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Ethique appliquée

Ethique des ou dans les affaires

Quelles applications pour l’éthique ?

mercredi 28 septembre 2011, par Picospin

La multiplication des « affaires » actuelles qui touchent tous les étages et compartiments des groupes humains qui ont souhaité prendre des responsabilités dans la conduite des affaires comme celle de l’état a montré le souhait extrême manifesté par le peuple pour que l’éthique joue un rôle plus important et plus fréquent dans leur régulation.

Des sceptiques

Cette espérance est en partie tamponnée par un certain scepticisme sur son efficacité immédiate comme si on voulait déjà imaginer que ce mode de pensée et cette idéologie était capable de résoudre ou d’aider à résoudre des problèmes qui autrefois auraient été volontiers remis entre les mains de Dieu. Cette époque est heureusement ou malheureusement révolue. L’homme doit prendre son destin entre ses mains et en assumer la totale responsabilité. Cette tâche et cette mission peuvent avoir un effet à double tranchant selon que le couperet tombe d’un côté ou de l’autre. Il est possible qu’il soit dissuadé de tomber pour négocier un jugement de Salomon ce qui ne ferait que faire reculer le temps aux moments où cette solution apparaissait souhaitable au plus grand nombre surtout à un temps de suprême croyance où Dieu, loin d’avoir été frappé à mort, continuait d’exercer sur ses créatures une influence prépondérante, sinon parfois apaisante. On préfère parler actuellement de provocation sans que le sens en eût été complètement développé et éclairci. De partout on appelle l’éthique au secours comme si cette entité, cette idée circulant dans les milieux des élites était capable de renverser la vapeur pour la diriger vers les zones les moins opaques et en nettoyer les contours.

Tabou

On parle d’une éthique sans tabou, de courage sinon de vertu comme si elle était chargée d’intentionnalité, de qualités intrinsèques et de caractéristiques propres à résoudre des conflits, à purifier les circonstances de la compétitivité et à assurer à tous une concurrence honnête, propre et transparente. Ces propriétés ne suffisent apparemment pas à rassurer les Français sur les vertus de cette pensée qui, pour l’instant reste majoritairement entre les mains de groupes commerciaux anglo-saxons. C’est tout juste si elle n’est pas considérée comme une université de tous les savoirs et en particulier de la médecine intervenant plus souvent et plus spécifiquement dans les soins des vertus commerciales qu’à ceux des hommes qui s’en réclament. L’opinion publique a été prise dans l’engrenage d’une transformation radicale des mœurs privées et des mutations politiques dont l’ampleur exceptionnelle s’est incarnée dans l’extension de la démocratie, la décolonisation, les mouvements des droite civiques, tous sujets qui amènent le public philosophique à exiger davantage d’explicitation et de justification des principes moraux. La demande formulée pour éclairer les débats éthiques suscités par les conséquences des progrès scientifiques et technologiques, les nouvelles données de la vie sociale et individuelle est devenue au fil des jours de plus en plus exigeante, rigoureuse et objective tout en tenant compte des données récentes recueillies à propos du fonctionnement des passions qui sont venues s’interposer entre le raisonnement et l’émotion.

Déclinaison théorique

Enfermée dans sa déclinaison théorique, l’éthique s’est trouvée en difficulté pour sortir de son dialogue avec elle-même pour se répandre dans les domaines de l’éthique appliquée représentée par la bioéthique traitant de l’avortement ou de l’euthanasie, l’éthique des affaires dont les besoins sont en pleine ascension et extension et celle de la politique, du droit sinon de l’organisation de l’éducation. La nouvelle discipline de l’éthique peine à reconnaître son universalité si l’on songe qu’elle n’a pas encore reçu son blanc-seing de la part des pouvoirs publics français pour pouvoir appliquer le terme d’éthiciste ou d’éthicien aux philosophes qui réfléchissent sur les modalités d’application de cette spécialité alors que ce problème est largement résolu depuis longtemps en culture anglo-saxonne et même au-delà. La décision éthique tire son avantage procédural de la nécessité de confronter des thèses opposées pour atteindre une ligne de conduite pilotée par des systèmes opposé qui ne craignant pas de justifier une même décision.

Du concret

Résoudre la difficulté de l’application concrète si souvent soulevée en logique française oblige à faire appel à des théories morales comme l’utilitarisme et le « conséquentialisme » qui définissent la valeur morale d’une action en fonction des conséquences que cette dernière entraine pour le plus grand nombre. Une telle attitude conduit à sortir du domaine moral strictement individuel, voire privé pour soumettre ses problèmes au jugement de plusieurs, quitte à recourir le plus souvent à une solution de consensus fondé sur un accord établi sur des considérations rationnelles et des principes d’action unanimement reconnus. Pour éviter l’enfermement dans le cercle puis la spirale d’une rationalité d’où il est difficile de sortir pour aborder d’autres rives, des efforts substantiels devront être faits puis coordonnés pour éclairer des situations ou des pensées complexes, voire contradictoires ce qui est déjà le cas dès lors qu’on s’adresse à des paradigmes de pensée comme celle propose par un Edgar Morin.

Bibliographie :

Canto-Sperber M. Ogien R. La philosophie morale. Que sais-je ? PUF, Paris 2006