Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Est-ce que le budget de l’Education Nationale est une niche fiscale (...)

Une niche fiscale ou une niche aux étudiants ?

Est-ce que le budget de l’Education Nationale est une niche fiscale ?

Où se nichent les économies

lundi 13 septembre 2010, par Picospin

Il est étrange que les économies concernant ce qu’on appelle avec emphase la sécurité soient réalisées aux deux extrémités de la chaine conduisant de la formation des enfants et adolescents jusqu’à leur sortie du monde de l’éducation dont le but serait de faire des jeunes cerveaux, des adultes avec leur maturité, leur stabilité, leur sagesse réfléchie.

Il est non moins curieux que la majorité des interventions du grand public s’attache à vouloir intervenir à une extrémité de ladite chaine plutôt qu’à ses deux bouts. Répression oui, éducation renforcée : non. Pourquoi, au nombre des expérimentations multiples, proposées par le gouvernement et les instances impliquées dans l’éducation n’a-t-on pas tenté de réfléchir sur un renforcement des méthodes éducatives alors que tout le monde a la bouche pleine de propositions pour élargir le spectre de la répression, de l’enfermement et plus récemment encore de restrictions dans le budget attribué aux familles en difficulté pour assurer à leur progéniture un enseignement de qualité, un soutien scolaire digne de ce nom et une aide pédagogique d’où qu’elle vienne pour tenter d’organiser une recherche susceptible de dégager les grandes lignes d’une amélioration des conditions d’encadrement des plus jeunes dont on souhaite faire des individus intégrés dans une nation qui se dit préoccupée par les incartades des récalcitrants et des marginaux.

Des paris du PMU aux paris sur les enfants

L’étrange dans ce débat est que peu souhaitent se lancer dans le pari que l’éducation a une chance de réussite dans la formation des jeunes et que tout se passe comme si tout le monde avait déjà abandonné le combat avant même d’avoir essayé de déployer le doux armement de l’accès aux connaissances, de l’intérêt affectif, en un mot du « care » maitre mot actuel, enfoui dans le subconscient de quelques enthousiastes et capable, d’après des expériences précédentes de redresser uns situation qui n’a aucune chance de s’améliorer si on met tout le monde en prison et que cette dernière ne devient qu’un centre de formation apte moins à l’intégration dans la société mais à la désintégration des individus. On cherche à détruire les niches fiscales comme à anéantir les nids de guêpes pour les empêcher de piquer. Dans cette perspective, pour réaliser des économies qui n’en sont pas, pour racler les fonds de tiroir des réserves budgétaires de la République, on ne cesse de rogner sur des sources sacrées qui sont celles destinées à ce que l’homme a de plus précieux.

Garanties

La garantie d’une formation nécessaire et suffisante pour créer des hommes à l’image d’une spiritualité engagée dans la société afin qu’elle en tire le plus grand bénéfice pour elle-même et ses descendants. Comment peut-on laisser une classe sans professeure, sans enseignant, sans adulte capable d’encadrer, de guider, de susciter la pensée et une réflexion adaptée aux enjeux de l’avenir de notre société ? Il parait que la rentrée « est très bien préparée ». On évite de dire pour qui, pour quoi faire et pour quel nombre. Les jeux de hasard sont en pleine extension dans ce pays dans le but de récolter des moyens de subsistance à l’usage des jeux, d’objectifs ludiques, ou de courses de chevaux. Est-ce qu’on ne pourrait tenter de dériver ces sommes sur d’autres objectifs comme par exemple ceux de fabriquer des hommes à visage humain, le nôtre, moins cloné qu’original et susceptible – oui je dis bien susceptible – de mettre en chantier la construction d’individus autonomes, réfléchis, capables de maitriser leurs passions et d’éviter les dérives. Autrefois, Pascal avait superbement parié sur Dieu, plutôt sur son existence éventuelle. Ne pourrait-on cette fois, parier sur l’HOMME ?

Questionnement éthique :

1. Comment et pourquoi suivre la question du devoir selon Kant qui pense que l’action morale est toujours le fruit de la reconnaissance d’une contrainte qui s’impose indépendamment de toute sollicitation et antérieurement aux préférences, aux désirs et mobiles de la subjectivité sensible ?

2. Est-ce que cet impératif catégorique vise à rendre l’homme heureux ou à le construire de telle sorte de telle sorte que c’est la résultat de la construction qui peut le rendre heureux ?

3. Est-ce que l’autonomie est la condition du bonheur ?

4. Est-il vrai que la question de déterminer si une action est le moyen le plus approprié pour atteindre une fin désirée est la plus importante ou si c’est celle de savoir si elle est juste ?