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Comment gérer la qualité et l’honnêteté de l’information ?

Ethique de l’information

La probité des médias est-elle toujours respectée ?

dimanche 19 juillet 2009, par Picospin

Cette question est posée fréquemment dans des contrôles de connaissance imposées ou proposées dans des écoles qui traitent de certaines sciences humaines, en particulier celles qui ont des relations particulières avec les médias, le journalisme, la radio ou la télévision.

Un débat ?

C’est aussi le débat qui a cours aux Etats-Unis, depuis que le blog consacré à la technologie a reçu des documents subtilisés chez Twitter et a décidé d’en publier une partie. Une tempête a été déclenchée par ce dernier lorsqu’il a annoncé qu’il avait cette intention depuis la réception de documents transmis par un quelconque hacker à partir de sources en provenance de Twitter qui contiennent des informations confidentielles et sensibles comme les données qui affecteraient la sécurité de la société, comme des codes d’accès à certains comptes, à l’exclusion d’autres informations, compte-rendus de réunions, projections financières ou simples notes de frais d’employés. Une note sur son blog a annoncé sa décision, ce qui a suscité d’innombrables commentaires en majorité pour lui demander d’y renoncer. En bon blogueur, Arrington, le fondateur de la société en question en a profité pour lancer le débat avant de mettre en ligne les documents, dont TechCrunch affirme qu’ils n’ont « rien d’explosif". Cette situation n’empêche pas la blogosphère américaine d’être en ébullition et le débat de déborder sur… Twitter.

Un gourou ?

Le fondateur TechCrunch, l’un des gourous de la Silicon Valley, fait observer sur son blog qu’il diffuse tous les jours des secrets « volés » d’une manière ou d’une autre à des sociétés et que le scoop est bien souvent basé sur des informations subtilisées à des gens qui ne voudraient pas qu’elles sortent, ou pas à ce moment-là. Cet argument parait imparable pour certains au point de les avoir incités à faire de même dans leur organe de diffusion. Un cas d’école s’est présenté à l’époque où Valéry Giscard d’Estaing était Président de la République. Un journaliste du Monde avait eu accès à un rapport officiel sur la politique énergétique de la France lorsqu’il avait été laissé seul quelques instants dans un bureau ministériel. Lorsque ses informations avaient fait la « Une » du « Monde » le lendemain, VGE avait menacé Jacques Fauvet, alors directeur du Monde, de procès pour vol si le journaliste en question n’était pas licencié ce qui fut fait mais n’empêcha nullement le journaliste de faire par la suite une grande carrière. Le journalisme a ou croit avoir dans ses fondements la possibilité de diffuser et porter sur la place publique des informations que les pouvoirs ne veulent pas voir sortir, et donc de transgresser des règles.

Transgression

Ces dernières diffèrent d’un média à l’autre, d’un journaliste à l’autre, entre ceux qui ne sont pas prêts à violer la loi, et ceux qui estiment que tout est valable pour une info. Dans les faits, pour savoir ce qu’il peut faire ou ne pas faire, le journaliste est souvent seul face à sa conscience. Certes, dans sa réflexion sur les situations favorables à la dissémination, l’éparpillement, la reproduction ou la vulgarisation des informations, surtout si elles contiennent une essence scientifique d’importance telle qu’elles méritent la confidentialité, il existe des règles qui peuvent servir de garde-fou comme celles de ne pas diffuser des informations risquent de mettre la vie d’un individu ou d’une source de renseignements en danger, ou encore ne pas monnayer une information même si des médias recourent à ce moyen pour s’en procurer. Mais au-delà de ces précautions, bon nombre de journalistes seront d’avis, au nom du droit à l’information, que la fin justifie les moyens.

Vulgarisation de l’éthique

A ce sujet, le philosophe Ludwig Wittgenstein pense que l’erreur serait grande d’entrainer les participants à une conférence sur l’éthique dans un débat de vulgarisation qui permettrait à nombre d’entre eux de faire semblant de comprendre sans en avoir réellement saisi le sens profond. Il peut fort bien accompagner le locuteur dans un cheminement illustrant la circulation, la progression et la propagation des renseignements associée au but auquel ils mènent sans nécessairement en saisir toute l’amplitude et la profondeur. Comment traiter le problème dès lors que l’on prend l’éthique comme investigation générale de ce qui est bien, sinon esthétique, en le construisant à partir d’une symbiose des caractéristiques qui appartiennent à l’éthique, à une valeur, à ce qui compte réellement et qui contribue à définir le sens de la vie ou de la façon correcte de vivre ? Dans cette perspective, n’est-il pas capital de séparer le sens trivial ou relatif du sens éthique absolu ? Utiliser ce sens dans sa relativité est infiniment plus facile que de l’appliquer pour la définition qu’il prend dans sa signification de l’absolu.