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La grâce de la Catalogne

Exode et retour de Babylone

Athlètes touchés par la grâce

lundi 2 août 2010, par Picospin

Quels sont les éléments qui ont déterminé avec autant d’éclat la victoire accueillie par tout un peuple au retour de leur campagne avec un enthousiasme juvénile, une gaieté contrastant avec la tristesse et la mélancolie ambiantes et un sentiment de revanche après les funestes moments du jeu de ballon désormais rangé dans les poubelles de l’histoire du sport national ?

Réalité ou illusion ?

Ou bien est-ce encore une illusion, avant les véritables compétitions des jeux olympiques au cours desquels d’autres athlètes entreront en compétition pour disputer avec encore plus de rage, d’expérience et d’expertise les acquis des Européens. Des éclaircissements méritent d’être obtenus pour déterminer qui fait partie de cet ensemble et quels sont les états ou individus auxquels on a refusé le privilège de devenir les concurrents des vrais Européens par rapport à ceux qui ont tenté de s’infiltrer dans cet ensemble. On apprend que certains pays n’ont pas hésité à naturaliser massivement des athlètes citoyens pour les embarquer sous d’autres cieux, d’autres étoiles et d’autres quarts de lune pour la faire briller symboliquement aux yeux éblouis et étonnés de cette manœuvre. On vit alors, sous des couleurs étranges, comparables aux opérations physiologiques des caméléons, des équipements et maillots changer de longueur d’onde et de nouveaux athlètes se battre avec cœur, solidarité et acharnement pour arracher des victoires acquises facilement en raison de leurs conditions favorables d’entrainement sur les toits de l’Europe sinon du monde.

Dopage "physiologique" sur les hauteurs

Là-haut, on fabrique de l’oxygène que sa raréfaction au sommet incite à fabriquer les conditions d’une mise à disposition du fameux carburant humain afin qu’il soit pleinement utilisé dans les plaines au service de ceux qui en consomment le plus, comme le font les automobiles lancées sur les autoroutes allemandes sans limitation de vitesse ou les TGV pressés d’arriver à leur gare terminus. Ce qui frappe dans les divers reportages d’une qualité aussi pauvre que celle sur laquelle on insistait hier, ce sont les déclarations des athlètes dits de haut niveau qui, malgré des entrainement rigoureux, itératifs, progressifs et programmés hésitent à parler de leur corps plus que de leur esprit et des relations entre une dualité qui a depuis longtemps confondu nos meilleurs penseurs, philosophes et scientifiques. Il s’agit de cette éternelle discussion entre dualisme et monisme où tout le monde avait son mot à dire, en particulier un ressortissant français du nom de Descartes dont on espère qu’à titre posthume il conservera la nationalité française. Et ceci même s’il se plaisait à échapper au pays d’origine pour explorer le nord de l’Europe et s’y trouver au mieux par le truchement de femmes de qualité, de séduction et de culture avec lesquelles il entretenait les relations les plus étroites, les plus chaleureuses et les plus intelligentes.

Le dialogue des corps

On a entendu au cours des multiples retransmissions de Barcelone des réflexions astucieuses de la part de sportifs et sportives habituées à dialoguer avec leur corps comme si son obéissance à l’esprit n’était ni une donnée évidente, ni automatique et qu’il fallait compter avec un certain laxisme dans l’obéissance du second au premier pour obtenir la symbiose, la synchronisation, la fraternité d’armes qui seules sont susceptibles de conduire au succès. On veut parler de l’exécution d’un mouvement dans le parcours prévu, le temps imparti, l’ampleur programmée. On voit et on entend surtout ainsi des athlètes affirmer qu’au début le sport ne les intéressait pas particulièrement, qu’ils ou elles n’aimaient guère souffrir non pour être belles mais pour réaliser des performances. C’est progressivement par la découverte des dons et des facilités d’exécution, des entrainements qui montrent la progression, que le gout de la performance est venu, le sens de la compétition et du perfectionnement s’est déclaré et avec eux le bonheur de la réalisation esthétique, de l’emprise de plus en plus affirmée du corps par l’esprit et du plaisir de l’affirmation de soi.

Une chaine complexe

Dans cette chaine complexe qui va de la transmission des rites sportifs à l’acceptation par le corps des contraintes infligées, nécessaires à l’exécution des prouesses, à l’obtention des records et à l’installation toujours provisoire et éphémère du succès, les articulations doivent être en permanence contrôlées, le fonctionnement des relais testé et le but et le sens des opérations toujours remis en question. Dans cet accord entre entraineurs, techniciens, médecins, physiologistes du sport, le hasard ne joue pas d’autre rôle que celui d’une intervention sporadique, créant un réseau de communication entre esprit et matière de plus en plus soudée jusqu’à devenir une empathie, meilleurs garant de la soudure permanente sinon indélébile entre âme, si elle existe et corps qui lui est présent à chaque instant pour fomenter la révolte, sinon le révolution avant de se résigner à la paix, à la sagesse et à la compréhension des phénomènes, gages de l’amélioration de la performance, de l’ouverture du chemin vers les objectifs assignés qui tiennent plus d’une étape transitoire que d’une finalité.