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Extraits de l’émission : l’Esprit public de Philippe Meyer sur France Culture le Dimanche 13 Juin 2012.

mardi 15 juin 2010, par Picospin

La coupe budgétaire est sévèrement suivie en Allemagne, pays qui en a le moins besoin car sa situation est encore tenable pendant une longue période.

C’est plus une configuration politique. Le programme de Angela Merkel comportait des baisses d’impôts qui ont été remplacées en raison des circonstances par des économies réalisées sur les dépenses. L’Allemagne vit des moments difficiles avec l’Europe ne serait-ce qu’en raison des problèmes consécutifs aux « subprimes ». Elle hésite d’aller au secours de la Grèce et se demande comment elle doit s’y prendre pour ne pas laisser la porte ouverte à des critiques qui pourraient devenir acerbes et tomber de toutes parts. En revanche Sarkozy n’est pas un obsédé de la rigueur, défaut qu’on lui reproche souvent, en particulier en Allemagne, à quoi s’ajoute une incompréhension de sa politique instable et virevoltante. Pour mieux comprendre la position de l’Allemagne, il faut se souvenir de la crise des années 20 au cours de laquelle eut lieu la déflation qui a provoqué l’arrivée de Hitler. Pendant ce temps on remettait en cause en France le « keynésisme », le suréquilibre budgétaire, le profond antagonisme avec le souverainisme, la culture de l’Euro fort, ce qui arrange plus les Allemands que la France car les premiers sont dépendants de leurs exportations mais non de leur énergie. S’il y trop d’équilibre, les exportations allemandes peuvent s’effondrer. Selon le point de vue allemand qui privilégie la Vertu, les Français sont de vilains Grecs, alors que selon la doctrine allemande, il faut faire respecter le droit à tout prix comme mesure de protection et de garantie prioritaire. L’Allemagne a peur de la politique, parce que c’est une chose aléatoire. La politique allemande a des pensées convergentes avec l’unité nationale alors que Sarkozy est plutôt allergique à la rigueur. Trop de rigueur en France avait abouti après les années 80 à un effondrement, comme cela fut le cas de la politique de Schroeder qui a échoué. Reste que la question principale est comment sortir de la récession par le développement de l’exportation, de l’initiative, faute de quoi sinon on risque de courir vers le surarmement qui a été l’échec de Schakter, ministre allemand de l’économie au décours de la 1ère guerre mondiale. Il ne faut pas chercher à imposer à tous les pays l’obligation de rentrer dans les clous car ils ne le pourront pas, raison pour laquelle il faut introduire une vision politique des choses et des circonstances en délimitant des étapes faute de quoi on prend le risque d’avoir des accidents si on impose à tous la même norme et la même règle. Il est intéressant de noter qu’au moment où on impose une rigueur sans précédent à la France, cette dernière continue de verser à la Chine qui a acheté des bons du Trésor américains une aide non négligeable à laquelle on pourrait mettre fin pour suspendre des versements qui sont un véritable gâchis. Ces sorties d’argent constituent une niche fiscale dont la suppression risque de vexer les Chinois, raison majeure de sa suspension.

Questionnement :` :

1. Le souci des intellectuel de l’Europe de l’Est est de penser ensemble la cause de l’universel et celle de la pluralité dont l’ensemble porte un nom, celui de la révolution de la dignité humaine. Elle traduit la recherche d’un universalisme pluriel plus substantiel et plus complet. Elle conduit à l’invention d’une nouvelle rationalité fondée sur la pluralité culturelle. Au terme de son essai sur les fondements des droits de l’homme, est arrêtée une position qui, via l’idée de dignité débouche sur une synthèse entre éthique de protestation et tentative de fonder ontologiquement les droits de l’homme.

2. Devant des atteintes aux droite moraux, doit-on toujours protester ? Non parce qu’elle est susceptible de rapporter des bénéfices mais parce qu’une atteinte à la dignité de l’homme a été portée et constatée.

3. La protestation trouve son ancrage dans le fait que toute atteinte à la dignité de l’autre en constitue une à notre propre dignité.

4. La justification de cette protestation ne se trouve pas dans la générosité qu’on est en droit d’attendre de l’État mais dans la présence a minima des droits de l’homme existant par eux-mêmes.

5. L’Europe est-elle une responsabilité avant d’être un destin ?


Laignel-Lavastine A. Esprits d’Europe. Paris, 2005, Folio Essais, Editions Calmann Lévy