Ethique Info

Accueil > Culture > Esotérisme et raison

Ombres et lumières

Esotérisme et raison

Les carreaux du Temple

mardi 12 janvier 2010, par Picospin

"Que Satan existe, la question est résolue de manière affirmative par la foi chrétienne". Cette affirmation, tirée du liminaire de la revue Les Etudes Carmélitaines sur Satan (25/05/1948) est surchargée, dans l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale, d’un rageur NON ! lui-même suivi d’un virulent SI. Le prince des enfers conserve ainsi à notre époque une place irréductible. Mais, plus la curiosité pousse le chercheur à se pencher sur lui, plus le personnage du Diable s’évanouit, ne laisse que d’incertaines traces dans les textes canoniques, perd en consistance.

S’il reste insaisissable comme entité, le Diable n’en demeure pas moins repérable comme fonction. C’est cette fonction qui sera ici interrogée. L’historien, le théologien, le psychanalyste seront invités à établir ce que la fonction, le signifiant Diable, met en acte dans notre société. Nous mettrons à la question les textes canoniques, les écrits des mystiques, les manifestations de l’inconscient, les traces dans les arts pour dégager ce que l’ange déchu aux noms multiples, le singe de Dieu, exerce encore comme ministère, la manière dont il s’insère dans une structure et quelles marques il imprime dans notre monde.
La légende du Graal n’est point morte avec le Moyen Age. Trop belle, trop haute, elle a continué à fasciner les imaginations modernes. Elle a ressurgi dans les arts plastiques, au cinéma, en musique, à l’opéra, dans les littératures contemporaines : en Angleterre, en Allemagne, en France, en Italie, en Roumanie et dans les Amériques ; elle a inspiré des fraternités initiatiques, des récits de science-fiction, et jusqu’à des rêves de potentats.

C’est à inventorier tout ce foisonnement actuel du mythe qu’est voué le présent colloque. Pareille investigation a déjà été entamée à l’étranger, en Autriche, en Amérique du Nord. Il était temps qu’elle le fût aussi en cette France qui, avec Chrétien de Troyes, installa le Graal dans la culture européenne.

Cette quête intellectuelle permettra de s’interroger sur la prégnance et la résurgence du vieux mythe. Elle devrait ouvrir le débat sur le retour du sacré et le nouveau sens de la rationalité, à l’heure où l’on voit se dessiner de nouvelles mentalités "héroïques" ou des modes de socialité "néo-médiévaux", à l’heure où A. Minc croit voir se profiler "le nouveau Moyen Age".

Le diable
collectif
colloque de Cerisy
Dervy,1998
Collection Cahiers de l’hermétisme
Broché ; 200 p. ; 24 x 16 cm
"Que Satan existe, la question est résolue de manière affirmative par la foi chrétienne". Cette affirmation, tirée du liminaire de la revue Les Etudes Carmélitaines sur Satan (25/05/1948) est surchargée, dans l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale, d’un rageur NON ! lui-même suivi d’un virulent SI. Le prince des enfers conserve ainsi à notre époque une place irréductible. Mais, plus la curiosité pousse le chercheur à se pencher sur lui, plus le personnage du Diable s’évanouit, ne laisse que d’incertaines traces dans les textes canoniques, perd en consistance.

S’il reste insaisissable comme entité, le Diable n’en demeure pas moins repérable comme fonction. C’est cette fonction qui sera ici interrogée. L’historien, le théologien, le psychanalyste seront invités à établir ce que la fonction, le signifiant Diable, met en acte dans notre société. Nous mettrons à la question les textes canoniques, les écrits des mystiques, les manifestations de l’inconscient, les traces dans les arts pour dégager ce que l’ange déchu aux noms multiples, le singe de Dieu, exerce encore comme ministère, la manière dont il s’insère dans une structure et quelles marques il imprime dans notre monde.
12.99 $
Graal et modernité
collectif
colloque de Cerisy
Dervy,1996
Collection Cahiers de l’hermétisme
Broché ; 230 p. ; 24 x 16 cm
La légende du Graal n’est point morte avec le Moyen Age. Trop belle, trop haute, elle a continué à fasciner les imaginations modernes. Elle a ressurgi dans les arts plastiques, au cinéma, en musique, à l’opéra, dans les littératures contemporaines : en Angleterre, en Allemagne, en France, en Italie, en Roumanie et dans les Amériques ; elle a inspiré des fraternités initiatiques, des récits de science-fiction, et jusqu’à des rêves de potentats.

