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Un club ?

Ethique-Info accueille Benjamin Lefranc

Une opinion...

mercredi 10 décembre 2008, par Picospin

Benjamin Lefranc est donc un groupe de réflexion, qui n’aurait pas la prétention de s’appeler think tank, composé de quelques amis, qui voudraient bien ne pas traverser ce monde sans apporter leur petite pierre à la construction de l’édifice, en cherchant à analyser - aussi honnêtement que possible, en s’appuyant pour ce faire sur l’expérience qu’ils ont acquise tout autant que sur les modestes connaissances qu’ils s’efforcent de tenir à jour – les évènements et les situations qu’ils révèlent, ou qui en découlent. En cherchant aussi, dans la mesure du possible, à faire des suggestions qui pourraient permettre de contribuer à dénouer les nœuds et de progresser.

Du club aux candidats à la Présidence

Benjamin Lefranc a adressé en 2007 aux principaux candidats à la Présidence de la République un questionnaire qui manifestait bien dans quel sens ils voyaient le progrès, et espéraient savoir lesquels, parmi les destinataires, apporteraient, s’ils étaient élus, des réponses satisfaisantes à leurs yeux. Plus récemment, au printemps 2008, c’est au futur Président français du Conseil Européen qu’ils ont suggéré quelques mesures que L’UE pourrait décider ou lancer pour améliorer certaines situations dans le monde, notamment sur la contribution possible de l’UE à la lutte contre la faim dans le monde. Le groupe souhaite maintenant, par le truchement d’Ethique-Info, pouvoir présenter ses idées à un public plus large, recevoir de lui critiques et suggestions, établir un dialogue profitable avec ceux qui, comme lui, souhaitent agir en citoyens actifs et responsables. L’Europe est en panne, au moins dans sa construction politique. BLF s’est efforcé de réfléchir sur les raisons de cette panne et les moyens d’en sortir, car il lui apparait nécessaire - pour ne pas dire indispensable - pour des raisons tant structurelles que conjoncturelles, et possible, de poursuivre la construction politique et économique de l’Europe.

Les cinq points

Dans un monde qui change il est de l’intérêt de tous les membres de l’Union Européenne de mener à bien cette construction ; c’est ce que nous avons voulu démontrer en 5 points qui seront successivement publiés sur ce site. 1)Poursuivre la construction de l’Europe est une nécessité et un impératif ; une possibilité également. Pourquoi affirmer une telle conviction alors même que l’Union Européenne existe, qu’elle est l’aboutissement d’un travail entrepris depuis plus de cinquante ans, et que ce travail sera poursuivi ? Oui, c’est vrai, une certaine Europe existe, une Europe économique – qui n’est d ‘ailleurs pas complète car il n’y a pas de gouvernement économique de l’Europe – qui répond à des objectifs bien définis, que les « pères fondateurs » de cette Europe ont exprimé en une phrase : que la guerre entre pays européens ne soit plus possible. Cet objectif est atteint ; on pourrait donc en rester là.

Europe et évolution du monde

Mais depuis cinquante ans le monde a évolué, la position de l’Europe dans le monde également, et pas à l’avantage de l’Europe.
L’Europe, les pays européens, ont perdu leur position dominante dans le monde. Deux guerres mondiales ont eu lieu, dont certes les pays européens portent très largement la responsabilité, et qui ont meurtri profondément bien d’autres pays dans le monde. Mais les pays européens, les « grandes puissances » européennes, ex puissances impériales, y ont perdu leur statut de puissances dominantes ; peut-être est il excessif de parler de déclin de l’occident (il s’agit ici de l’occident européen), mais force est de reconnaître que de 1945 à 1990 deux puissances ont dominé le monde, se sont même plus ou moins ouvertement affrontées pour la domination du monde, et qu’après l’effondrement de l’Union Soviétique d’autres puissances ont émergé qui s’efforcent de prendre une place parmi les premières (sinon la première), dans le même temps où la seule puissance hégémonique restant a vu cette hégémonie contestée et difficilement maintenue, par excès d’ambitions ou insuffisance de moyens. Les pays européens pris isolément se sont retrouvés petits, petits quant à l’importance de leurs populations et petits quant aux ressources de leurs territoires, de plus en plus dépendants d’un monde ouvert, pions très modestes pour le grand jeu sur l’échiquier de la mondialisation. En perte de vitesse au plan démographique – sans parler de déclin démographique, force est de constater peut-être une baisse, à tout le moins une stagnation de la population qui n’est pas sans poser problème dans un monde en pleine expansion démographique, et qui crée une forte aspiration vers l’Europe, zone riche – l’Europe l’est aussi au plan économique, ne serait ce que par sa dépendance à l’égard du monde extérieur, pour l’énergie et certaines autres matières premières essentielles.

