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Abolition de la peine de mort ?

Exécution

Quelle utilité ?

dimanche 25 septembre 2011, par Picospin

La première, et de loin la plus importante est de condamner à mort un être humain qui clame depuis des années son innocence. mort un être humain qui clame depuis des années son innocence. Cette attitude ne saurait laisser indifférent d’autant plus que personne ne s’est enquis des raisons de cette négation de culpabilité. Il ne s’est trouvé aucun avocat pour plaider le doute à l’instar de ce que fait souvent en France un juriste comme Me Dupont Moretti qui travaille sur les possibilités d’instiller le doute dans l’esprit des juges, du Procureur et des autres participants au jugement d’Assises.

Le doute

Dans le cas du pseudo coupable exécuté, un doute subsistait avant de l’exécuter ce qui aurait du mobiliser les forces vives des tribunaux américains et alerter une opinion souvent prompte à s’activer pour des causes considérées comme justes, à l’instar de ce que ne cesse de plaider un « justicier » comme John Rawls dont les dissections sur la justice font mouche quelle que soit la résistance de cette dernière à l’opprobre des uns ou à l’agacement des autres. Comment peut-on passer à l’acte, comment des femmes et des hommes pressentis pour exprimer leur opinion sur les crimes supposés d’un être humain peuvent-ils se décider à dire oui à la question posée par un tribunal sur la réalité, l’existence, la vérité des faits opposés à un pseudo criminel qui n’a jamais avoué sauf sous la menace et la contrainte. Que des jurés gardent dans leur intimité, l’intime conviction d’une culpabilité est une tolérance acceptable de la part de tous ceux qui expriment envers la peine de mort une horreur bien compréhensible de la part des témoins d’une exécution quelle qu’en soit la forme. Ce sentiment, cette passion ne doivent laisser aucune trace dans le cerveau, le corps et l’âme de tout citoyen interpellé sur un jugement à exprimer.

Prudence

Dans cette démarche, la prudence est de rigueur comme sait si bien le faire le Président des États-Unis auquel on commence à reprocher une prudence excessive dans les prises de décision et une neutralité qui frise l’abstention, sinon le désintérêt. La troisième erreur a consisté à ne laisser aucun espace au candidat à la condamnation pour une réhabilitation éventuelle, la chance d’un éclatement de la vérité en l’absence de certitude. Qui peut se prévaloir de cette vision des faits, un jugement définitif, une vérité d’origine divine voire scientifique et encore moins humaine quand on connaît la fragilité des opinions, les variations dans le temps de la persuasion. Demandez aux physiciens aujourd’hui ce qu’ils pensent de la vitesse de la lumière. Vous savez que cette valeur était considérée jusqu’à ce jour comme l’indépassable limite de la vitesse par rapport aux autres phénomènes physiques, comme la transmission des ondes sonores. Et tout d’un coup voici qu’on s’aperçoit après des années de bonheur faits de certitudes que certains éléments parmi les photons, les corpuscules, les électrons vont plus vite que d’autres, que tels des démons, ils traversent les corps les plus opaques, les plus denses comme la montagne du Gran Sasso en Italie sans laisser la moindre trace de leur passage tout simplement parce qu’ils ont une masse quasi nulle et qu’ils se comportent comme le Passe Muraille d’un certain Marcel Aymé dans lequel un excellent homme portant binocle et barbiche noire possède le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé.

Le petit homme

Type même du petit bonhomme falot, gris invisible, il va connaître des aventures ahurissantes, découvrir l’amour et perdre son exceptionnel don pour se retrouver prisonnier du mur. Il n’aura qu’un peintre et sa guitare pour le consoler de sa solitude et de la misère qui frappe les Français souvent dépassés par des décisions administratives absurdes comme l’avait déjà imaginé dans d’autres circonstances Franz Kafka. Entre les lignes et souvent explicitement, Marcel Aymé témoigne de l’exaspération douloureuse des Français face à une guerre qui n’en finit pas et au cours de laquelle les malheurs et vilénies s’abattent sur la tête des gens depuis plusieurs années. Moi, dit un Juif, « je suis juif », signifiant par là qu’il n’est pas nécessaire de préciser ce que être juif signifie dans la France occupée.

Indépendance requise ?

A cette époque, il ne fallait pas être trop sourcilleux sur la validité ou la justesse d’une condamnation ou d’un jugement émanant d’un tribunal dont l’indépendance par rapport au pouvoir des occupants pouvait être à tout moment remise en question. Les circonstances ont-elles radicalement changé depuis cette époque pas si lointaine où les règles d’une administration figée, immuable et ancrée dans ses certitudes n’ont guère évolué malgré les transformations des procédures servies désormais par des machines perfectionnées et intelligentes qui corrigent automatiquement les fautes d’orthographe, remettent en place les séquences de la syntaxe et configurent un sens aux phrases même lorsque l’idée porteuse n’en contient pas.