C’est à inventorier tout ce foisonnement actuel du mythe qu’est voué le présent colloque. Pareille investigation a déjà été entamée à l’étranger, en Autriche, en Amérique du Nord. Il était temps qu’elle le fût aussi en cette France qui, avec Chrétien de Troyes, installa le Graal dans la culture européenne.

Cette quête intellectuelle permettra de s’interroger sur la prégnance et la résurgence du vieux mythe. Elle devrait ouvrir le débat sur le retour du sacré et le nouveau sens de la rationalité, à l’heure où l’on voit se dessiner de nouvelles mentalités "héroïques" ou des modes de socialité "néo-médiévaux", à l’heure où A. Minc croit voir se profiler "le nouveau Moyen Age".
12.99 $
Le royaume des Seigneurs de l’anneau : mythes et magie de la quête du Graal
Gardner, Laurence
ÉDITEUR : DERVY 2003
Broché ; 383 p ; 24 x 16 cm
illustrations en noir et en couleur
L’histoire magique des Seigneurs de l’anneau à laquelle fait allusion JRR Tolkien dans son célèbre ouvrage a été depuis longtemps reléguée au stade de légendes ou à de simples batailles entre le bien et le mal.
Son héritage repose sur des contes de fées fascinants peuplés de lutins, sorcières et vampires.
L’histoire médiévale la plus populaire est celle qui se rapporte aux contes arthuriens de l’anneau, l’anneau en or de Guenièvre, le grand anneau de Camelot... Quand celui-ci fût brisé, le pays sombra dans le chaos et les forces des ténèbres régnèrent sur la terre, le ciel et les forêts.
Pourquoi donnons-nous un sens plus profond aux vérités lorsqu’elles se cachent derrière les mystères de l’Anneau et du Graal ?
Pourquoi les enchantements populaires ont-ils été déformés, cachés ?
Pour Laurence Gardner, la réponse à toutes ces questions se trouve dans les sources même des mythes et légendes utilisés par Tolkien.
15.99 $
Dante : le grand initié
Un message pour les temps futurs
Bonnell, Robert
ÉDITEUR : DERVY 2002
Broché ; 643 p. ; 24 x 16 cm
Innombrables sont les clés possibles pour interpréter la destinée, l’œuvre et l’itinéraire de Dante, le plus illustre des Florentins, sous le regard de la Tradition : Platon, Pythagore, saint Augustin, Virgile, la mythologie, les fidèles d’Amour, etc.
L’auteur, qui a travaillé pendant plus de 10 ans sur Dante et la Divine Comédie, nous présente une relecture inédite de toute l’œuvre du poète à travers un ensemble de traditions refondues dans le creuset de l’hermétisme chrétien.
Remarquable exégèse de l’œuvre de Dante qui nous fait mieux comprendre le poète et le message qu’il a voulu nous transmettre à travers son œuvre. C’est aussi un excellent vade-mecum sur le long et difficile chemin vers la sagesse et l’illumination chrétienne.
Ce n’est pas un livre de plus sur Dante ; c’est la première fois qu’un auteur nous démontre de façon probante qu’à travers son œuvre le poète voulait nous exposer le chemin initiatique qu’il a lui-même parcouru aux prix d’efforts gigantesques.
14.99 $

L’Initiation chevaleresque dans la légende arthurienne
Viseux, Dominique
Dervy, 1981
Collection Initiation
Broché ; 190 p. ; 14 x 22 cm
La Légende Arthurienne tient une place de choix dans la littérature médiévale et pourrait, à elle seule, donner une image assez exacte de ce que furent les principes de l’Initiation Chevaleresque dans l’histoire de la Tradition occidentale.

