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Comme au Moyen Age ?

Famine

Que fait la Terre ?

vendredi 29 juillet 2011, par Picospin

Si cette éventualité ne peut se réaliser, nous sommes dans une situation qui ressemble fort à celle d’un pays attaqué qui veut et doit se défendre mais qui ne le peut parce que la mobilisation générale n’est pas déclenchée et qu’aucun soldat potentiel ne veut se saisir d’une arme pour aller au combat chasser l’envahisseur.

Passivité ?

On se pose des questions sur les raisons de la passivité des habituels « aidants » lorsqu’une situation dramatique l’exige et d’habitude sont prompts à répondre présents à tout appel exigeant des réponses immédiates et adaptées à la situation grave créée par la disette qu’elle qu’en soit la cause. Cette fois, il paraît que c’est la sécheresse qui serait responsable de la disette qui réduits les enfants à l’état de poupées vidées de leurs âmes et privées de la force, de la vigueur habituelle, de leur corps soumis à l’épreuve de la dénutrition. Les membres sont graciles, les yeux creux et vides de regard, et l’expression neutralisée par la diminution des forces qui s’abat sur leurs corps meurtris. Si le temps est si sec, a-t-on envie de s’écrier, pourquoi ne pas l’arroser de la bonté des hommes , de ceux qui savent ce que signifie la faim, la soif, la sécheresse de la bouche et des muqueuse. On dit que cette fois, les secours n’arrivent pas au moment voulu, qu’on note un retard inquiétant et inhabituel à l’arrivée et à la délivrance des secours sous forme de livraisons d’aliments, de nourriture quelle qu’en soit le moyen, le mode de délivrance et l’énergie nécessaire pour les livrer sur place, au sein même de la population qui reste privée des nutriments élémentaires pour s’assurer une survie minimale jusqu’au retour de conditions de vie plus adaptées à la situation de crise qui sévit dans la région.

Discordances

Sur une question aussi simple que l’aide alimentaire mondiale, des voix discordantes s’élèvent qui font entrer dans le débat concernant la lenteur des secours des arguments d’ordre politique dont on croyait le développement et les arguments rangés au vestiaire des ambassades et consulats. Les responsabilités circulent à la vitesse des TGV pour trouver leur cible et s’arrêtent tantôt sur les uns, tantôt sur d’autres mais jamais sur soi-même puisque cette éventualité ne doit surgir à aucun moment, tant est lourd le poids de la responsabilité à porter dans une situation comme celle vécue actuellement par les plus déshérités des Africains laissés seuls à leur destin qui viendrait plus du ciel que de la négligence par la société des mesures à prendre, des programmes d’aide à proposer, des accords diplomatiques et commerciaux à conclure pour alléger les souffrances des plus affectés par une famine qui peine à susciter la pitié, la charité, les élans de solidarité des nations généralement les plus impliquées dans l’aide aux autres, ceux qui ont besoin de solidarité, de sentir la protection des aides humaines à défaut d’être humanitaires, des organisations locales à défaut d’être mondiales, des programmes alimentaires orchestrés à défaut de jouer de fausses notes.

Ponts aériens

Il parait pourtant que malgré des tentatives passées peu glorieuses en la matière, le programme alimentaire mondial (PAM) a débuté hier après-midi son pont aérien pour aider les victimes de la sécheresse en Somalie, avec l’envoi d’un premier avion pour Mogadiscio transportant 10 tonnes de nourriture. Nous avons heureusement pu échapper ainsi aux images des sacs de riz « portés à dos de ministres » et de casque bleus massacrés par les seigneurs de la guerre. Pour rassurer ceux qui veulent bien l’être pour faire taire l’agitation de leur conscience et faire entrevoir un avenir tapissé de roses et de verdure, on explique que l’objectif du PAM est d’acheminer au total 100 tonnes pour nourrir 35 000 enfants par mois. Mais la mobilisation de la communauté internationale peine à s’organiser. Selon le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, 1,6 milliard de dollars est nécessaire, rien que pour la Somalie où, chaque jour plus de 3 000 personnes fuient le pays, la sécheresse et les conflits armés.

Maigreur des affamés et des secouristes

Pourtant, l’agence internationale n’a reçu, pour le moment, que la moitié de la somme. Et la communauté internationale n’a toujours pas chiffré le montant de son aide, malgré plusieurs réunions de donateurs, lundi à Rome et hier à Nairobi où s’est réuni le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA). La France a néanmoins, selon le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, « doublé son aide à 10 millions ». De son côté, l’Europe a annoncé hier qu’elle aiderait la Corne de l’Afrique à hauteur de 158 millions d’euros. Quant à la Banque mondiale, elle s’est engagée à débloquer 500 millions de dollars. Au-delà de la Somalie, c’est toute la Corne de l’Afrique qui est actuellement touchée par la sécheresse : Le Kenya, Djibouti, l’Éthiopie, l’Ouganda sont aussi affectés. La communauté internationale craint également pour l’ultra-fermée Erythrée voisine, le trou noir en matière d’information. Que doit-on penser de ces réticences à venir en aide dont on n’a plus guère l’habitude dans nos pays dits « civilisés » ?

Retards

Est-ce que la passivité sinon la langueur qui atteint les communautés généralement les plus promptes à répondre aux appels de détresse signale une réticence au soutien, à l’assistance, au réconfort et au don ? Cette hypothèse serait bien trop pessimiste pour pouvoir être entérinée par les responsables politiques. Pourrait-elle signifier que désormais, les dieux et les hommes se sont retirés à jamais des terres infertiles que nous habitons au profit des démons, des égoïsmes, des profiteurs du confort et du bien des autres et au détriment des plus déshérités qui n’auraient plus qu’à disparaître pour laisser le champ le plus libre au profit, au refus du partage, de la charité et de la solidarité, voire à l’empathie.