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Réformer les tehniques d’enseignement :

Est-il trop tard ?

Pourquoi est-ce si compliqué en France ?

mercredi 21 novembre 2012, par Picospin

Ces derniers devront consentir à de sérieux efforts de mise à jour s’ils ne veulent pas prendre le risque de devoir quitter leur chaire de privilégiés, bien calés dans leurs confortables fauteuils en haut de l’estrade pour marquer topographiquement la distance en x, y avec leurs élèves autrefois subordonnés et qui ne tarderont pas à imposer leurs propres méthodes de transmission des connaissances pour remplacer le fruit trop mur des plus anciennes, condamnées à leur engloutissement dans les eaux profondes où gisent les résidus du savoir passé.

Cause perdue ?

Pendant que les enseignants en France se battent pour défendre une cause perdue, celle d’un enseignement en voie de disparition que même les communautés les plus appauvries ont cru devoir adopter pour remettre à jour leur jeunesse perdue dans une pédagogie rétrograde, incapable de se moderniser, ne serait-ce que par le recours aux nouvelles technologies de l’information…Et pendant ce temps, en France, le ministère, qui mène des discussions difficiles sur la réforme des rythmes scolaires, pourrait demander aux communes d’assumer trois heures en plus par semaine d’activités périscolaires. Peut-on réformer les rythmes scolaires, se demande-t-on avec angoisse pendant qu’ailleurs on se pose moins la question des conditions efficaces d’enseignement que de celles des vacances à ménager ? Si le retour aux quatre jours et demi d’école par semaine - contre quatre aujourd’hui - semblait faire consensus, les négociations sur la mise en oeuvre de la mesure se révèlent ardues. La grand-messe de l’été sur la " refondation " de l’école est déjà loin.

Intérêts de l’enfant

Après les beaux discours qui ont célébré l’intérêt de l’enfant, affirmé la nécessité d’une journée d’école plus courte, d’une semaine continue et d’une année scolaire plus équilibrée - le tout pour favoriser les apprentissages -, retour à la réalité. Aux questions de financements et de temps de travail. Autrement dit, aux intérêts des adultes. Ministère de l’éducation nationale, communes et syndicats d’enseignants sont engagés dans un bras de fer pour savoir qui va payer la note de la réforme. Car celle-ci a un coût, et c’est bien pour cela que ça coince. Faire classe le mercredi matin et raccourcir la journée d’école, même si ce n’est que de trois quarts d’heure comme le ministère a l’air de l’envisager, suppose d’encadrer les élèves après que la cloche a sonné - probablement à 15 h 45 - pour qu’" aucun enfant ne soit hors de l’école avant 16 h 30 ". Voilà les vrais soucis des acteurs de la vie scolaire depuis les syndicats jusqu’aux administrations et aux acteurs de cette activité essentielle pour l’avenir du pays. Au coût de l’encadrement s’ajoutent ceux des locaux, des transports scolaires et éventuellement d’une cantine en plus le mercredi. Le deuxième round des négociations, engagé lundi 12 novembre, semble donner l’avantage aux enseignants plutôt qu’aux collectivités.

Un gros effort

A ces dernières, le ministère a demandé un effort considérable : trois heures de prise en charge supplémentaire par semaine, sous la forme d’activités périscolaires - sportives, culturelles, artistiques...Les enseignants, eux, peuvent souffler, car on ne leur demande pas de travailler plus. " La dynamique repart dans le bon sens ", se réjouit l’UNSA-Education. La fédération estime que le premier scénario, mis sur la table des négociations le 15 octobre et jugé " inacceptable " par tous les syndicats d’enseignants, est d’ores et déjà " enterré ". Dans cette première mouture, il leur était demandé d’assurer une aide aux devoirs en classe entière une demi-heure chaque soir, soit deux heures par semaine. Un effort de même importance était demandé aux communes. Dans le nouveau scénario, il n’est plus question d’aide aux devoirs, disent les syndicats. Les enseignants continueraient à travailler vingt-sept heures par semaine, dont vingt-quatre heures d’enseignement. Les trois heures en plus le mercredi matin seraient compensées par des journées raccourcies de trois quarts d’heure les lundi, mardi, jeudi et vendredi (5 h 15, contre 6 heures actuellement). On voit se dessiner les véritables soucis des intervenants à divers titres du grand jeu de l’apprentissage et de la transmission des connaissances.

Aide personnalisée

Les interrogations portent sur le devenir de l’aide personnalisée, des temps d’animations pédagogiques, de réunions d’équipe... tout ce qui constitue le temps de travail " hors la classe " des enseignants, et qui représente 108 heures dans l’année. Le sujet est au programme des discussions bilatérales qui reprendront cette fin de semaine et se poursuivront pendant quinze jours. La question des rythmes, si elle focalise l’attention, ne devrait pas être développée dans la loi d’orientation et de programmation sur l’école dont la présentation en conseil des ministres, initialement prévue le 19 décembre, pourrait être reportée en janvier. En mettant de côté son premier scénario, Vincent Peillon a-t-il reculé ? C’était un schéma d’entrée en négociations destiné à évoluer au gré des discussions ", explique le ministère, qui récuse tout recul. L’engagement de campagne de François Hollande - un retour à neuf demi-journées d’école dès septembre 2013 - est en passe d’être tenu. Tout comme celui d’un allégement des journées, même s’il peut sembler modeste en portant sur moins d’une heure.

Organisation des rythmes scolaires

Reste qu’on ne pourra pas parler d’une " refondation " des rythmes tant que le Ministère de l’Éducation Nationale ne se sera pas emparé de l’organisation de l’année et des vacances scolaires. Est-on en retard d’une guerre sur le champs de bataille de la pédagogie dans un monde moderne où les discussions sur les horaires de travail, les types d’activité paraissent bien désuets à côté des enjeux majeurs que constituent la réduction du chômage et la seule manière de l’obtenir qui est la formation appropriée des plus jeunes, l’épanouissement d’une jeunesse désespérée par des années de passivité et d’inertie dans les domaines de l’accès à l’emploi et d’abrutissement sur les sentiers de la culture de masse. Après tant de médiocrité dans les comportements qui se doivent d’être exemplaires, le niveau des débats où l’on préfère l’humour au ras du sol à la réflexion, il ne faut guère s’étonner de constater le manque d’enthousiasme pour entreprendre, créer, innover, voire se distinguer par la qualité, l’originalité et l’invention.