La trame de la légende n’a pas l’importance secondaire qu’on lui accorde généralement, mais elle constitue à elle seule un résumé de ce que nous pourrions appeler le Drame cosmogonique, en vertu des correspondances entre les ordres macrocosmique et microcosmique.

L’auteur s’attache à mettre ici en lumière l’extrême cohérence symbolique qui relie entre elles les légendes arthuriennes et ose des rapprochements avec d’autres légendes provenant d’Irlande , des Pays Nordiques, de la Grèce antique et de l’Inde. Son interprétation met en évidence l’aspect intemporel et permanent du mythe, celui qui peut résonner sur les structures profondes de l’Être et devenir véritablement "opératif".
11.99 $
La force du Symbolique
Bigé, Luc
Dervy, 2003
Collection Vie et symboles
Broché ; 235 p. ; 22 x 14 cm
Langage de la nature et de l’inconscient, les symboles n’ont que faire de la cohérence rationnelle qui veut un point de départ et un point d’arrivée, liés par une démonstration. Dans l’univers symbolique, pour celui qui traite de l’information et du sens, les commencements sont d’une extrême importance : l’information du chêne est déjà contenue tout entière dans sa semence ; le sens d’un processus historique existe déjà en termes d’information dans les contenus symboliques des conditions d’origine. L’évolution du processus n’est qu’une mise en forme de l’information présente au départ, un dévoilement de cet invisible. La pensée symbolique a ceci de particulier qu’elle ouvre aux possibles, propose sans cesse des alternatives parfois apparemment contradictoires. Elle n’a rien de figé dans des certitudes mais dévoile en toute cohérence la multiplicité des réponses probables. Autant la science introduit un déterminisme dans le monde puisque celui-ci est régi par des lois incontournables, autant la pensée symbolique l’enrichit d’un degré de liberté car le symbole prend toujours plusieurs sens, mais pas n’importe quel sens !
11.99 $
Propos sur la Chrysopée
François Gibert
Suivi de Manuscrit de Pierre Dujols-Fulcanelli traitant de la pratique alchimique
ÉDITEUR : DERVY 1995
Broché ; 268 p. ; 24 x 16 cm
Le manuscrit de Pierre Dujols sur la pratique alchimique est prétexte, pour l’érudit Jean-François Gibert à nous offrir les réflexions d’un travail de plusieurs années auprès de son maître en hermétisme, dont il nous livre les secrets philosophiques à travers mythes et légendes. Quels sont les véritables buts de l’alchimie et quel or s’agit-il d’obtenir ? La réponse se trouve dans l’antique savoir des anciens, dans les doctrines les plus secrètes du paganisme reprises et amoindries dans le judéo-christianisme, dans les contes et coutumes chamaniques, le taoïsme et la mystique gréco-égyptienne. Ainsi est abordé le domaine peu connu des coorélations existant entre la gnose et l’alchimie, sa soeur jumelle qui seule a survécu. L’étude comparée de leur littérature le montre aisément. Face à cette longue ligéne apparait "le matérialisme pseudo-alchimique", voie sans issue selon l’auteur qui nous invite, afin d’illustrer ses propos à étudier le manuscrit sur la Chrysopée de Dujols.
15.99 $
Fulcanelli dévoilé
Dubois, Geneviève
ÉDITEUR : DERVY 1990
Broché ; 200 p. 22 x 14 cm
illustrations en noir et blanc
Qui était Fulcanefli ? Quelle est la véritable identité de l’auteur des Mystères des cathédrales et des Demeures philosophales ? Qui se cachait derrière le pseudonyme de Fulcanelli, l’alchimiste dont on a dit qu’il avait découvert la pierre philosophale et opéré en 1922 une transmutation à l’usine à gaz de Sarcelles ? Que doit-on penser de sa réapparition en 1952 à Séville, à l’âge de 113 ans avec une apparence remarquablement jeune ? Fut-il un adepte, un initié ou un lanceur de canulars ? Geneviève Dubois, pour tenter de percer l’énigme, s’est livrée à une enquête minutieuse dans l’univers très secret des sociétés discrètes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Elle nous entraîne sur la trace de personnalités, telles René Guénon, Papus, Schwaler de Lubicz, Jean-Julien Champagne, Pierre Dujols..., et met en évidence les relations, souvent insoupçonnées, qui existaient entre ces chercheurs de vérité. Une investigation étayée de documents inédits, qui bouscule bien des idées préconçues et dévoile enfin le mystère Fulcanelli.
14.99 $