Démographie et économie

De cet affaiblissement, absolu ou relatif, il faut impérativement que les européens, les peuples européens prennent conscience, comprennent qu’il est essentiel de poursuivre la construction européenne en réalisant , après l’union économique, l’union politique. Ce n’est que par son unité, que devra matérialiser une structure de pouvoir permettant la prise de décisions politiques, que les pays européens unis pourront conserver leur force, et la faire entendre d’une seule voix. A défaut, on voit mal comment augurer de l’avenir de l’ensemble européen. Or cette construction de l’Europe politique est en panne depuis quelques années. ; une première tentative avait été faite avec le projet de traité portant une Constitution de l’Europe – les réferendums contre en France et aux Pays-Bas y ont fait obstacle – une relance plus modeste (on ne parle plus de constitution mais le Traité de Lisbonne visait à créer des institutions politiques) s’est heurtée au vote négatif de l’Irlande ; le sort final de ce traité est encore inconnu, car tous les Etats membres ne se sont pas encore prononcés, mais il est profondément obéré, sinon condamné, par le vote irlandais. Certains voient bien la nécessité d’une nouvelle étape vers la construction de l’Europe politique, certains, gouvernements ou peuples, beaucoup moins. Pour ceux-là, le reproche fondamental fait à l’Europe actuelle est que les mesures décidées ou proposées aux membres auraient pu l’être, pour une large part, par les Etats eux mêmes ; qu’il n’est pas évident que l’Europe apporte à chaque citoyen, dans l’immédiat, une amélioration de son sort. La preuve d’un « plus » par l’union n’est pas trop difficile à apporter ; il n’est que de voir combien l’existence de l’Euro, les décisions prises en commun au sein de l’Euro-groupe ont permis, dans la crise financière et économique actuelle, de calmer le jeu et d’apporter à ses membres une certaine sécurité.

Une relance nécessaire ?

La relance est donc nécessaire ; la crise financière et économique dans laquelle nous nous enfonçons et dont nous ne sommes pas près de sortir est une illustration de cette nécessité. Mais une relance qui vise au delà du court terme ; dans l’immédiat, si une action en commun est possible, elle ne peut se faire que dans le cadre des instituions existantes et avec les moyens dont elles disposent. La relance pour l’avenir passe donc par un travail d’information des peuples, en sorte que l’opinion prenne conscience des faiblesses de l’Europe quand au maintien de sa place dans l’avenir, et donc de la nécessité de remédier à ces faiblesses, et que la volonté générale puisse s’exprimer dans ce sens ; elle passe aussi, et ce pourrait être le complément de ce premier travail, par la mise en œuvre de procédures nouvelles aptes à engendrer le succès là où les traités internationaux ont jusqu’à ce jour échoué. Les institutions actuelles, celles des traités, exigent pourtant l’unanimité. Pourquoi ne pas recourir, comme l’a suggéré B. Geremek, à un referendum de tous les peuples européens, qui seraient appelés à répondre le même jour à la même question, pour surmonter l’obstacle de la règle de l’unanimité ; pourquoi ne pas faire élire, par les peuples européens, une Assemblée Constituante Européenne chargée d’élaborer cette constitution dont nous avons besoin et que nous n’avons pu obtenir par la voie diplomatique. D’ailleurs est ce bien à un traité de donner naissance à une constitution ? …