsme du roi est justifié par le plaisir qu’en tirent les autres. Ce sont les vertus de l’égoïsme. Sade : je peux jouir en faisant du mal à autrui, ce qui constitue l’insularité, dans laquelle vivent ceux qui sont étrangers aux douleurs qu’eux-mêmes infligent. Chez Sade, il y a une justification due à l’existence des monades qui sont entièrement closes sur elles-mêmes. Deleuze : dans l’univers sadien il n’y a pas d’autrui, d’alter ego, dont je connais l’altérité comme moi, dans ma méconnaissance d’autrui, une conscience qui ne voit que de petits moi.

Solipsisme : qu’est-ce ?

Le solipsisme, l’hétérogénéité qui donne au spectateur l’impression d’être le voyeur, on empêche de voir, de penser, ce qui constitue une fracture dans la conscience de l’altérité, de l’autre, puisque les autres sont pris comme moyens d’accéder à son propre plaisir. La satisfaction de notre plaisir ne concerne-t-elle pas nos semblables ou ne concerne pas « l’être avec » ? Le mal que je fais à autrui ne me concerne pas (Sade).

Négation de l’autre

La justification de l’égoïsme chez Sade, par l’intermédiaire des monades closes sur elles-mêmes nie l’autre comme alter ego. Il existe une rationalité qui prend la rationalité pratique à rebours. L’Alter ego est l’autre moi dont je connais l’altérité par comparaison avec moi-même. L’Égoïsme généralisé, c’est un sujet pris pour l’ensemble des sujets, le sentiment d’un moi qui n’accède à soi que par analogie avec le moi. C’est un échec du jouir, le désir échoue, car le dernier maitre ne jouit pas. On empêche de voir, de penser car la conscience de l’autre est empêchée de penser, de voir et de parler, puisque l’oeil est crevé et la langue est coupée.