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Démence des dictateurs

Eloge de la Folie

L’apparition du mal ?

samedi 5 mars 2011, par Picospin

Cette hypothèse diagnostique n’est parvenue à aucun des riches cerveaux des savants, psychiatres, voire psychanalystes contemporains ou historiens de Hitler, Mussolini ou Staline.

Santé mentale

Personne n’a osé formuler la question de la véritable santé mentale de ces célébrités, souvent autant craintes qu’admirées, qu’on a laissé bouleverser le monde sans même les contester dans leurs décisions, leurs crises de colère, d’irritation, leur agitation démentielle et leur vindicte contre tous les coupables et responsables des malheurs du 3è Reich, de la Sainte URSS qu’il s’agisse de la "ploutocratie judéo-maçonnique", des capitalistes anglo-américains ou des communistes honnis, tout au moins lors de certaines phases du délire de ces chefs d’état. Ils avaient raison puisqu’ils étaient dictateurs et que le reste du monde leur en voulait de leur volonté à eux de transformer le monde, de l’organiser à leur image comme l’avait fait autrefois le Créateur à l’égard de ses créatures.

Longs errements

Il a fallu des siècles d’errements, pour que la folie fût reconnue moins chez les simples d’esprit toujours méprisés que chez les grands ou « grandis » de ce monde qui s’emparaient du pouvoir pour un oui ou un nom, tuaient qui ils pouvaient, massacraient les innocents et privilégiaient l’existence et la « cohabitation » avec les gangsters, les escrocs, les bandits, leurs inspirateurs, hommes de main, gardiens et protecteurs. Pourtant à cette époque déjà, on avait étudié la folie et établi son traitement. On avait mis de côté les « fous » pour les empêcher de nuire, mis la camisole de force, refermé les barreaux des prisons et exclu du monde des vivants ces dangereux individus qui inspiraient la peur, la terreur comme ce fut trop souvent le cas des idiots du village dont la population « normale » s’écartait dans un irrésistible mouvement de terreur. « La folie n’existe que dans une société et par rapport à elle : c’est un fait de civilisation, écrit Foucault.

Foucault

Son histoire à l’époque classique montre que le psychiatre a moins créé un chapitre de la pathologie qu’entériné des décisions, situations et pratiques qui le précédaient et qu’il cautionnait. Foucault ne valide pas un savoir ; il explique une illusion. Le "voir" et la "chosification" portent sur une folie empirique, qu’on peut baptiser du nom de schizophrénie pour donner l’impression de la science, une folie phénoménale, si l’on peut dire, plus ou moins assimilée à une faute, mais qui évite et ignore la vraie folie, la folie nouménale, celle qui est une interrogation sur l’homme, de l’homme et qui ne cesse d’interroger en nous. » A l’époque des grandes folies de nos derniers siècles, Foucault n’était pas né. Comment aurait-il jugé le logos qui n’avait pas rompu, loin de là, avec l’Hybris tel qu’il nous avait été servi par les apprentis dictateurs qui ont muri trop vite au contact d’un humanisme qui n’osait pas encore dire son nom.

Où l’on voit que le Logos s’allie à l’Hybris

On pensait ou on voulait espérer que l’ère des grandes folies de la mégalomanie, des apprentis peintres en train de se figurer que leur moment était venu de s’installer ailleurs, non dans leur pays de naissance mais dans un au-delà qui n’était pas au ciel mais à la frontière avec le pays limitrophe. On s’est lourdement trompé. Les dictateurs poussent comme les mauvaises herbes. Ces dernières, on peut les couper. Les têtes des autres ne sauraient être décapitées aussi facilement. Il y faut la conscience révolutionnaire enseignée dans les grandes écoles ou les petites familles. Comment expliquer que les plus sages des hommes, les plus éduqués faillis sent, se laissent envouter par la folie des schizophrènes qui ne démasquent qu’à le dernière minute, celle de leur disparition finale du monde des vivants, de leur meurtre par leurs supports les plus fidèles ou le rassemblement de coalitions enfin raisonnables et enfin conscientes du risque vital et du danger de mort ?

Questionnement :

1. Est-ce que les libertés protégées par le principe de la participation perdent trop de valeurs quand ceux qui possèdent de plus grands moyens privés ont le droit de profiter de leurs avantages pour contrôler le le cours et l’issue du débat public ?

2. Faut-il prendre des mesures de compensation pour préserver la juste valeur des libertés politiques égales pour tous ?

3. Est-ce qu’il existe une culture insensible dans la conduite et le langage à certains phénomènes à l’égard desquels la société prend une attitude particulière dans laquelle les hommes ne sont traités ni comme criminels, malades, sorciers ou gens ordinaires. Ont-ils quelque chose qui parle de la différence ?

4. Peut-on parler à ce propos d’une étrangeté au coeur du familier comme c’est la cas chez Bosch qui peuple le monde de coquillages, de monstres minuscules, inquiétants et dérisoires qui sont vérité et mensonge, illusion et secret ?