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Que faire quand on s’ennuie ?

Ennui

Mobiliser, convoquer, inviter ?

samedi 19 décembre 2009, par Picospin

Qu’attendait-on de ses résultats dans un pays en plein remaniement, en pleine évolution, en pleine recomposition, dans une situation d’instabilité prolongée en raison des flux migratoires qui ne cessent de circuler en Europe en général et en France en particulier ?

Une étrange question ?

Cette question étrange qui aurait pu être posée à une autre époque, celle de la stabilité, de l’irruption de la laïcité dans la mixité française, de l’assimilation sans heurts des héritiers de la chrétienté, lorsqu’affluèrent en grand nombre, pour des raisons économiques, politiques, culturelles sinon cultuelles un certain nombre d’immigrés, déjà tout acquis par leurs habitudes à une symbiose avantageuse, empathique sinon amicale avec le France, malgré quelques frustrations qui ont fini par être évacuées en dehors et au-delà des frontières à l’occasion des mutations forcées en Europe du centre et de l’Est surtout à partir de la folie mégalomaniaque du génial Führer du peuple allemand qui voulait créer pour son seul usage un monde à son seul usage comme le symbolise parfaitement le globe en ballon avec lequel joue pendant plus d’un quart d’heure le génial Chaplin dans son bureau en lui assénant des coups à la fois violents et amoureux avec toutes les parties de son corps. Après une période chaotique qui a fait verser sur les plaines européennes le sang mêlé de millions de soldats, on en vient à s’interroger sur les caractéristiques, les objectifs, les modes de penser et d’agir de la nation française ?

Interrogations

Qui s’interroge ? Le peuple, les institutions, le gouvernement ou celui qui le dirige avec énergie, parfois agitation dans un esprit d’innovation permanent ? Est-ce que c’est lui seul, ou lui surtout qui veut savoir comment fonctionne ce pays sur lequel il a quelques ignorances et ceci dans le but fort louable de mieux le diriger avec tact, délicatesse, souplesse sinon affection dans un certain cadre circonscrit par un ingrédient de latinité associée au christianisme mâtiné de laïcité positive à laquelle il lui est- difficile de renoncer, tant il a senti son nouveau pays imprégné de cette caractéristique si loin de la religiosité anglo-saxonne, polonaise, russe à travers les services que la croyance et la foi ont offert à ces nations désemparées par l’invasion successive des hordes nazies d’abord, de celles d’un communisme statufié ensuite. L’édifice bâti depuis les conquêtes coloniales se lézarde sous l’influence de nouveaux arrivants dans l’espace anciennement gaulois en raison des volontés sinon des exigences cultuelles des anciens colonisés avec lesquels le pays protecteur a contracté des liens paternalistes. On ne saurait oublier l’attachement sinon parfois la tendresse filiale avec lesquels la mère patrie traite ses fils lointains qui ont donné leur sang pour que vivent les pères nourriciers qui ont peut-être le tort de ne pas appartenir à la même communauté religieuse que leurs lointains fils et filles.

Confrontations inattendues ?

Pour la première fois depuis longtemps, la France est confrontée à un problème sérieux et d’autant plus difficile à résoudre que les questions religieuses posées auparavant avaient été résolues plus facilement même si cela avait été épisodiquement dans le sang et les persécutions avec les Protestants qui bénéficièrent d’accords et de compromis comme les Articles Organiques de 1802 réorganisent les Églises réformées et luthériennes (surtout en Alsace et au Pays de Montbéliard). Bien réinsérés dans la société française, les notables protestants participent activement à son développement économique et social ; plus à la base, un mouvement de réveil spirituel, il ranime et reévangélise mais les divisions entre " orthodoxes " (restés strictement fidèles aux Réformateurs) et " libéraux " (plus modernistes) séparent les Églises. Depuis 1945, le protestantisme français suit les mutations de la société ; conscient de sa précarité, il reste néanmoins vivace et capable de faire entendre la voix de sa différence. Acquis de longue date aux principes de la laïcité, le protestantisme accepte la Séparation des Églises et de l’État (1905) et s’organise au sein de la Fédération Protestante de France. Les familles réformées s’unissent presque toutes en 1938 autour d’une Déclaration de Foi commune, constitutive de l’Église Réformée de France. Depuis 1945, le protestantisme français suit les mutations de la société ; conscient de sa précarité, il reste néanmoins vivace et capable de faire entendre la voix de sa différence.

Judaïsme

Avec le judaïsme et malgré les persécutions infligées de façon endémique contre lui, les situations de coexistence furent résolues par la création du consistoire central, puis par la suite la séparation des Églises et de l’État en 1905. Ensuite, les communautés juives de France se sont constituées en associations cultuelles israélites et se sont regroupées au sein de l’Union des communautés juives de France en gardant la dénomination de consistoire central. Avec l’Islam, la situation est plus complexe, ne serait-ce que par l’existence de la charia, la tradition du port du voile et le rôle encore insuffisamment compris et accepté de la femme au moment où son émancipation devient un fait familial, professionnel, éducatif dans la plupart des pays, y compris la France. C’est à ce moment que surgit avec un certain éclat la réaction d’un député UMP, François Baroin, dont les interventions apaisent les esprits les plus radicaux. « Que certains aient des problèmes d’identité avec la nation, du fait notamment de leurs origines, de leurs conditions de logement ou d’accès à l’emploi, c’est certain. Mais la nation dans sa globalité n’a pas de problème d’identité.

Espoir de calme après les tempêtes ?

Toutes les réponses sont dans la Constitution, car nous sommes un vieux pays avec une histoire. Chacun d’entre nous doit comprendre la Constitution dans sa construction historique et dans sa maturité, la respecter et l’accepter. » Il ajoute : « Je n’ai jamais été favorable à la constitution d’un ministère de l’identité nationale, qui est un élément de référence historique sujet à caution. La nation existe, l’histoire a tranché : nous ne sommes pas des nationalistes. Le nationalisme, comme le dit Jacques Chirac dans ses Mémoires, c’est la haine des autres. Nous sommes des patriotes. Le patriotisme, c’est l’amour des siens. » Cette citation servira-t-elle de conclusion à un débat mal engagé et difficilement conclu ? L’avenir nous le dira à condition d’éviter ruptures, affrontements, et de promouvoir dialogue et respect des autres.

Questionnement éthique :

1. Etes-vous d’accord avec les définitions données ci-dessus au sujet du nationalisme et du patriotisme ?

2. Est-ce que ces références à des valeurs du passé ont toujours cours malgré les excès de sacrifices que les définitions de ces valeurs ont impliqué dans leurs applications dont certaines ont du conduire jusqu’au sacrifice de sa vie, comme cela s’est passé pendant la première guerre mondiale ?

3. Quelles sont les solutions que vous préconisez pour résoudre le problème de la coexistence pacifique et fraternelle de deux communautés qui n’attachent pas des valeurs identiques ni les mêmes applications entre le politique et le religieux qui son soudés dans un cas et nettement distincts et indépendants dans l’autre ?

4. Comment peut-on expliquer que les heurts entre communautés religieuses qui ont eu lieu en France se soient résolues finalement de façon assez pacifique même si elles ont donné lieu à des confrontations souvent sanglantes et meurtrières ?