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Suppression de l’institut de formation des maitres ?

Enseignements : lequel choisir ?

Une bonne décision ?

mardi 10 juin 2008, par Picospin

C’est un coup de bambou asséné aux enseignants du niveau master qui seront recrutés à bac + 5 dans deux ans. Cette mesure pourrait bien avoir pour conséquence la disparition à terme de ces instituts. Les IUFM ont pour principale mission d’assurer la formation initiale, sur une durée de deux ans, des professeurs (qu’ils exercent dans les écoles, les collèges ou les lycées) et des conseillers principaux d’éducation. Les IUFM mettent également en œuvre, en relation avec les instances académiques, la formation continue des enseignants tout au long de leur carrière.

Quel plan ?

Pendant la première année, le futur enseignant prépare, en qualité d’étudiant, le concours de recrutement de son choix. La formation dispensée lui permet d’acquérir de nouvelles connaissances et des compétences associées au métier d’enseignant.
En tant que lauréat du concours, il est ensuite appelé à suivre une seconde année de formation (en qualité de fonctionnaire stagiaire, donc rémunéré par l’État). La formation vise alors à consolider les capacités à transmettre les savoirs, à développer toutes les compétences nécessaires à l’exercice du métier et à faire acquérir une culture professionnelle. Les IUFM assurent la préparation aux certificats complémentaires nécessaires à l’intervention auprès d’élèves en situation de handicap (Adaptation et Scolarisation des élèves Handicapés). Les IUFM organisent également des formations à l’attention de leurs formateurs.

Missions

Les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres préparent aux métiers de l’enseignement :
Professeur des écoles
Professeur des lycées et collèges (y compris documentaliste)
Professeur des lycées professionnels
Conseiller principal d’éducation
Une décision fondée sur de profondes motivations assure que cette mesure permet de
s’orienter vers l’un de ces métiers, ce qui permet de choisir une carrière au service des élèves. Au sein de l’Éducation Nationale, tous les personnels enseignants sont recrutés par voie de concours de catégorie A (*). Une fois titularisés, ces fonctionnaires relèvent tous des mêmes grilles indiciaires qu’ils choisissent d’être conseiller principal d’éducation, d’exercer dans une classe de maternelle, d’enseigner dans une classe de terminale ou de mettre en œuvre des actions pédagogiques en tant que documentaliste dans un CDI.
(*) Les carrières de la fonction publique sont classées en trois catégories A, B et C. La catégorie A correspond aux carrières de niveau le plus élevé.

Où exercer ?

Les personnels recrutés par le Ministère de l’Éducation nationale peuvent exercer dans divers types d’établissements scolaires :
Premier degré : écoles maternelles, écoles élémentaires
Second degré : collèges, lycées d’enseignement général et technologique, lycées professionnels
Une confirmation officieuse par l’Elysée a été enregistrée le 30 mai, qui précise que ces faits auraient pour conséquence "la disparition à terme" des instituts. Depuis, les protestations se multiplient devant ce qui semble remettre en question le principe d’une formation professionnelle spécifique des enseignants, au profit du seul "compagnonnage", c’est-à-dire l’accompagnement des débutants par des enseignants aguerris. La "masterisation" pose comme condition au recrutement que le candidat à un concours d’enseignement (comme le CAPES) soit titulaire d’un master, acquis dans n’importe quelle discipline. Tout reçu au concours deviendrait immédiatement enseignant et serait affecté à un poste, mais sur un horaire limité, afin de pouvoir bénéficier du "compagnonnage". Jusqu’à présent, la plupart des enseignants sont formés (après, au minimum, la licence) en deux ans : une première année essentiellement académique, en IUFM ou non, pour préparer le concours, une deuxième en IUFM seulement et en tant que "stagiaire", payé par l’éducation nationale, pour se former au métier proprement dit

Disparition programmée

C’est cette deuxième année dont la disparition est programmée en 2010. "Ce ne sont pas seulement les IUFM qui disparaissent, c’est la professionnalité du métier enseignant qui est en cause", estime Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil. Selon lui, "c’est comme si l’on disait aux futurs magistrats : vous avez votre master de droit, maintenant jugez tout de suite, sans passer par l’Ecole nationale de la magistrature..."Les réactions ne se sont pas fait attendre. On a constaté l’existence d’écoles occupées, des discours lénifiants qui assurent que pour la formation des enseignants, il faut de la pratique et du concret, pendant que Nicolas Sarkozy trace les grands axes de la réforme du lycée et que Philippe Meirieu parle d’une catastrophe pédagogique, plus modéré, mais tout de même amer, Jacques Durand, responsable de l’IUFM d’Orléans-Tours, juge qu’une grande incertitude pèse maintenant sur la professionnalisation. La conférence des directeurs d’IUFM a pris acte du projet gouvernemental, en déclarant mardi 3 juin que ces instituts étaient "prêts à relever le défi de l’élévation qualitative de la formation des enseignants".

Compagnonnage et élevation du niveau ?

Toutefois, elle juge à propos du compagnonnage que si le rôle des collègues auprès des débutants n’est pas négligeable, il "ne se substitue pas à une formation initiale de qualité". Si une organisation prône un cursus cohérent de master en deux années de formation universitaire articulant étroitement formation académique et formation professionnelle, la question reste posée de la liberté pédagogique s’il n’y a plus de pédagogie . question que pose André Ouzoulias, professeur à l’IUFM de Versailles, qui rappelle que la loi Fillon d’avril 2005 (loi d’orientation sur l’avenir de l’école) avait décidé l’intégration des IUFM dans les universités, réalisée en 2007, " pour mieux articuler formation pédagogique et connaissances scientifiques". Le gouvernement qui s’apprête à redéfinir les concours d’enseignement laisse devant lui la question de savoir ce qu’il adviendra du "référentiel de compétences" issu fin 2006 des travaux du Haut Conseil de l’éducation (HCE). Le HCE avait énoncé une série de compétences non académiques, comme la nécessité de "savoir gérer une classe", que devait maîtriser le futur enseignant.

Un questionnement ?

Faire des choses plutôt que d’assister à l’émergence d’une forme. L’enfant, l’étudiant, le futur formateur préfèrent participer au devenir et à l’émergence des choses, à jouer un rôle dans le processus de production. Pourquoi ne pas enseigner les futurs maitres à transmettre ce savoir pédagogique plus que d’enseigner à s’occuper ou s’affairer ce dont il n’a nulle envie car il sent que cette activité est gratuite, ne renferme aucun projet de vie et se contente d’être un passe temps sans objectif autre que de le tuer.

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