Le génie des pyramides
Crozat, Pierre
Dervy, 2002
Collection Les lieux de la tradition
Broché ; 439 p ; 22 x 14 cm
illustrations en noir et en couleur
De très nombreuses thèses ont déjà été consacrées au mystère de la construction des pyramides.
Ici, l’auteur nous explique que celles-ci sont construites avec des matériaux empruntés alentour. L’analyse des caractéristiques géologiques des sites d’implantation permet d’ordonner et de comprendre l’évolution des procédés de leur construction qui participent d’un continuum technique « de l’art de bâtir ».
La grande pyramide de Khéops, la plus énigmatique du fait de ses dispositifs intérieurs, se trouve être en fait la plus révélatrice du « système constructif des pyramides » et la grande galerie doit être considérée comme un « extraordinaire ascenseur oblique ».
Les observations archéologiques sur sites constituent alors autant de preuves de l’utilisation du procédé « d’accroissement pyramidal ».
C’est ainsi que la pyramide, expression d’un savoir où la main précède l’esprit, forme géométrique simple et parfaite qui interpelle la connaissance humaine depuis cinq mille ans, si elle y perd un peu de son « mystère », y gagne en « Génie ».
14.99 $
Le nombre d’or :
clé du monde vivant
Néroman (Dom)
Dervy, 2001
Collection Architecture et symboles sacrés
Broché ; 250 p. ; 22 x 14 cm
illustrations en noir et blanc
Nombreux sont les ouvrages traitant du nombre d’Or. Celui de Dom Neroman expose, bien entendu, ses vertus essentielles, mais met également en lumière des propriétés remarquables (découvertes par l’auteur) que l’on chercherait vainement ailleurs. Avec sa maîtrise habituelle, Dom Neroman dévoile le mécanisme subtil, montre les ressorts cachés du nombre d’Or, ainsi que ses moyens d’action sur la nature et, lotit ses champs d’application. Il y a merveilleusement réussi, eu n’ayant recours qu’à des notions mathématiques suffisamment simples pour rester accessibles à "l’honnête homme".
Il serait connu depuis la nuit des temps. On le retrouve chez les peintres du début du siècle, dans les cathédrales gothiques, sur les façades des temples grecs et même au cœur de la Grande Pyramide. On dit qu’il aurait été transmis de bouche de pyhtagoricien à oreille d’initié, comme un secret universel et immuable (il n’était pas considéré comme un nombre puisque seuls les entiers sont des nombres chez les grecs). De nombreux tableaux seraient conçus selon les règles de la "divine proportion" (expression datant de 1509 avec Léonard de Vinci).
11.99 $
L’ombre du poteau et le carré de la terre ou Comment décrypter les églises romanes et gothiques
Lemonde, Jean-Paul
Dervy, 1997
Collection Hauts lieux
Broché ; 280 p. ; 24 x 16 cm
illustrations en noir et blanc
Pour chacun d’entre nous, l’approche des bâtiments religieux de la période médiévale eprunte, en général, des voies spécifiques qui dépendent de l’intérêt que nous leur portons.
Les églises et les cathédrales font partie du patrimoine que nos anciens nous ont laissé. Ils y ont inscrit leur savoir, leurs techniques et leurs croyances.
La reconstitution du mode de fondation des églises ouvre un large champ de connaissances et de découvertes jusqu’alors méconnu.
La démarche ici exposée suit le processus de la méthode expérimentale et offre un nouvel outil d’investigation à tous ceux que l’art médiéval intéresse, que ce soit dans le domaine architectural et archéologique, ou symbolique, ou historique.
L’art sacré s’associe à l’art religieux qui est le seul à nous être parvenu.
L’art roman se caractérise surtout par la silhouette massive de ses bâtiments, sa faible élévation et ses voûtes en berceau, même si l’on connaissait la croisée d’ogives.
L’art gothique optimise la croisée d’ogives et l’arc-boutant, permettant ainsi de faire entrer la lumière dans l’édifice par de grandes fenêtres et de faire s’élever la nef principale toujours plus haut.

