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Cruelles absurdités de l’histoire

Ensevelissement des suppliciés et de la mémoire

Les dérives du souvenir

jeudi 29 janvier 2009, par Picospin

L’évêque anglais ne l’a pas entendu de cette oreille qui a déclaré ou a été chargé de déclarer que ce génocide n’avait pas fait plus de 300.000 morts ce qui n’est déjà pas si mal en tant que bilan de meurtres en série.

Triste bilan

C’était au moins reconnaître de la part du distingué ecclésiastique que l’épisode de cette histoire récente a bien existé même si le bilan final ne lui paraît pas aussi catastrophique que celui comptabilisé par toutes les statistiques, tous les recensements de quelque côté qu’ils se trouvent et qui sont d’accord pour avoir fixé un nombre qui se situe aux environs de 6 millions de victimes. Dans ces statistiques, on peut s’appuyer sur les travaux de personnes aussi dignes de foi que les Klarsfeld, ces obsessionnels du chiffre et de l’identité sinon de l’identification sans qu’ils aient eu besoin de recourir aux méthodes sophistiquées du repérage par ADN, étude de la morphologie pupillaire, ou les très anciennes empreintes digitales, toutes techniques chères aux criminologues en vadrouille, aux historiens en mal de copie, aux statisticiens en quête de calculs mortifères. S’arrêter ainsi à des quantités d’êtres humains comme s’il s’agissait de pommes de terre calibrées et dont le seul point commun est que ces deux catégories se retrouvent toutes deux ensevelies sous la terre montre déjà que l’objectif final et non la solutions finale consiste à accrocher les âmes sur un boulier pour les rendre aussi inertes, indéfinies, non identifiables que cet instrument de mesure quantitative.

Enfouis sous la terre

En reconnaissant qu’une quantité anonyme et indéterminée d’une variété a disparu de la surface de la terre parce qu’elle a été enfouie profondément en son sein pour disparaître, c’est déjà reconnaître, sinon avouer que quelque chose de tragique et de quantitativement notable a eu lieu à un moment donné, sur des sites donnés et exécutés par des individus seuls, isolés ou en groupes qui en auraient assuré la responsabilité même si cette dernière n’est ni reconnue, ni prise en charge, cachée qu’elle est et qu’elle a été sous les galons, les capes kaki , les svastikas des soldats obéissants de la Wehrmacht, des SS ou même des SA, exécutant de façon automatique, robotisée, irréfléchie et saccadée des ordres émanant de la folie vengeresse et meurtrière d’un Autrichien, apprenti peintre, qui n’avait même pas l’excuse d’appartenir à la communauté allemande voisine pour tuer, détruire et anéantir le peuple qu’il se destinait à vouloir sauver et à établir pour 1000 ans sur le socle indestructible d’une Europe nouvelle.

Europe nouvelle

A cette dernière, et bien avant d’avoir entrevu sa véritable construction, des militants honnêtes ou naïfs, égarés par l’idéologie et perplexes dans leurs doutes, voulaient adhérer pour chasser de l’horizon des démocraties les incursions des barbares de l’est mus par l’idéal teinté d’onirisme des successeurs d’un philosophe justement allemand et juif qui prônait l’égalitarisme, la fin du capital comme certains sont en train de le souhaiter maintenant parmi les gouvernants, banquiers, administratifs, financiers qui pensent qu’une ère est révolue marquée par trop de laxisme, d’immoralité, de dérives conduisant à l’injustice sociale et au malheur des peuples. Il sera donc impossible en toute logique et raison de démontrer que les massacres n’ont pas eu lieu même si c’est un Anglais, comble de paradoxe, qui l’affirme et qui plus est se trouve être un représentant de l’Eglise. Cette incongruité est d’autant plus criante qu’elle est émise par un habitant du Royaume Uni qui connait mieux que les Tutsi ou les Huttu du Rwanda les conditions d’une guerre féroce imposée autrefois aux Iles britanniques et au Commonwealth et qui a vu les squelettes, les corps décharnés, des « habitants » des camps de concentration ou de ceux de la mort après le passage sous les « douches » des chambres à gaz plonger dans les fosses communes prêtes au revêtement bétonné.