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L’écriture synthétique est-elle contagieuse ?

Epidémies, endémies et contagiosités

Des maladies qui viennent de haut

jeudi 21 avril 2011, par Picospin

Dans cette catégorie sa rangent, comme on le sait, les dauphins, les éléphants et à l’inverse, chez les plus petits, les souris et les rats plus mon chat qui a à sa disposition un vocabulaire plus riche et plus diversifié que la plupart de nos semblables, les hominidés.

Des envahisseurs

Ces derniers sont à court d’idées et de messages à transmettre, du fait de l’invasion des logos, des dessins et caricatures, des schémas vous guidant de jour et de nuit dans l’exploration des notices d’utilisation des divers appareils, gadgets et nouveaux instruments de notre civilisation chargés de vous guider sur les sentiers amers de la découverte. Il s’agit de tous les objets cultes glanés au fur et à mesure de nos rencontres avec les dernières inventions de Steve Jobs et autres génies de l’informatique grâce auxquels je me trouve devant cet ordinateur. Il est destiné à transformer mes idées et pensées – s’il y en a – en langage compréhensible pour la plupart. En tout cas, si M. Stéphane Hessel a réduit sa pensée comme neige fondant au soleil, il vient de relancer la lecture, celle si difficilement enseignée à des écoliers en manques de professeurs, à ses racines les plus primitives par la rédaction d’un ouvrage si confidentiel qu’il fait la joie, la gloire des éditeurs et libraires et celle des imprimeurs.

Astuces

Par cette astuce, il a transformé une activité à plein temps et en quête de véritables professionnels de la littérature ou de la philosophie en un résumé à côté l’ancien « Reader’s Digest » devient une encyclopédie universelle. Ce morceau d’écriture en 30 pages est devenu en quelques jours un best seller du fait de la pauvreté du discours, de l’étroitesse des idées et de la rigidité des conseils affichés. Ils le sont à destination des nouveaux lecteurs des éditions people, des illustrés pour enfants de moins de 5 ans et des nouveaux étudiants et élèves des écoles primo-secondaires à la recherche éperdue des enseignants qu’on vient de mettre à la porte, faute de pouvoir rémunérer leurs connaissances pédagogiques à leur niveau réel de qualité, de richesse et d’utilité pour la formation des futures générations. Si encore, notre saint homme s’était attaqué à la manière dont un certain enseignement s’effectuait en France, on aurait pu le louer pour sa science de l’homme averti guidant sur les chemins de l’apprentissage la masse désorientée et parfois déjà égarée avant d’être perdue, des nouveaux arrivants sur cette terre de perdition, nos enfants irradiés dès leur naissance, on aurait pu justifier notre admiration tardive.

Indignation ou critique et jugements

Le texte dit qu’il faut s’indigner plutôt que critiquer ce qui eut apporté une certaine intelligence au combat contre l’ignorance. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Les maladies sont contagieuses. C’est pour cette raison que l’on vaccine à outrance pour éviter et restreindre leur propagation. La population s’est méfiée de cette offre. Elle a refusé obstinément de se soumettre à la prévention. Pour cette raison, notre Ministère a préféré brader les lots de vaccins au profit des populations les plus nombreuses, les plus pauvres et les plus nécessiteuses. Elles étaient toutes désignées pour en profiter. Vous avez surement pensé aux habitants et touristes de Monte-Carlo et d’Abou Dabi qui ne possèdent rien, manquent de tout et ne parviennent même pas à écouler leurs stocks de biens, de richesses et autres possessions sur la planète. Pour ne pas être en reste, un digne compagnon de route de M. Hessel s’est joint à cette nouvelle mode. Vous avez deviné qu’il s’agissait de M. Robert Ménard qui eut son heure de gloire à la tête de Journalistes sans Frontières. Voici comment ce prestigieux penseur de l’actualité est jugé par AgoraVox.

Fast thinking

« Cette mode de la "fast pensée", du string polémique s’installe. Et Robert Ménard, qui se tient d’ordinaire hors des tendances, y participe pleinement. Dans la droite ligne du "Indignez-vous" de Stéphane Hessel. Étonnant ! Ménard et Hessel, même combat ? Je doute pourtant que l’un et l’autre goûtent cette proximité. C’est pourtant un fait. Tout est dans le marketing, l’appel à la transgression, la formule qui interpelle. L’effet d’annonce passé, vient le moment d’attaquer le contenu. Et le lecteur reste sur sa faim. Si Hessel barbote dans le conformisme bobo, Ménard rappelle, lui, qu’il n’y a pas plus de raison de snober l’extrême droite que l’extrême gauche. J’en conviens. L’affirmer n’est pas simple dans un univers médiatique majoritairement de gauche, mais c’est possible. Robert Ménard commet une erreur : ce n’est pas la liberté d’expression qui est menacée en France, mais l’enseignement des élites qui est à sens unique.

Attention, danger

Le danger est là. La démonstration par l’exemple occuperait des centaines de pages. Dommage que Ménard ne s’y soit pas attaqué. » Priez, cher lecteurs et internautes que je ne sois pas contaminé trop vite par ce virus contre lequel les vaccins sont moins efficaces que contre les germes microbiens. Il pourrait vous en couter cher de me lire si l’envie vous en prenait. On ne sait jamais : un investissement dans un PC ou un Mac, l’achat des « périphériques », les formations indispensables par les professionnels de la technique et en fin de compte, l’assuétude à l’ordinateur et à la lecture de ses diffusions. Cette fois, vous aurez perdu toute liberté d’expression, de conception et d’idéation au profit de la pensée unique au sein de laquelle on ne peut que choisir entre gauche et droite. CQFD…

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la théorie du conséquentialisme peut s’appliquer à ce récit ? S’agit-il ici de faire le plus de bien possible par l’entremise de l’écriture ?

2. Est-ce que des livres aussi brefs, aussi peu développés et aussi pauvres en arguments peuvent-ils servir à diffuser le bien et le mal auprès de lecteurs limités dans le temps par cette lecture superficielle et par la compréhension du sujet, nécessairement tronqué ?

3. Faut-il ici envisager les conséquences de l’action d’écrire et de publier à la suite d’un calcul réfléchi ou au contraire d’actions accomplies sans calcul, car accomplies sans enfreindre les contraintes des lois morales ?

4. Doit-on dans le cas exposé envisager les résultats d’un utilitarisme des règles ou celui d’un contrôle des règles par l’utilitarisme de l’acte ?