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Comment rendre une empreinte éthique à celle des affaires ?

Ethique des affaires

Lendemains douloureux des scandales en cascade

vendredi 19 décembre 2008, par Picospin

Ce n’est pas nécessairement celui de l’entreprise mais surtout celui de la finance qui s’effondre comme les tours de New York, indice prémonitoire de ce qui attendait la société occidentale. Est-ce encore Locke qui a incité, par ses travaux sur la justification de la propriété à promouvoir cette vision de la finance à la participation politique ?

Adam Smith

D’aucuns pensent que c’est Adam Smith qui a servi d’initiateur à l’émancipation de l’économie du domaine de la morale dans son ouvrage « Essai sur la richesse des nations », paru en 1776. C’est aussi depuis que l’homme a été réduit sans succès, fort heureusement à sa dimension économique comme s’il s’agissait d’un être mû exclusivement par son intérêt que cette évolution a tenté de voir le jour. Ce mouvement s’est développé depuis qu’a été acceptée l’idée que toute action est motivée, rationnelle et utile et que les individus agissent sous l’influence de leur propre bilan des coûts et des avantages pour conduire à la théorie philosophique de l’utilitarisme, complétée ensuite par la tendance à la maximisation des satisfactions personnelles tout en visant à promouvoir la bienveillance et la justice. Ce faisant, les adeptes de cette mouvance ont vu assez loin puisque la théorie de la justice selon Rawls n’a vu le jour dans sa formulation moderne que en 1971 même si par ailleurs dans cette oeuvre l’auteur penche plutôt vers l’utilitarisme tout en soulignant l’importance pour lui de donner à la justice le rôle de première vertu des institutions sociales comme la vérité est celle des système de pensée. Comme le principe de vérité, celui de justice doit être à la base de toute démarche du politique, comme précédant tout acte et tout acte la supposant. A ces pionniers sont associés les noms de Jeremy Bentham et John Stuart Mill qui clament très haut et très fort que l’on peut accroitre son propre bonheur en augmentant celui des autres.

Dérégulation ?

Ces prises de position impliquent l’absence de toute forme de régulation de la concurrence et de restriction aux flux transnationaux de biens, de capitaux ou de personnes. Les entreprises visent actuellement à cultiver leur image en montrant leur désir d’humanisation par une amélioration de l’esthétique du décor, des ressources humaines, de l’autonomisation des salariés, de la considération envers l’entreprise parce qu’elle est porteuse de valeurs. Cette politique leur permet d’entrer dans le cercle vertueux de la performance sociale par l’application des principes de légitimité, de respectabilité et de responsabilité de l’action sociale. Est-ce que l’entreprise est un acteur moral qui assure une responsabilité sociale ? Cette dénomination derrière laquelle se cache une réalité sociale est considérée par certains comme un moyen de se prémunir contre les mouvements sociaux, ce qui représente une réelle économie en raison du coût d’une grève, d’un arrêt ou d’une interruption plus ou moins prolongée de travail. C’est pour étudier ce problème qu’a été créé le Cercle d’Éthique des Affaires qui a pour objet de promouvoir l’éthique professionnelle, civile et individuelle, ainsi que la responsabilité sociale des entreprises. Sa mission est de lever la loi du silence, de révéler les pratiques illicites, d’établir les preuves et d’agir, par information ou par intervention judiciaire ou par conciliation ou par mobilisation de l’opinion publique. Premier mouvement ouvert à tous, entreprises, institutions et particuliers pour lutter contre toutes les formes de corruption, le Cercle d’Éthique des Affaires rassemble les énergies et offre par ses avocats, juristes et experts attitrés les compétences reconnues et l’efficacité attendue.

Un cercle vertueux ?

En relation avec des structures semblables dans les principaux pays du monde, le Cercle d’Éthique de Affaires participe à un réseau international de réflexion sur les aspects philosophiques et moraux concernant le rôle et l’importance de l’éthique appliquée, de recherche pour approfondir les concepts et méthodes à la base de la déontologie d’entreprise, d’étude des critères d’évaluation des comportements éthiques, de formation des responsables en charge des chartes déontologiques d’entreprise et d’action au profit de la promotion de toutes les initiatives éthiques. Le management responsable est l’instrumentation de gestion visant à mettre en oeuvre les dimensions reconnues à la responsabilité sociale des entreprises : économique, sociale et environnementale. Entreprise Éthique » est une revue internationale qui vise à contribuer au développement des recherches et des échanges portant sur l’éthique organisationnelle. Point de rencontre privilégié entre le monde universitaire et celui des entreprises, la revue publie des articles inédits écrits par des auteurs de toutes nationalités, enseignants, chercheurs, consultants, responsables d’entreprise et d’organisation. Destinée aux dirigeants d’entreprise, aux universitaires et aux étudiants, et à tous les acteurs politiques, administratifs, économiques et sociaux, chaque numéro s’articule autour d’un dossier thématique dont il aborde les aspects économique et juridique, sociologique et philosophique. Il comprend des chroniques, des nouvelles de l’étranger, des témoignages, des confrontations et des analyses d’ouvrages. Les textes produits par les entreprises reposent sur l’idée que l’éthique « rapporte » et que les retours rentabiliseront les investissements.

Des chartes, des codes, des déclarations

A cet égard, on fait de l’éthique comme on fait de la publicité. Grâce à ses déclarations, ses chartes et ses codes l’entreprise se place au-dessus de toute instance extérieure susceptible de déterminer sa responsabilité. Elle intègre des concepts éthiques sous un certain angle de la vision de l’image capable de montrer les bons côtés de ses produits ce qui est un excellent moyen de se dégager des contraintes imposées par la société. De la sorte l’utopie libérale serait celle d’une société débarrassée des tensions entre entre individus et systèmes capables de subordonner la sphère politique, sociale et culturelle à celle de l’économie. Si l’on suit les conceptions de certains spécialistes, l’idée d’entreprise dans la société peut se permettre de dicter ses règles ce qui ouvre à l’émergence d’un droit appelé « mou » venant se superposer aux droits nationaux mais qui ne dispose d’aucune valeur légale. Le capitalisme actuellement en déclin a trouvé le moyen de masquer ses insuffisances en faisant appel à l’éthique des affaires qui permet de présenter l’entreprise comme un acteur social et moral visant à instrumentaliser l’éthique. C’est le tableau qu’ont présenté les protagonistes de ce type d’approche comme Enron, l’Oréal présentée comme une entreprise des plus éthiques sous l’étendard du développement durable, de responsabilité sociale, de souci environnemental et de celui d’assurer l’épanouissement personnel.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que l’entreprise est en quête d’âme, de spiritualité ?

2. Est-ce qu’elle recherche des règles de conduite pour les protagonistes de la sphère des entreprises avec la préoccupation de prendre en charge un certains horizon situé dans le futur ?

3. A-t-elle le souci de préserver l’intégrité de la nature et l’avenir de l’homme ?

4. A-t-elle le souci de l’intérêt général et de la réussite à long terme, de la promotion de la responsabilité à long terme selon le concept de Jonas ?