De tous les mythes créés par Platon, l’Atlantide est celui qui a connu le plus grand succès. Ce mystérieux continent situé dans l’anneau du fleuve Océan, au-delà des Colonnes d’Hercule, a fait rêver bien des hommes. Englouti sous la mer en un jour et une nuit, cette tragique catastrophe a frappé les esprits, même si Aristote s’est moqué de son vieux maître, estimant qu’il avait fait disparaître l’Atlantide aussi vite qu’il l’avait fait surgir des flots. Si Platon fut le seul dans l’Antiquité à utiliser le nom Atlantide, nombreux furent ceux qui parlèrent d’îles du bout du monde, et de terres paradisiaques au-delà du fleuve Océan. Et si Platon fut le seul à faire s’engloutir son Atlantide sous les flots, tout aussi nombreux furent les récits de déluges engloutissant l’humanité sous la colère des dieux, ou de Dieu. Avec la découverte de l’Amérique, l’Atlantide resurgit des flots : il fallait expliquer le peuplement du continent nouvellement découvert par Christophe Colomb. L’engouement ne s’est pas démenti depuis. L’auteur propose ici une explication raisonnable des mythes de l’Atlantide ou plutôt des déluges. La remontée, parfois brutale, des eaux des mers et des océans qu’a connue la terre à la fin de la dernière glaciation explique fort bien l’universalité de ces phénomènes qui sont restés dans la mémoire des hommes.

Quand on interroge les compositions ultimes de Mozart sans les dissocier, les investigations débouchent sur de bien curieuses constatations. La précision de l’entomologiste appliquée au visible s’accompagne rapidement de la nécessaire acceptation de l’invisible, tant celui-ci devient présent. Un aspect méconnu apparaît, révélateur, débarrassé d’une poussière pétrifiée par le temps. À l’évidence, la dissimulation volontaire avait fait prendre à rebours la signification des oeuvres du génie.
En conséquence, cette approche ramène La Clémence de Titus, La Flûte enchantée et le Requiem dans leur contexte d’origine et de finalité en décryptant, en particulier, La Flûte enchantée, centre du triptyque philosophique voulu.
La démarche de Mozart se replace alors dans le cadre de l’ésotérisme humaniste dont elle dépend ; celui-ci s’accordant à la chaîne de la tradition initiatique et de ses expressions, arches de la franc-maçonnerie du Siècle des Lumières.

René Guénon :

René Guénon, dont la destinée et l’oeuvre sont singuliers - intellectuel catholique, il est mort musulman au Caire en 1951 -, s’est insurgé toute sa vie contre l’évolution de la civilisation occidentale. Considérant que celle-ci était pervertie par un mauvais usage de la raison, il a plaidé avec force et conviction pour un retour à la Tradition originelle, telle qu’on peut encore la voir « vivante » dans d’autres civilisations. Beaucoup de ceux pour qui la lecture de ses oeuvres a été un choc décisif ont cherché depuis l’issue dans les voies initiatiques indiquées comme possibles par René Guénon : l’église catholique, la franc-maçonnerie, l’islam soufi ou le bouddhisme. A travers ces itinéraires, celui de Guénon et celui de ses lecteurs-cherchants, est reposée la question essentielle de la place, à l’échelle mondiale, du spirituel dans nos sociétés matérialistes.

