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Epidémies, imitation, subconscient et oubli du devoir ?

lundi 30 mai 2011, par Picospin

Si on interroge René Girard, il est fort probable que la réponse risque de tomber aussi rapidement que l’objet lancé de la part de Galilée pour montrer les effets de la gravitation universelle. Pour lui, le mimétisme est contagieux, comme l’était autrefois la peste et l’est maintenant le Sida, heureusement en voie d’être contenu sinon bientôt lancé sur la voie de la guérison.

Quelle épidémie venue d’où ?

Nous voici avec un 2è personnage de l’état, certes moins gradé que le premier qui est tombé à New York sous le apâts d’une employée de l’Hôtel du groupe Accor où logeait fort luxueusement le Directeur du FMI dont tout le monde admirait le pouvoir. Il avait autrefois été envoyé à la direction de cet organisme avec la bénédiction et les souhaits de bon voyage par la France que cependant il n’est pas ou plus censé représenter si l’on en croit les paroles du Président de la République. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle du féminisme au cours duquel les femmes, lassées par les innombrables assauts qu’elles subissent de la part des mâles « en rut comme on les a appelés » refusent désormais de s’aligner sur le désir des hommes. Un illustré américain prétend même que le temps est révolu où le genre féminin doit être considéré comme invariant d’un morceau de chocolat qu’on peut sucer ou avaler à sa guise sans lui rendre une dignité depuis longtemps perdue.

Dignité des femmes

Il s’agit pour elles de reconquérir leur indépendance, de renoncer à leur soumission à l’homme, dont parait-il les chromosomes sont proches de ceux du chimpanzé ce qui en dit long sur la considération dont bénéficie notre ancêtre que l’on n’hésite plus depuis longtemps à mettre en cage pour raison d’exhibition. On tend à faire de même pour l’homme présumé innocent mais en réalité déjà reconnu coupable en attendant que les droits de la défense puissent entrer en jeu pour contre-attaquer vigoureusement à l’aide d’avocats hors de prix et dont ne peuvent bénéficier que les possiblement coupables. De quoi ? Aux États-Unis, le délit sexuel est considéré comme un des plus sévères en raison de la forte pression religieuse qui pèse sur une population originaire en grande partie de pays où régnait la pauvreté, où la famine était prégnante et qui durent fuir leur communauté vers un pays neuf dont ils ont tenté de construire les nouvelles lois et la nouvelle foi. Nous voici donc avec deux frères dans le malheur extrême dont on se demande bien les motivations d’un agir étrange que la presse américaine met sur le compte de la toute puissance politico-médiatique capable de mener à tous les excès, lever tous le freins et se permettre en effet de considérer la femme comme objet sinon sexuel du moins de désir et de gourmandise.

De grande importance

Dès lors, on se demande pourquoi les États-Unis attachent tant d’importance à garder par devers eux des exemplaires d’une culture si déplaisante que l’on préfère la regarder de loin même si le talentueux Tocqueville avait autrefois dressé un portrait si attachant de l’Amérique qu’il avait parcouru en tous sens et dont il avait analysé avec une extrême perspicacité les modes de fonctionnement. Depuis ce temps à considérer comme révolu, de nouvelles grilles d’analyse sont apparues qui viennent aussi bien des facultés de l’ouest que de celles du centre de l’Europe, ne serait-ce que celles diffusées à partir de Vienne, capitale cosmopolite d’une Monarchie qui a donné au monde des scientifiques, des écrivains, des philosophes, des musiciens et des médecins, parmi le dernier n’était pas l’inventeur de la psychanalyse, le Docteur Sigmund Freud. Ce dernier, au grand dam des savants et des personnes les plus cultivées dans les domaines de l’esprit, de la spiritualité et de la neurologie a expliqué que nous ne voyions de notre esprit que la partie émergée de l’iceberg et qu’au-dessous, se nouait en permanence un scénario dont la signification nous échappait souvent sinon toujours.

Comment fonctionne notre cerveau ?

Cette modification dramatique de la conception du fonctionnement de notre cerveau sinon de notre âme pouvait nous conduire à agir parfois de manière incompréhensible, à l’envers de nos intérêts, pouvait nous conduire au suicide, acte « manqué » qui en dit long sur notre volonté de vivre ou de mourir. C’était ce qu’il appelait le combat entre Éros et Thanatos. A la lumière de cette tentative d’explication de certains de nos comportements, on comprendrait mieux « l’agression à la manière chimpanzé » d’une femme de chambre du Sofitel, se trouvant, on ne sait par quel hasard heureux ou malheureux, seule dans la suite d’un personnage politique important en train de lui demander ce que la morale américaine, plus que la française réprouve et punit sévèrement par des emprisonnements dans des geôles pleines à craquer où les moeurs seraient encore pires que celles que l’on décrit en dehors d’elles.

Renforcer la moralité

Est-ce que c’est au nom de la morale qu’outre Atlantique on tient à conserver vivant et assujetti à la loi de Dieu et des hommes, proche du pouvoir spirituel et politique un homme dont le destin n’a pas encore été fixé mais dont on peut se douter qu’il a subi un délabrement majeur dans ses projets de vie. Il n’en est peut-être pas de même du Ministre ou de l’ex Ministre de la Fonction Publique, remplacé au pied levé par un jeune bien sous sous tous rapports, qui prend avec célérité le poste laissé vacant à la suite d’accusations par deux femmes d’attouchements sur leurs orteils dont la surface et le volume de contact n’ont pas encore été précisés en l’absence de tout renseignement sur les détails des faits reprochés.

Reconnaissance de la vertu

Quelle est cette épidémie de vertu qui saisit la population à la veille d’élections dont on espère sans doute un regain de régénération morale, de retour au foyer, de cohésion renforcée des couples dont on souhaite présenter un tableau plus exemplaire que celui des innombrables divorces qui assaillent nos cultures accusées, à tort ou à raison de laxisme, de relâchement des contraintes et d’oubli des devoirs élémentaires.

Le signe d’un renouveau ? Certains le souhaitent, d’autres en déplorent les modalités et les circonstances.

Questionnement éthique :

1. Le retour à la vertu est-il impératif ou attractif ?

2. Est-ce que la valeur d’une action morale se rapporte à ce que veut le sujet quand sa volonté est droite et éclairée et qu’il est suffisamment informé sur la nature de ses désirs et de leurs objets ?

3. Comment peut-on préciser l’idée de conception impérative de la moralité dont la notion de devoir est au centre de la philosophie kantienne ?

4. Quelle est la signification de vouloir opposer la conception utilitariste à cette dernière dans la mesure où en suivant cette voie, c’est l’obligation de produire le bonheur qui devient obligatoire ?

5. Cette idée n’est-elle pas liée à son assimilation à des formes de demandes sociales, de plus en plus prégnantes dans les communautés contemporaines ?