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Ethiques d’un pays à l’autre

samedi 5 octobre 2013, par Picospin

Le problème de l’installation des Roms en France est d’autant plus difficile à résoudre que ce pays accueille un nombre nettement plus réduit que les autres pays comme c’est le cas pour la Suède ou le Royaume Uni dans une proportion de 1 à 3 sinon 4. On n’aime guère les communautés ou plus exactement le communautarisme en France et particulièrement celui des groupes qui ne vivent pas comme ceux de la majorité des gens.

Ils sont arrivés un matin de juillet et se sont installés dans la plus grande des cinq maisons. Les autres ont été murées quelques jours plus tard par les services de l’Etat, au grand soulagement de Jean-Charles Boulanger, le maire de Croutelle (Vienne), un village de 850 habitants situé au sud-ouest de Poitiers. " C’était la seule solution pour éviter d’avoir une colonie, explique-t-il. Au lieu de vingt-cinq, il y en aurait une centaine aujourd’hui... "Ils furent effectivement vingt-cinq Roms, au milieu de l’été, à avoir pris leurs quartiers dans cette demeure abandonnée. La vie s’est alors organisée, bon an mal an. La compagnie d’électricité a très vite coupé les fils que les occupants avaient eux-mêmes rebranchés. Un groupe électrogène fournit, depuis, de la lumière matin et soir. De l’eau potable coule au robinet grâce à une dérivation - sauvage elle aussi. Des lits et des meubles de récupération ont été posés dans les différentes pièces. En friche à leur arrivée, le jardin a, lui, retrouvé un peu d’ordre, ce qui aurait pu ne pas déplaire aux voisins. Les relations avec les riverains n’ont fait que se détériorer depuis trois mois. Deux ont porté plainte auprès de la gendarmerie pour des chapardages de fruits. Un autre a menacé les enfants de son fusil. Quant au voisin le plus proche, une entreprise de maçonnerie située juste derrière la maison, son patron a carrément clôturé son terrain. Trois ouvriers ont exécuté - à reculons - la basse oeuvre, vendredi 4 octobre. Les enfants ne peuvent plus, du coup, emprunter un chemin menant à l’arrêt de bus pour aller à l’école. A l’école où ils ne vont pas, cela dit... Le maire refuse en effet de les scolariser pour des raisons financières. " On a peur à nouveau, oui, confirme Beneti, un mécanicien de 42 ans. On espérait pourtant que les choses aillent mieux avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement. Finalement, c’est pire que sous Sarkozy. On redoute de ne plus avoir de droits du tout. "" J’ai l’impression qu’on veut me mettre à l’écart, même si on ne me le dit pas clairement. Du coup, je n’ose même pas dire que je suis rom. L’autre jour, je suis allé à la Chambre de commerce où on m’a garanti que je ne pouvais pas ouvrir une activité professionnelle car je n’ai pas de carte de séjour. Autre ou même son de cloche pour les Indiens d’Amazonie qui peinent à recevoir le moindre soutien de la part des autorités, du gouvernement brésilien dont la politique suscite des réflexions comme celle-ci :" J’ai l’impression qu’on veut me mettre à l’écart, même si on ne me le dit pas clairement. Du coup, je n’ose même pas dire que je suis rom. L’autre jour, je suis allé à la Chambre de commerce où on m’a garanti que je ne pouvais pas ouvrir une activité professionnelle car je n’ai pas de carte de séjour ». Deux propositions me paraissent particulièrement graves. La première vise à justifier, " lorsque l’intérêt public de l’Union " est en jeu, la possibilité d’autoriser certaines activités sur les terres indigènes. Un article de la Constitution de 1988 envisageait des dérogations, mais il n’a jamais été transposé dans la loi. Aujourd’hui, il s’agit d’ouvrir la porte à de nouvelles infrastructures et au développement d’activités agricoles et forestières. La seconde concerne l’amendement qui prévoit de transférer le pouvoir de démarcation des terres de l’exécutif au Congrès. Celui-ci aurait autorité dans la définition des règles de création des espaces indigènes et le dernier mot dans le processus d’agrément. 8,5 millions d’hectares sont en cours d’examen. L’enjeu peut paraître faible par rapport aux 100 millions d’hectares déjà classés, mais ces terres se trouvent en majorité hors de l’Amazonie et plus de la moitié des Indiens y vivent. Pour les Brésiliens, les Indiens représentent toujours une " réserve morale ", une manière de vivre qui nous oblige à réfléchir sur notre société. Les Indiens étaient là avant nous (les colons) : le débat sur les terres indigènes est une question éthique pour la construction de notre pays. Ce n’est pas seulement une question économique, même si je pense aussi que les générations. Quant au Pape François, ses prises de position prennent à revers son entourage qui paraît parfois éberlué par des déclarations et des attitudes qui tranchent avec l’attitude ancestrale de l’Eglise envers les rejetés, les exclus, les vulnérables et les plus fragiles, incapables de se défendre contre l’indifférence des autres à l’égard de leurs conditions de vie, de leurs difficultés, de leur placement dans une indignité qui souvent, sinon toujours est la seule marque d’humanité qui reste à défendre contre les attaques de tous bords et pour n’importe quelle raison de la part de ceux qui vivent dans le confort, l’accord des sociétés et la complicité des forts et des riches, souvent catégories alliées sinon uniques dans la fusion de leurs projets et perspectives.