Nos racines culturelles nous habitent beaucoup plus profondément que nous le pensons. Nous sommes imprégnés, modelés, bien au-delà du masque superficiel, dans les profondeurs invisibles de notre psychée, par nos ancêtres et les idées collectives dans lesquelles nous baignons. Des archétypes fortement chargées émotionnellement demeurent dans les soubassements de notre être.
L’auteur, dans une première partie, tente de décrypter l’histoire de cette tradition secrète qui est toujours demeurée en arrière-plan de l’histoire officielle.
Dans une deuxième partie, il examine le contenu de cette doctrine, de quoi parle-t-elle ?...

En même temps, l’auteur essaie d’actualiser cette connaissance, de lui donner un sens pour notre vie. Car si elle est immuable, elle est aussi susceptible de s’adapter. Elle n’est pas simplement un objet d’étude pour historiens des idées, mais elle nous interpelle directement, car elle est toujours actuelle, toujours extraordinairement vivante pour qui sait en saisir le fil.

Malgré le nombre important de documents mis à jour depuis plus d’un siècle et malgré l’effort accompli pour pénétrer la pensée de l’Egypte pharaonique, il reste beaucoup de non-sens dans la traduction des textes, et un mystère complet subsiste quant à la signification réelle, et au motif, de cette œuvre colossale bâtie sur deux mille kilomètres le long du Nil.
Le symbole est un signe qu’il faut apprendre à lire, et la symbolique est une écriture dont il faut connaître les lois. Lorsqu’il s’agit de pénétrer l’état d’esprit d’une époque ou le sens secret des textes, sens qui fait le fond de la connaissance égyptienne, par exemple, seule la symbolique peut y parvenir. Elle s’appuiera sur l’expression artistique, sur les données des figurations, des principes architecturaux, des paraboles et des légendes.
C’est le but de ce livre : décrire les principes qui dirigent le symbole dans l’expression d’une philosophie vitale et non d’une philosophie rationnelle.

Au-delà de la simple technique, l’art du tir à l’arc procède de connaissances et d’initiations traditionnelles. La chevalerie occidentale et les Samouraï ont évolué chacun sur leur continent, jusqu’à ce que notre civilisation, tendant trop vers le scientifique, perde peu à peu la trace de cette culture. Un élève, aidé de son maître, peut en reconstituer des bribes. Mais comprendra-t-il toujours la signification profonde de cet enseignement fondamental ?

Les plus anciens textes de la Kabbale l’affirment : "Le monde fut créé par (avec) les 22 lettres". Au cours des siècles, les penseurs juifs, les kabbalistes chrétiens ont considéré qu’elles étaient la source inépuisable d’un savoir et d’une connaissance traditionnelle. Le lecteur, dans son cheminement de lettre à lettre, s’ouvrira à une autre façon de penser et de se penser.

« Les arcanes s’avilissent quand ils sont révélés ; et, profanés, ils perdent leur grâce. Ne jette donc pas de marguerites aux pourceaux, et ne fais point à un âne une litière de roses. »
Les Noces Chymiques de Christian Rose-Croix, 1616
Quelques musées en possèdent et certaines expositions maçonniques en ont présenté de belles pièces, mais jamais une telle collection n’avait été réunie.
En près de vingt ans de quête et de travail, Daniel Guéguen a « rassemblé ce qui est épars » et offre à nos yeux émerveillés une véritable galerie d’art de 150 bijoux Rose-Croix des XVIIIe et XIXe siècles.

L’Encyclopédie des religions en deux volumes publiée aux Éditions Bayard est un monument qui s’inscrit dans l’air du temps. Elle répond à l’intérêt croissant que suscitent aujourd’hui les grandes traditions religieuses.

Le pluralisme religieux et le besoin urgent de trouver un sens profond à l’existence forcent la remise en question des repères traditionnels et ouvrent la voie à de nouveaux comportements. Mais cela n’est pas sans danger. D’un côté, il y a le risque de perdre les multiples héritages culturels et religieux, de l’autre, celui de céder au fondamentalisme. L’Encyclopédie des religions se veut justement une aide précieuse pour relever les défis inhérents à la culture globale émergeante.

