Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Expulser ou accueillir

entre nomadisme et sédentarité

Expulser ou accueillir

Et Django Reinhardt ?

samedi 31 juillet 2010, par Picospin

Les menaces pleuvent sur les uns et les autres, les gens du voyage comme les sédentaires si l’on peut utiliser ce terme au moment où se déroule l’exode massif des Français pour les territoires de l’hexagone comme les autres avec des mouvements automobiles surveillés de près par des hélicoptères avec une intensité encore supérieure aux attaques des Spitfire et Messerschmitt pendant la deuxième guerre mondiale.

Mouvements de troupes

Aucun mouvement de troupes de touristes civils ne saurait échapper à la vigilance des surveillances des autorités chargées de maintenir un ordre dont on ne connaît pas exactement les objectifs. De l’autre côté c’est un autre son. Celui de la télé qui ne cesse de complimenter ces mêmes Français qui s’illustrent en Catalogne pour battre de records et porter hautes les couleurs du pays fustigé par ailleurs pour son comportement indigne au point d’envisager l’expulsion des uns, la déchéance de la nationalité pour les autres. Si bien qu’on se demande bien qui va rester au pays entre les sportifs de haut niveau qui ont envie de voguer vers d’autres horizons et les exclus de toutes sortes auxquels il ne restera qu’à se réfugier dans les pays de l’est comme la Roumanie ou la Bulgarie pour rejoindre le sort et le destin tragique des Roms, Tsiganes et autres damnés de la terre tombant sou l’opprobre des dirigeants mécontents du comportement inacceptable de certains citoyens exclus ou non de la communauté française.

Mesures tragiques ?

Devant ces mesures tragiques, la solution serait naturellement de se réjouir des succès sportifs de nos compatriotes qui montrent en toute occasion une volonté, un acharnement, dignes d’admiration pour arracher aux mains et surtout aux jambes des concurrents les fameuses médailles de la gloire qu’elles soient d’or, d’argent ou de bronze. Pourquoi, dans ces conditions, nous présente-t-on constamment un visage crispé, tendu où se dessinent des rides profondes contrastant avec une apparente réjouissance d’avoir décidé d’un destin aussi ravageur et tragique pour les pauvres habitants de l’hexagone qui ne demandent pas mieux que d’esquisser des sourires, de s’envelopper le corps des couleurs tricolores et de s’épancher sur le sort des malheureux perdants heureusement moins nombreux que les vainqueurs aux performances inattendues et exceptionnelles. Ce renversement de situation devrait réconforter le cœur et l’esprit des responsables des sports après le catastrophique début d’été qu’ils viennent de passer au milieu des souffrances physiques et morales des footballeurs dont les états d’âme avaient envahi les gazettes, les illustrés et même les journaux spécialisés.

Enthousiasme

Quel contraste avec l’enthousiasme des jeunes athlètes qui obéissent au doigt et à l’oeil aux conseils de leurs entraineurs et mentors grâce auxquels ils accèdent aux podium au lieu de rester enfermé dans des autobus cadenassés où s’échangent invectives, propos révolutionnaires, séditieux sinon hostiles aux dirigeants et aux représentants d’un état qui ne néglige aucune faveur pour amadouer les plus doués, les plus en vue, les vedettes qui n’on pas besoin de ces secours, aidés qu’ils sont déjà par les sponsors et subsides reçus de droite comme de gauche. On veut parler plus des footballeurs que des athlètes qui gardent pour combien de temps encore la pureté de l’âme, le gout de l’effort et le but de la performance à améliorer dans la perspective du perfectionnisme. Cet état d’esprit devrait fournir matière à réjouir les responsables du sport et au-dessus d’eux les personnages au sommet du gouvernement et non leur arracher des cris de haine, de désaveu, de punition.

Renverser la vapeur

Pourvu de ces nouvelles données, ne pourrait-on renverser la vapeur pour se demander pour quelle raison certaines activités marchent mal alors que d’autres se déroulent au mieux pour peu qu’on veuille bien considérer le travail et les efforts accomplis par les dirigeants et la remise en état d’une forme d’enthousiasme propre à arracher les mauvaises herbes et à remettre la charrue dans le bon sens sans qu’il soit nécessaire d’extirper de la recherche les OGM et de renvoyer dans leur pays les plantes qui piquent, les esprits un peu échauffés et les mécontents des systèmes de régulation, d’organisation et de gouvernement. A moins de voire dans un proche avenir se lever les forces démocratiques du pays qui se dissimulent dans des cachettes où on ne les attend pas, ne serait-ce qu’au Conseil Constitutionnel, dans les arcanes du droit et au fond des consciences les plus apaisées.