Maître Eckhart

Dominicain et théologien mystique allemand (Tambach, près de Gotha v. 1260 - Avignon, v. 1328). Professeur de théologie à l’université de Paris, prédicateur à Strasbourg et à Cologne, il fut le maître du mouvement mystique rhénan. Sa doctrine, imprégnée du néoplatonisme du Pseudo-Denys, nous est parvenue au travers d’une oeuvre latine, à destination du public universitaire, et surtout d’une oeuvre allemande, composée de traités et de sermons, issus de sa prédication dans la vallée du Rhin auprès des béguines et des soeurs de son ordre. Condamnées à l’époque par l’Église, ses thèses furent néanmoins répandues par ses deux principaux disciples, Jean Tauler et Henri Suso. Par eux, la mystique rhénane ou allemande exerça une influence à l’échelle européenne. Il fallut toutefois attendre le XIXe siècle pour que soit redécouverte l’oeuvre de Maître Eckhart lui-même, prélude à une série d’interprétations, sérieuses ou extravagantes, de sa doctrine. Aujourd’hui encore, Eckhart suscite une indéniable fascination.

Confucius fut, a-t-on bien souvent dit, plus un sage qu’un philosophe. C’était se méprendre sur son ambition, quoiqu’il ne l’affichât pas si souvent. Il fut l’un par ses actes et l’autre par ses mots. En ces deux cadres, il n’eut de plus grand amour que celui qu’on accorde au genre humain, de plus grande ambition que de le hausser à l’acmé de ses talents multiples par tous moyens à sa disposition.
En son temps, les hommes de bien se tournaient vers un passé supposé fournir un idéal ; il s’attacha à rebâtir en eux les valeurs supérieures du bien, du noble, du juste qu’il pensait incarnées dans les sages princes de jadis, dans les saints rois des premiers temps connus. Il voulut changer le monde en changeant les hommes : si le premier avait été sur la bonne voie, aurait-il tant cherché à corriger ceux-ci ?
Penseur inclassable et intemporel, Confucius inventa que tout homme est digne, car « frère des hommes ». Il sut même hisser cette dignité à un niveau que peu de penseurs en Chine dépassèrent après lui. Pour cela seul, il mérite assurément d’être pour toujours appelé « le Maître ».

Maïmonide
Hayoun, Maurice-Ruben
Entrelacs, Paris 2005

Le réexamen de la personnalité de Moïse Maïmonide (1138-1204) ne laisse pas d’être riche d’enseignements. Et pourtant, on ne parvient pas à déchiffrer entièrement l’énigme d’une telle vie, celle d’un penseur juif persécuté, tourmenté par le destin malheureux de son peuple et obligé de quitter son Andalousie natale pour la lointaine Égypte où il vivra ses vieux jours.
Le même constat s’impose quant à son oeuvre. Alors que la philosophie et la théologie sont aujourd’hui deux vocables presque antinomiques, pour un penseur du XIIe siècle, il en allait autrement : la philosophie proprement dite, c’est-à-dire une spéculation différente des sciences traditionnelles qui se réclament de la révélation, visait les mêmes objectifs que la théologie ou la science de la Tora, mais avec des moyens différents. Ainsi, Maïmonide s’est délibérément rallié au modèle et à la tradition des lettrés judeo-andalous qui l’avaient précédé. D’une certaine manière, il fut l’héritier des philosophes et des théologiens d’Espagne qu’il dépassera en tentant une synthèse originale entre les doctrines d’Aristote et les enseignements de la Tora.

La Voie bouddhique, dont les premiers fondements apparurent en Inde au VIe siècle avant J.-C., a connu tout au long de son histoire et de sa diffusion des développements différents dans son désir constant de s’adapter à la société de son temps et aux cultures des pays dans lesquels elle s’était implantée, si bien qu’on serait presque tenté de parler des « voies bouddhiques ». Pourtant, un point scelle l’ensemble de ces traditions : la dévotion à l’égard de Celui qui montra la Voie, le Bouddha.
Cet ouvrage se veut une présentation de la sagesse du Bouddha dans ce qu’elle a d’éternel, c’est-à-dire à la fois dans sa profondeur et dans son dynamisme. Son auteur ne porte pas de jugement radical établissant une hiérarchie entre telle notion ou telle pratique par rapport à telle autre. Les dispositions et les aspirations des êtres sont si diverses, comment la voie de la Sagesse pourrait-elle être unique ? C’est sa capacité à évoluer en surface, tout comme la pointe d’un iceberg qui se transforme au gré du temps, sans pour autant que sa base en perde sa profondeur, qui permet de qualifier l’Enseignement du Bouddha de « Sagesse éternelle ».

Le monde des sciences occultes et de l’hermétisme à la Renaissance est comme une flore riche et variée, aux charmes envoûtants, un paysage en clair-obscur plein de tours et de détours.
Un bon guide permet de ne pas se perdre dans cette forêt, ou de ne pas laisser certains arbres la cacher ; or, mieux que d’autres bonnes études consacrées à la magie à la Renaissance, celle-ci remplit une telle fonction. En nous présentant la biographie et l’œuvre d’un des plus célèbres représentants de l’ésotérisme européen de cette époque, Henri Cornelius Agrippa, l’auteur fait revivre tout un univers mental dont, par certains de ses aspects, le nôtre est encore tributaire.
La vie et les écrits d’Agrippa, sa Philosophie occulte (1533) notamment, si répandue, citée et plagiée depuis près de cinq siècles, se trouvent replacés en leur contexte. C’est celui d’une Europe où, dans une lumière de correspondances et d’analogies, la pensée magique, ainsi que diverses pratiques du même type, faisaient partie des expressions de la culture ambiante. Et le présent livre, parce qu’il éclaire les unes par les autres, nous permet de les mieux comprendre.

La première partie du recueil de travaux de Pierre Deghaye est consacrée à la théosophie allemande. Paracelse (1493-1541), le médecin philosophe, en est le précurseur et Jacob Boehme (1575-1624), le cordonnier visionnaire, le fondateur. Hegel a appelé Bochme le père de la philosophie allemande. Friedrich Christoph Oetinger (1702-1782), dignitaire luthérien et kabbaliste, s’est fait le disciple tardif de Bochme.....
La deuxième partie, quant à elle, est consacrée à des oeuvres littéraires examinées en rapport avec la théosophie. Avec le personnage de Faust, mais aussi dans d’autres contextes, Goethe (1749-1832) tient une grande place. Novalis (1772-1801), qui a été influencé par la tradition issue de Boehme, est également très présent. Ludwig Tieck (1173-1853), dans un roman peu connu, montre la perversité des faux mystiques. Au siècle suivant, Hermann Hesse (1877-1962) illustre le thème de la conjonction des contraires mis en valeur par Carl Gustav Jung (1875-1961), le psychanalyste féru de science hermétique......

La première moitié du XVIIe siècle est marquée par une triple crise de la civilisation occidentale : dans le domaine politique, l’opposition entre l’absolutisme naissant et l’idéal d’un pouvoir contractuel fondé sur le droit naturel ; dans le domaine religieux, le besoin de transcender les clivages dogmatiques et d’ouvrir la spiritualité sur la nature et le monde matériel ; enfin, dans le domaine scientifique, la tension entre la conception mécaniste d’un univers enfumé sur lui-même et la conviction que l’architectonique du monde a un sens. Les écrits parus entre 1614 et 1616 sous la bannière de la Rose-Croix, qui n’était nullement une secte, proposent sur le mode mythique une solution à tous ces problèmes en apportant à l’homme ce que Bergson désignera beaucoup plus tard comme un supplément d’âme , en dessinant l’image virtuelle de l’homo maximus. Au seuil du troisième millénaire, notre civilisation, confrontée aux dangers d’une technologie pas toujours maîtrisée, est aussi en crise, et un certain nombre de physiciens, de biologistes renommés s’interrogent sur le sens de l’univers. Le mythe de la Rose-Croix du XVIIe siècle peut aider les hommes de notre temps à le retrouver.